‹ La Portioncule [microform]Chapitre 18 sur 25 · XXI. VI ID'iMATII. CO XXI VI ID Martii Cor · texte numérisé non relu

XXI. VI ID'iMATII. CO XXI VI ID Martii Cor

P' FRIS. P. GATANir Q" pus Fratns P. Catanii, qiiod

H' REQ'ESCIT MIGV hic-roquiescit. Migravit

AD DNM AIA G' BNDI ad Domiuum anima, cui boiicdi-

CAÏ DNS. AMKN cat Doraiuus. Amea

Voici la traduction :

« L'an 1221, le 10 Mars, le corps de Frère Pierre de Ca+ane fut déposé ici. Son àme s'envola vers le Seigneur. Que le Seigneur la bénisse.

1) Nous iudiquons par la lotira li. ceux qui ont lé titre de hienheureux dans les martyrologes franciscains, serais qui n'ont pas été béatifiés par l'Eglise.

Amen. » En tournant la chapelle du côté du maître autel, on se trouve en présence de la façade postérieure. Dès l'origine les Frères avaient construit un choeur derrière la chapelle de la Portioncule, et ouvert ensuite une porte de communication' entre la chapelle et le choeur ; ma/is pour ne pas déplacer l'autel adossé contre le mur, ils avaient construit la petite abside qu'on voit encore aujourd'hui. Le choeur étant plus haut et plus large que la chapelle, offrit audessus de l'abside une large muraille, sur laquelle le Pérugin peignit un Galvaire, selon le désir du B. Barnabe Manassei de Terni. Vers l'an 1700, ce choeur fut démoli et on enleva toute la muraille qui dépassait la toiture, pour rendre à la chapelle sa forme primitive. De cette façon la partie supérieure de la fresque du Pérugin a été malheureusement détruite. Dans la partie qui reste encore, on voit la sainte Vierge s'évanouissant entre les bras des saintes FemmeSj saint Jean, pleurant au pied de la Groix. Saint François à genoux embrasse la Croix du Sauveur et contemple ces mystérieuses douleurs qu'il avait ressenties lui-même dans son corps et dans son âme. Des soldats à cheval et des Pharisiens blasphèment et raillent le divin Sauveur. On, voit aussi sur le premier plan un gracieux petit enfant. Toutes ces figures sont de grandeur naturelle.

i) Thomas de Célaiio dit que déjà' en 1215 Frère Pierre de Catane avait Mt faire une construction pour dire plus commodément r office.

D'après une lettre du Frère Louis Ferri, directeur des travaux de la Basilique, Castelletti a retouché en 1830 deiix têtes de soldats, saint François et certaines pièces de vêtements. Sur l'abside est représentée l'Annonciation ; à droite de la porte se trouve la sainte Vierge, à gauche l'Archange. Quoique cette peinture ait été retouchée par le mSme Castelletti, elle n'est pas entièrement dépourvue de prix. Le pignon est couronnée par une statue de saint François en marbre blanc; Graziani de Faenza la sculpta en 1828. A la naissance de la toiture se trouvent comme sur l'autre façade deux anges tenant des candélabres.

Le quatrième côté de la chapelle est encore tout entier tel qu'il fut laissé par saint François. On distingue aisément les endroits où le saint Patriarche a repris le travail do reconstruction. L'une des deux petites fenêtres qui éclairent la chapelle, a la voussure intérieure à plein cointre, tandisque l'extérieur est grossièrement taillé en ogive à lancette, style de l' époque do saint François.

La chapelle de saint François.

A dix pas de la sainte chapelle, un peu vers le choeur, se trouve un autre sanctuaire, qui n'a guère plus de cinq mètres de longueur sur quatre de largeur, y compris les murs. Ce vénérable et précieuTi: oratoire a été sanctifié d'une manière spéciale par le séxaphique Patriarche. C'est la

cellule de l'infirmerie clans laquelle notre bienheureux Père a passé les derniers moments de sa vie mortelle et c'est de cette cellule que cette âme séraphique s'envola vers les cieux. Aussitôt après la canonisation du saint Patriarche elle fut trasformée en chapelle, didiée à saint François. Elle a subi quelques modifications, mais sans perdre la forme primitive ; tous les murs sont encore les mêmes. A la place d'une petite fenêtre ouvrant sur la sainte chapelle, on a pratiqué une large porte, autant pour mieux éclairer llntcrieur que pour permettre aux fidèles d'assister au saint Sacrifice de la messe et aux autres fonctions religieuses. L'humble toiture a été remplacée par une voûte. A gauche on voit encore l'antique porte de l'infirmerie ; les planches, le loquet et les autres ferrures, sont les mêmes que du temps de saint Fran(;.ois. On a du recouvrir toute la porte d'un treillis de fil de fer pour la préserver contre l'indiscrète dévotion des pèlerins. En face de cette porte se trouve un placard de forme ogivale, qui servait à renfermer la vaiselle de l'infirmerie. Il s'y tro:ive aujourd'hui un beau reliquaire en marbre, dans lequel est religieusement conservée une des cordes que saint François a portée comme ceinture, la croix du bienheureux Antoine de Stronconio et des rehques de saint Bonaventure.

