‹ La poste anecdotique et pittoresqueChapitre 11 sur 18 · Ceux de la Sicile ne sont pas compris dans ce nombre · texte numérisé non relu

Ceux de la Sicile ne sont pas compris dans ce nombre

—1, Italie remonte au 4“ janvier 1855, c’est 1 ~ celui de la ligne de Turin à Gênes.

Les avantages qu’on recueillit des premières expériences de ce système engagèrent «» radministraUonàlui donnerune plus grande extension en créant des bureaux ambulants, non-seulement sur les principales lignes , mais encore sur les lignes secondaires.

Par le moyen de ces bureaux, les correspondances sont transportées avec la plus grande célérité à leur destination et l’on évite le retard qu’apportaient les bureaux de poste dans le dépouillement et autres opérations qui se font pendant le trajet.

A chaque bureau ambulant sont attachés deux employés et un garçon de bureau, et ce nombre ne pourrait être augmenté sans gêne pour le service, vu l’exiguïté du compartiment, dont l’intérieur est entièrement approprié aux besoins du service.

Un service identique vient d’être établi

par l’adininistration des postes au moyen de ses vapeurs qui sillonuent le lac Majeur et le lac de Gôme.

IndépendammcDt d^ moyens de transport susindiqués, l’administration entretient de»

services maritimes avec l’île de Sardaigne et les provinces méridionales du royaume, et profite de tous les vapeurs de commerce

en partance.

La distribution des lettres à domicile n’a lieu que dans les villes les plus importantes.

L’administration des post^ a toujours rencontré beaucoup de difficulté à donner une grande extension au service des facteurs, à cause de l’habitude qu’a prise et conservée le public, de retirer lui-‘même ses lettres des bureaux de poste, et aussi parce qu’en Italie il n’existe pas de portiers dan» les maisons.

Pendant que l’administration, dans ses

règlements, défend expressément aux facteurs de monter les escaliers pour effectuer ^ la remise des correspondances, elle les oblige, dans les instructions verbales, à monter même à un quatrième, malgré l’inconvénient qui en résulte pour la rapidité de la distribution.

Jusqu’en 1 858, la direction centrale s’était préoccupée de l’établissement d’un service de poste rurale modelé sur celui de la France et celui de la Belgique qui ne laissent rien à désirer. A la suite d’études approfondies, on reconnut que la création d’un tel serirïce entraînerait une dépense de plus de 700 000 francs par an, et que cette dépense ne serait couverte qu’en partie, attendu que l’instruction encore arriérée ne laissait pas l’espoir de voir augmenter la correspondance dans une proportion satisfaisante.

Si cette idée devait être abandonnée par des considérations financières, on y suppléa

LES POSTES EN PIÉMONT. 289 du moins en instituant un service rural économique dont l’organisation, bien que ne réunissant pas les conditions qu’on admire dans les administrations des postes des pays nommés ci-dessus, présente néanmoins de grands avantages aux populations des campagnes. Toutes les communes de l’ancien État sarde dans lesquelles il n’y a pas de bureau de poste peuvent maintenant recevoir et expédier leurs lettres, soit par le moyen des bureaux de distribution établis dans les principales localités, soit par les facteurs ruraux qui d’ordinaire sont les agents des communes mêmes, et auxquels l’administration des postes accorde une faible rémunération pour ce dernier service.

Ces facteurs sont chargés en outre de prendre dans les boîtes aux lettres des communes privées de bureaux de distributions les correspondances, qu’ils transportent au

bureau le plus voisin, d’où elles sont acheminées sur leur destination.

L’échange des correspondances interna' f tionales est réglé par des conventions avec les gouvernements étrangers qui, tous, à l’exception de l’Espagne, admettent la lif^berté d’affranchissement à des prix trèsmodérés.

Enfin, pour répondre à un vœu souvent exprimé par les organes les plus accrédités de l’opinion publique, vœu qui était partagé par l’administration, on a traité récemmeilt avec la France et la Suisse pour la trànsmission de petites sommes d’argent au moyen du mandat sur la poste.

Telle est la situation de l’administration des postes du royaume d’Italie représentée à grands traits. Les prodigieux événements qui se sont succédé depuis quelques années ont rendu plus pénible une lâche déjà difficile. Il ne faut pas oublier, en effet, que

dans les nouvelles provinces annexées, on avait comprimé les plus innocentes aspirations aux moindres améliorations sociales, qu’il n’y existait aucun service postal, etque les gouvernements apportaient même toute espèce d’obstacle à cette institution qui, à bon droit, peut être comptée parmi les plus puissants auxiliaires du progrès.

Le nouveau royaume d’Italie a donc bien mérité de la civilisation par les généreux efforts qu’il a tentés dans ce sens.

C’est au comte François de la Tour et Taxis que rAllemagne est redevable^ en partie, de l’organisation des postes.

