CHAPITRE VI
L'induigence de la Portioncule à travers les siècles et sa diffusion dans le monde.
D écrivains ont essayé de révo- W# quer en doute l'authenticité de l’Indulgence de la Portioncule. Mais il est
facile de répondre à leurs arguments pu-.
rement négatifs. L'histoire de cette Indulgence et de sa publication merveilleuse fut écrite en 1230 par Bernardi, notable d'Assise. .De. plus, on montre encore de
. nos jours des actes authentiqués et nota-
riés de prêtres, de religieux et de laïques
- attestant avoir assisté à la publication qui en fut faite par saint François ou le te-
nant de la bouche des compagnons du Saint, .
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= —————————————— À ce que l'on objecte que les premiers biographes ne disent mot de ce fait si im- “portant, il suffit de répondre que ces bio.
graphes se complétaient les uns les autres et que chacun d’eux a omis-d’autres faits également très importants, Bernardi en ayant écris d’une manière très spéciale, les autres écrivains n'avaient pas à y revenir.
En outre, l'Église ne tenait pas en ce temps-là à publier solenneliement une Indulgence qui aurait Pu faire tort aux Indulgences de la Terre Sainte, Cette réserve dura tout le temps des croisades et pendant tout le treizième siècle.
De ce que l'on ne trouve pas de documeut authentique émanant du Saint-Siège à cette époque reculée, on ne peut rien inférer, Nous avons vu saint François répondre au Pape qu’il ne voulait d’autre notaire que Jésus-Christ, d’autre charte que la sainte Vierge, et d’autres témoins que les Anges. Jésus-Christ s'était char-
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gé lui-même de faire connaître cette faveur. Peudant plusieurs siècles on s’en tiut là, du moius pour la: publicité.
Cependant, avec les pièces citées plus haut, nous avons uue série de documents très authentiques faits par divers personnages pour leur propre édification et pour.
celle de leur entourage. Ces documents, dont nous ne citerons qu’un petit nombre, montrent à la fois l’authenticité de l’Indulgence et l’empressement que les fidèles mirent dès le principe à en profiter.
Un notable d'Assise, Pierre Zalfanus, atteste en 1277 avoir assisté à la publication du pardon. L-< bienheureux Benoît d'Arezzo et Frère René Marianus déclarent l'avoir appris de Frère Massé, com.
pagnon de saint François. Le bienheureux - François de Fabriano déclare l'avoir entendu en 1266 de la bouche du Frère Léon, confesseur et secrétaire du Saint.
-. Le bienheureux Jean de l’Alverne, après avoir fait sa déposition en 1277, raconte
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que de son temps il venait à la Portioncule une foule innombrable de pèlerins, En 1809, il entendit la confession d’un homme âgé de plus de cent ans qui était venu à pied à Assise des environs de Pérouse.
Admitant son zèle et sa piété, le Bienheureux lui deman"a comruent à son âge il avait osé entrepredre un voyage si pénible. ‘ Ah! mon Père, répondit le centenaire, si je ne pouvais venir à pied, je me ferais transporter, pour ne pas perdre ‘: ; fruits d’un si grand jour. ‘’ Puis, ex) quant ses raisons, il ajouta: ‘ J'ét::
présent quand saint François, logeau' chez mon père selon sa coutume, lui ra- Conta qu'il allait à Pérouse pour demander au Pape la confirmation de l’Indulgence accordée par Notre-Seigneur. Depuis ce temps-là, je n'ai pas manqué de venir chaque année à la Portioncule le jour du Pardon, et je n’y manquerai jamais.
Ce quie faisait ce bon vieillard, tous les
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chrétiens le faisaient aussi ; c'était un-en. traînement général. On compta parfois jusqu’à deux cent mille pèlerins. En 1310, Thiébaut, Évêque d'Assise, raconte comme un fait connu de tous que le 2 août accouraient de nombreux visiteurs, parmi lesquels on remarquait des Patriarehes, des Cardinaux et des Évêques.
Au quatorzième siècle, sainte Brigitte, passant la uuit en prière dans la chapelle de la Portioucule, le 2 août, dit au Seigneur : ‘‘ Je suis troublée intérieurement de ce que certains prétendent que ces In-
dulgences ont été inventées par saint
François.
‘ — Ma fille, répondit le Sauveur, le mensonge u’habite pas dans la demeure de le vérité et de l’ardente charité.
Mon ami avait en lui la vérité, et ce qu'il
a dit est vrai, A la vue de la tiédeur des
hommes et de leur soif des biens teirestres, il me demanda une marque de mon amour pour éteindre en eux le feu
: — 78 - San tie de {a cupidité et allumer celui de la charité. La marqué que je lui ai donnée, moi qui suis l’amour, fut que ceux qui viendraient dans sa demeure, pauvres et dépourvus, seraient remplis de mes bénédictions et recevraient la rémission entière de leurs péchés. ”’
Pendant quatre siècles, l’église seulè de la Portioncule jouit du privilège du grand Pardon. Afin de mettre te trésor de grâces à la portée des fidèles du monde entier, et aussi pour éviter l’encombrement à Assise, le Pape Grégoire XV accorda le même privilège à toutes les églises des Frères Mineurs en 1622. Plus tard, les églises des Clarisses et des Tertiaires réguliers furent gratifiées de la même concession.
Innocent XII accorda en 169% une Indulgence plénière, chaque jour à perpétuité, à quiconque visiterait Notre-Damedes-Anges, aux conditions ordinaires.
À ÂÀssise, le mouvement populaire n’a
ee guère diminué par suite de ces importantes concessions et du refroidissement de la dévotion, Le chiffre des pèlerins au 2 août monte ordinairement à soixante mille ‘© Vers Ja tin de juillet, écrit un témoin oculaire, on voit sur toutes les routes des troupes d'hommes et de femmes, d’enfants et de vieillards qui s’acheminent vers la Portioncule, priant, chantant ou se racontant les merveilles de ce liew béni. Dès qu’ils ont atteint le seuil de la basilique, ils pousse le cri enthousiaste d'Evviva Maria! se jettent à terre et baisent le sol, heureux d'être arrivés au terme de leur voyage.
. Les trois premiers jours sont. consacrés à la préparation à la grande fête ; chaque année a lieu un triduum solennel pour aider les fidèles, par la prière et la parole de Dieu, à puiser le plus avanta- Seusèement possible dans ces sources de grâces, Cet usage remonte à une haute antiquité : dès 1325, on avait 1 habitude
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de prêcher en plusieurs langues, les sept jours qui précédaient la fête du Pardon.
‘* Pendant ce temps, plus de trente confesseurs sont occupés à entendre les confessions.
‘ Lorsque enfin, le ler août après midi, la cloche donne le signal que l'heure est venue, les portes de la sainte chapelle s'ouvrent et les pèlerins, poussant un nouveau cri d’'Ævviva Maria / se précipitent vers le sanctuaire, Ils entrent par une porte sortent par l’autre, en saluant simplement l'autel, et cette procession en masse compacte dure jusqu’au lendemain soir. ??
| Ces grands mouvements de dévotion | populaire se manifestent, moins bruyants.
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peut-être, dans tous les lieux où se trou-.
ve quelque église honorée du privilège-de de {a Portioncuüle.
| La date du 2 août est l'occasion-d’une manifestation extraordinaire de piété. En France, non seulement toutes les égli-
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