Audessus de l'autel, dans une niche, se trouve une statue de saint François en terre cuite émaillée de l'école délia Robbia. Suivant l'opinion de quelques artistes elle est de Luca délia Robbia

lui-même, ce qui est très probable. A chaque trait on découvre la main habile de ce grand maître et sa maniore délicate de modeler. Suivant la tradition, Luca a lait cette statue d'après un masque qui a été modelé sur saint François, desuite après sa mort. En effet elle est conforme jusque dans les moindres détail à la description que Thomas de Côlano et Kant ont fait de saint François. La figure est pleine de douceur et de piété. Les yeux larmoyants et l'expression de souffrance peinte sur le visage font croire que le soraphique Père sort d'une de ses méditations sur la Passion de son Amour crucifié, qui lui ont fait verser des torrents de larmes.

Tout l'intérieur de la chapelle est décoré de fresques, représentant quelques compagnons de saint François et d'autres saints de l'Ordre. Vasari, 2) Baldunicci et d'autres les attribuent à Jean surnommé lo Spagna,, élève du Pérugin. En effet la vigueur du colori, le modelé harmonieux et le style péruginesque ne laissent pas de doute que l'auteur ne soit Spagna, qui a presqu'égalé son maître. En 1766 Séraphin Stampa et sa soeur

1) Voici le portrait de saint François d'après Thomas de Célano et Kant : 11 était d'une taille un peu audossous do la moyenne. La tète était droite, ronde et peu volumineuse, et la face un peu ovale. 11 avait les cheveux souples et noirs, le front petit et plat, les sourcils bas et en ligne droite, les tempes creuses, les oreilles petites et saillantes. Les yeux étaient noirs et petits, le nez droit et fin, les lèvres serrées, les joues amaigries, la barbe noire mais courte et peu fournie. Les épaules étaient droites, les bras courts et les mains petites mais les doigts longs et effilés.

2) Vasari, Vie du Pérugin.

Girolama nettoyèrent ces peintures et retoucha-; rient certaines parties drgradces. En commençant: du côté de l'Evangile, à partir de la statue de saint François, on voit saint Bôrard martyrisé aH' Maroc, saint Bonaventure cardinal, saint Antoine de Padoue avec des flammes en main, sj^mbole. de son zèle ardent pour la conversion des pécheurs, saint Adjute, martyrisé au Maroc, sa figure est pleine d'intelligence et de noblesse; saint. Othon un autre martyr du Maroc, Frère Bernard ; de Quintavalle, le premier disciple de saint François, Frère Morico-le-Petit, sous les traits d'un eoifânt de quatorze ans, Frère Philipper-le-Long et Frère Junipère. De l'autre côté se voient saint Pierre, martyr du Maroc, saint Louis d'Anjou, évêque de Toulouse, saint Bernardin de Sienne avec le monogramme du saint Nom do Jésus, saint Accurse également martyrisé au Maroc, Frère Sylvestre le premier prêtre de l'Ordre, avec une figure pleine d'amabilité; Frère Ruffln, Frère; Massèle contemplatif, Frère Léon, la petite brebisdu bon Dieu et le bienheureux Egide. Tous ces; personnages forment quatre tableaux encadrés: par de gracieuses arabesques.

A la naissance de la voûte sont écrites ces paroles de l'Apocalypse : Vidi alterum Angelimi asGendmtem, abortu soliSj liabentem, signum Dei pivi. J'ai VU' un autre Ange montant de l'Orient et ayant le sceau du Dieu vivant. D'api^ès une, révélation divine faite à. saint. Bonaventure à. lai Portioncule, la vision prophétique de saint Jean' se rapporte littéralement à saint. François, portant

dans son corps le sceau du Dieu vivant, c'cst-ddire les sacrées stigmates, i) C'est pour cela quo le Dante a conçu l'idée d'appeler Assise tm Orient et les stigmates de saint François le sceau du Christ. Au bas de l'autel dans des niches en marbre sont deux petits anges de l'école do Canova.

