Messe à 7 heures, seul. Chemin de Croix
fort pénible. Lutte contre le froid et le sommeil. Commencé ma lettre à Henry de Groux.
28. — Ni messe, ni communion. J'étais hier soir si oppressé, effet probable du froid, que je n'ai pas osé sortir ce matin.
Lettre de la Laurencie d'un admirable accent fraternel. « Amis pour l'éternité », me dit-il, du fond de son cœur.
Je lui écris pour lui dire combien nos cœurs sont avec le sien ! Parlant de sa femme pour laquelle je prie chaque jour, je dis mon commerce assidu et constant avec les défunts et le secours que j'en espère pour mon livre à préserver du pouvoir inique et discrétionnaire de la censure.
Essayé vainement de continuer la lettre à de Groux, commencée hier. Difficulté extrême et qui me semble presque invincible.
Je finis, comme toujours, par des lectures.
Pour que ma journée ne soit pas vaine, j'ai été à l'église entre 11 heures et midi et j'ai pu dire l'office des morts.
29. — Il fait horriblement froid et je suis très languissant.
Après-midi, je lisais Isaïe, lorsque arrive
Valentine, invisible depuis six mois. Par ses relations, elle voit et sait plus de choses qu'un autre et j'apprends des horreurs que je pouvais seulement deviner d'une manière très générale. Cette conversation m'accable.
Après son départ, à 5 heures et demie, je reprends ma lettre à de Groux et je finis par obtenir un peu de mise en train de ce travail difficile.
Mort tragique du poète Verhseren, annoncée par les journaux.
« Venu à Rouen, dimanche, pour y faire une conférence, il fut broyé lundi soir, à la gare de la rue Verte, par le train de 6 heures 41, etc. »
30. — Messe à 7 heures, seul. C'est la dernière de ce mois donné par moi au souvenir des défunts. Je sens une vive consolation. Peutêtre serai-je exaucé.
Décembre.