A Barthélémy
Je viens de lire avec joie votre très bon article sur Sueur de Sang. Vous êtes un ami sûr et fidèle et je voudrais qu'il me fût donné un moyen quelconque de vous être agréable à mon tour. Mais que peut un vieux pauvre, malade et rongé de peines? Je crois que je suis plus faible chaque jour. C'est à peine si j'ai la force de vous écrire quelques lignes. Et mon livre qui ne paraît toujours pas ! Comment expliquer un tel retard? Je vous prie de dire à Mme Barthélémy que l'air est délicieux dans notre jardin et que nous serions heureux de la revoir.
A 6 heures, arrivée d'Auric d'abord, puis de Pierre. La conversation est, comme toujours, sur la guerre et passablement sinistre.
J'en suis accablé et, toujours aussi, de plus en plus persuadé que cet horrible cauchemar ne peut finir que par l'intervention miraculeuse d'un homme envoyé de Dieu.
Avant et après dîner, échecs avec Pierre, pendant qu'Auric et Madeleine font de la musique.
3. — Jeanne monte à Sceaux à 10 heures avec une petite lettre de moi pour le percepteur et mon certificat de vie. Elle revient avec 30 francs. [C'était la fameuse rente de 15 francs par an, souvenir du versement fait par Léon Bloy lorsqu'il était employé au chemin de fer du Nord.]
Lecture de la Vie cV Anne-Catherine.
Le soir, lettre de Vallette. Mes soixante-dix exemplaires d'Au seuil de l'Apocalypse m'arriveront probablement cette semaine. La mise en vente serait pour le 16.