Le plus riche trésor de cette chapelle est lo coeur du séraphique Père, qui y fut enseveli par les compagnons du saint après sa mort. Le bienheureux François, disent d'anciens écrivains da l'Ordre, a voulu par humilité que son corps fut enterré sur la colline d'Enfer, lieu où l'on exécutait les criminels ; mais il ordonna que son coeur fut enseveli à Sainte-Marie-des-Anges, pour montrer que comme il avait aimé la Portioncule pendant sa vie, ainsi il l'aimait encore après sa mort. 2) Aussi le pieux pèlerin s'empresse de s'agenouiller dans cette chapelle pour vénérer ce coeur qui rivalisait avec celui des Séraphins par son amour pour Dieu et celui des Apôtres par son zèle pour le salut des âmes.

L'autel renferme en outre du sang et des cheveux du sérapliique Patriarche et du drap de la tunique qu'il portait avant sa mort, des cheveux 4e sainte Claire et des reliques de plusieurs autres saints, comme l'indique un tableau placé à l'entrée de la chapelle en 1660.

1) Falvator Titali Paradisus Ser. — Grimaldi Dissertazione. — Nicolas Tommaseo.

2) Voir à la fin la Dissertation &ur le cpeur de saiat François.

Devant la porte se trouve le tombeau du B. Jean Bonavisi de Lucca et du B. Chérubin de Spoleto, tous les deux morts en odeur de sainteté. Ce dernier d'après ses biographes, a opéré plus de soixante dix mille conversions par ses prédications apostoliques.

Au dessus de la porte on lit l'inscription suivante en italien : « Notre séraphique Père saint François est mort en ce lieu l'an 1226 le 4 Octobre un samedi. Son coeur et ses viscères se conservent sous ce saint autel, privilégié quotidiennement et à perpétuité comme celui de saint Grégoire à Rome.

La chapelle des Roses.

En sortant de la Basilique, par la porte qui conduit à la sacristie, on arrive par plusieurs détours à la chapelle des Roses. On rencontre d'abord lo spinetOj ou le jardin des Rosiers miraculeux de saint François. Comme nous l'avons

déjà dit, le saint Patriarche, tenté par le démon qui lui reprochait de faire trop de pénitence, se dépouilla de ses vêtements et alla se rouler dans des buissons d'épines jusqu'à ce que son corps fut ensanglanté. « Il vaut mieux pour moi, disaitil, goûter la Passion de mon Sauveur que de suivre les conseils de mon ennemi. » Ces épines se transformèrent^ aussitôt en rosiers tout couverts de roses rouges et blanches. Autour de

saint François parut une lumière céleste et des anges vinrent lui annoncer que Jésus et Marie l'attendaient dans la sainte chapelle. Ce miracle arriva au mois de janvier, de l'année 1217. Depuis bientôt sept siècles ces rosiers repoussent toujours et, ce qui est remarquable, ils ne produisent jamais d'épines et ont la plus-part des feuilles marquées de taches rougeâtres semblables à des taches de sang. On a souvent essayé de tramplanter de ces rosiers dans un autre terrain ; mais, ou bien ils périssent où bien repoussent avec des épines et les feuilles ne sont pas couvertes de taches. Déjà en 1734, Grouwells mentionna ce fait dans son Histoire critique de l'Indulgence. Certains esprits qui prétendent tout expliquer diront peut-être que ces rosiers sans épines sont produits par la nature du terrain. Nous leur demanderons alors pourquoi le même terrain avant saint François ne produisait que des épines, d'après le témoignage de tous les historiens? Et s'ils ne peuvent nous répondre, nous continuerons à admirer et à louer la divine Providence qui voulut merveilleusement récompenser l'amour héroïque de son serviteur et nous laisser un témoignage séculaire et persévérant de cette merveille.

Près de ce petit jardin se trouve la chapelle des Roses, un des précieux sanctuaires de la Portioncule, tout embaumé des souvenirs du séraphique Père. Ce qui attire surtout l'attention du pèlerin est une espèce de crypte qui n'a guère plus de trois mètres de côté. C'est la cellule de

saint François, sorte de cabane où le Pauvre d'Assise se retirait pour se livrer à la prière et jouir des visions célestes. C'est là que se présentèrent la première fois les anges, pour lui annoncer que le divin Sauveur et sa Mère l'attendaient dans la chapelle de la Portioncule. C'est là aussi que le serviteur de Dieu livrait son corps aux effrayantes macérations dont nous avons parlé. Cette cellule est donc comme imprégnée 'du sang de notre bienheureux Père. Elle est devenue aussi le tombeau de plusieurs saint ■ religieux de l'Ordre. Parant la construction de la Basilique actuelle, on y enseveli les corps des religieux enterrés' près de la sainte chapelle. Parmi eux citons trois des douze premiers compagnons du-saint: lo B. Jean do Saint-Constance, le B. Barbare' et le B. Bernard Vigilante, ainsique le B. Jean surnommé le Saint, lo B. Jacques de Lan de etc. On y conserve aussi deux poutres qui proviennent de la chaire ou de l'estradj sur laquelle saint François a publié l'Indulgence du Pardon en présence des sept évoques. Bartoli raconte dans son Histoire de l'Indulgence, en 1325, que de son temps, on remarquait cinq .poutres de cette estrade respectueusement conservées en ce lieu.

