‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 78 sur 146 · Chemin de Croix. A Roblot · texte numérisé non relu

Chemin de Croix. A Roblot

Très cher ami, je ne mériterais aucune miséricorde si je ne vous disais pas que j'ai reçu votre Rosaire, il y a déjà dix jours, et que sa lecture m'a fortement impressionné. Ma femme pourra vous dire que je lui en ai lu quelques passages en pleurant. Oui, en pleurant, tellement je trouvais que c'était beau. Ah ! vous avez bien gagné d'être pauvre et je ne vous apprendrai pas que c'est la plus haute récompense pour les amis de Dieu.

Gloria pauperibus quia non habenl consolalionem. Alors, pourquoi ne venez-vous plus? Allez- vous recommencer une série d'années d'absence? Vous finirez par ne plus me trouver qu'au cimetière. J'ai heureusement achevé mon livre et je voudrais tant vous lire quelques-uns des derniers chapitres. Venez donc sans nous avertir. C'est toute une famille de pauvres qui vous le demande.

A 6 heures, Pierre vient, puis Auric.

On dîne assez gaiement. Musique, échecs, dominos. On se sépare à 10 heures.

24. — Réponse à Georges Joubert. Je lui écris très affectueusement et je le prie de saluer pour moi la personne dont il veut faire^sa femme

et dont le nom Dolorès résume toute ma vie.

Dimanche dernier, de Groux m'a fait promettre que j'irais aujourd'hui à son exposition. Je me décide sans enthousiasme et je pars à 2 heures et demie accompagné de Jeanne et de Madeleine. Mais je suis récompensé. Cette exposition est réellement très belle et très importante. Il y a beaucoup de pièces de très haut style, dignes d'un fort grand artiste. Mon impression est profonde. Après une heure environ, mes forces étant épuisées, on va dans une taverne du voisinage où Mme de Groux et sa fille Marie-Thérèse viennent nous rejoindre. Elisabeth et son père étaient venus nous prendre à la gare Denfert. Là, je promets à de Groux de lui écrire ce que m'a fait éprouver son exposition, sous forme de lettre qui pourrait être publiée dans un journal ami. Promesse grave qu'il me faudra tenir. Voir Méditations d'un Solitaire en 1916. Lettre à Henry de Groux.

A la fin, on décide de ramener à Bourg-la- Reine de Groux et Elisabeth. Nous revenons par le train de 6 heures. Après le dîner, je lis des pages de l'Exégèse et on se sépare après 10 heures.

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