‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 41 sur 146 · Mercredi de Pâques · texte numérisé non relu

Mercredi de Pâques

Suite de la grande fatigue sentie hier soir. Je n'ose pas sortir, à mon grand regret.

Matinée employée à lire l'histoire de sainte Thérèse, sous nos marronniers. Temps délicieux. Déjeuner au jardin.

Après-midi, vers 4 heures, visite de Jean Baron et de sa femme. Sympathie immédiate. Ces jeunes gens sont touchants et délicieux et nous sommes ravis de les connaître. Le mari va bientôt partir pour le front, laissant sa jeune femme désolée et pleine de crainte. Elle trouvera chez nous consolation et réconfort.

Arrivée d'Auric, puis d'Olivarès et de son accompagnateur suédois, médiocrement sympathique, puis encore Pierre et enfin Viiies lorsque nous étions à table déjà.

Ce dîner a eu lieu sous nos marronniers, l'air

étant d'une douceur parfaite. On avait mis bout à bout deux tables. Les Baron ayant décidé de rester, nous étions treize convives.

Crépuscule d'abord, puis les lampes, festin délicieux.

Ensuite, rentrée à la maison et concert. Vines commence. Après lui, Olivarès et son Suédois jouent ensemble. C'est le moment le plus impressionnant. Le talent d'Olivarès est vraiment extraordinaire. La séance continue par le trio de Franck exécuté par Vines, Olivarès et Madeleine.

Il est 9 heures. Les Baron sont forcés de partir. Extrêmement émus de notre accueil et de cette soirée extraordinaire, leur départ est, de leur côté, l'occasion d'un grand attendrissement. L'aimable jeune femme ne cesse de nous embrasser en pleurant.

La soirée finit par une courte audition de la musique russe qu'Auric nous avait déjà fait connaître. A 10 heures, départ de tous nos visiteurs.

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