• Cette cabane, un peu sous sol est éclairée par deux petites fenêtres tournées vers la sainte chapelle, tandisque la porte est tournée vers l'Orient. Du temps de saint François elle était simplement couverte de chaume ou de roseaux. Mais saint Bonaventure la fit remplacer par une voûte et

construisit un oratoiro sur la cabane même, i) Cet oratoire étant fort petit, le docteur s"-rapliirqué lais -a ouvert un côlé de la cliapell j et v;e le fijrma que par une grille de fer pour p rmottre aux fld-'les d'y assister en pl;is grand nombre à la sainte messe.

En 1 4.3s saint Bernardin de Sienne fit construire une secoiî'le chnpolle attenarite à la première pour onVir un abris aux fidèles. Il cliarg-ea le B. Barnabe do Manassei de Terni, aloj'.:; Gardien du couvent de la l^ortioncule, dV-xêcuter son ]")lan. ■*■') Le B. Barnabe no chang-ea rien à la disposition de la chapelle co:istr.iito par saint Bonaventure ni de la cabane de snint François ; il se contenta d'élever aud vaut d'.:'}les une nouvelle construction, ayant huit m -^îres de longueur sur quatre d: largîur. Ces trois constructions sont désigiiôes sous le nom de chapelle des Roses, à cause du voiyinnge des KoiLiers miraculeux.

Toute la chapelle est couverte de fresques exé- Gutks par Ti'oerio Diotaîlcvi d'Assise, élève du Pér;igi;i. ^) Dans la ch:ip>.'lle snpêri ure audessus de l'autel, on voit saiht FraM;;;ois avec ses douze premiers compagnons; à droite so.it représentés saint Bonavent ire, saint Bernardin de Sienne, -saiiit Louis- d'Anjou et saint Antoine de Padoue; 'à gaiiche sainte Claire et sainte Elisabeth de Hongrie, et à la voûte Dieu le Père, entouré de

1) Bartoli, Ilist. de riiuliilf,'.

2) Augustin de Stroncone, UmLria soraplùca.

3) La.izi, Griaialdi et Cristotaui. D'ain'ès ix la fresque audessus do ranfol pourrait Lieu être l'oeuvre de Spagaa.

séraphins. Toutes ces figures sont de grandeur naturelle. Quoiqu'il y ait un peu de raideur dans leur pose, elles sont néanmoins pleines de grâce et de piété. Dans l'autre partie de la chapelle ou remarque les sujets suivants: 1.° Saint François dans les épines et l'apparition des anges; 2." saint François conduit par les anges dans la sainte chapelle, les figures des anges sont très belles; 3.° saint François obtient l'Indulgence; 4.° saint François en présence du Pape Honorius III ; 5.** saint François publie l'Indulgence. Cette dernière fresque représente la chapelle de la Portioncule avec tant de détails qu'elle peut compter pour un document historique. Sur la façade on voit Jésus-Christ avec sa Mère à genoux; Saint François est prosterné sur le sol et couvert du large manteau dont les anges l'ont revêtu à sa sortie des épines. Notre Seigneur offre à la sainte Vierge trois clefs, symboles de l'Indulgence qui ferme l'enfer par la confession obligatoire, le purgatoire par la rémission de la peine due au péché et par conséquent ouvre le ciel. Il suffît de jeter un coup d'oeil sur cette fresque pour s'assurer que Tiberio a fidèlement copié l'oeuvre d'un autre artiste; la composition, le style, le coloris, tout est différent de son genre. Il a sans doute reproduit la sainte chapelle telle qu'elle était de son temps, c'est-à dire avec la fresque attribuée à Giunta Pisano et retouchée par Niccolô de Foligno. On remarque aussi au dessus de la chapelle de la Portioncule deux rangées de colonnettes supportant le choeur que saint Bernardin de

Sienne avait fait construire pour les Frères laïques. Ceux-ci voyaient l'autel à travers une ouverture octogonale pratiquée dans la voûte. Cette ouverture se voit encore aujourd'hui dans la sainte chapelle.

En face de la cabane de saint François se trojivait celle du bienheureux Egide, et de l'autre côté du petit jardin des Roses étaient les cellules du Frère Junipère, Frère Léon, Frère Massé, et d'autres saint religieux ; mais toutes ont disparu.

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