Cette organisation remonte au commencement du seizième siècle.

Avant cette éqoque, chaque ville impor- ’ tante entretenait des courriers chargés du transport des lettres, soit dans l’intérieur de ces villes, soit en dehors de leur territoire. Ces courriers étaient, en outre, chargés de quelques offices judiciaires.

Cet état de choses subsista quelque temps, mais l’incertitude règne sur l’époque où ce service spécialement affecté aux affaires de la cité fut mis à la disposition du public.

Au treizième siècle, il existait déjà un moyen régulier de communication à l’aide duquel les nouvelles des villes de laLombardie parvenaient à celles de l’Allemagne méridionale. Il est également fait mention de convois qui partaient de l’intérieur et dont les principaux centres étaient Hambourg, Cologne et Nuremberg. Les messagers de la première de ces villes visitaient les villes de la mer du Nord jusqu’à Riga d’un côté, et de l’autre jusqu’à Rotterdam; ceux de Cologne se dirigeaient vers la Hollande et l’Allemagne méridionale , tandis que Nuremberg envoyait les siens jusqu’à Vienne.

Peut-être n’est-il pas inutile d’ajouter que le service de ces courriers dépendit, pendant longtemps , beaucoup moins des au-

lorités municipales, que des corporations marchandes dont ils avaient surtout pour mission de servir les intérêts.

Toutefois, l’institution de simples messagers ne pouvait répondre aux besoins toujours croissants des courriers. On songea à l’établissement d’un service plus étendu, et c’est de ce besoin qu’est né le service des marchandises.

11 s’effectuait de la manière suivante :

. Ordinairement, des voituriers prenaient les marchandises dans une ville et les conduisaient à une autre, où, s’ils ne devaient pas eux -mêmes achever le voyage, ils les remettaient à de nouveaux voituriers. Mais habituellement le vendeur faisait prix avec un charretier pour qu’il livrât avec diligence, et sous sa responsabilité, au domicile de l’acheteur, les marchandises ven-

dues. Des documents certains prouvent que ces engagements étaient exactement tenus.

■ LES POSTES EN ALLEMAGNE. 295 et que des peines édictées par la loi pouvaient être appliquées en cas de lenteur, de négligence ou d’infidélité. En outre de ces voituriers, on retrouve, jusqu’à la fin du quinzième siècle, trace de messagers en voi-

Leur voyage. avait lieu toutes les semaines, de chacune de ces deux villes, et ils étaient accompagnés de conducteurs qui devaient avoir soin des chevaux et des voitures.

A coté de ces services nous avons à mentionner une autre institution non moins utile, mais singulièrement originale, qui exista longtemps en Allemagne, et y est restée célèbre sous le nom dePo~ste des Bouviers. Il est facile de comprendre qu’en raison du métier qu’exerçaient les bouviers qn ait cru devoir les charger du soin de transporter les lettres, messages et nouvelles. Le^ exigenpes de leur profession les obligeaient à avoir des chevaux. Us fréquen-

talent des endroits éloignés et visitaient ■ souvent les couvents et les abbayes. Toutefois l’on ne doit regarder la Poste des Bou~ viers comme établissement officiel , qu’à partir du jour où cette corporation fut organisée sur des bases définitives. Dès cette époque, elle obtint partout une place importante dans l’histoire des villes^ et rendit de réels services aux municipalités. Celui qui , à Essling , voulait ouvrir un étal de 1 boucher, devait avoir d’abord un cheval, I s’engager dans la compagnie de cavalerie > de la ville et faire le service de la poste à tour de rôle. Les courriers, soit à cheval, soit en voiture, annonçaient par tous les endroits où ils passaient leur départ" et leur arrivée, au son du cor, et c’est pour cette raison que l’on voit encore cet instrument figurer dans les armoiries de la corporation des bouchers. De là vint sans doute aussi l’usage, pour les postillons, du cor et des

bruyantes fanfares dont l’écho s’est prolongé jusqu’à nous. La Poste aux Bouviers a duré jusqu’au dix-septième siècle, époque à laquelle Jacob Hénot entreprit de réunir sous Rodolphe II toutes les postes de l’Empire sous un même règlement. Malheureuseinent les documents parvenus jusqu’à nous sur cette question sont insuffisants, et il est difficile de dire ce qui advint jusqu’au jour où les postes allemandes passèrent entre les mains des membres de la famille de la Tour et Taxis.

Une autre institution qui se forma dans les villes de la mer du Nord, et établit des communications postales avec Lubeck et Hambourg, nousa paru digne d’être mentionnée. Dès la fin du quatorzième siècle, l’ordre des chevaliers teutons. possédait, en Prusse, une poste aux chevaux parfaitement orga-

nisée. Au chpf-Iieu (ie Tordre, ^ Marienbpurg, siège du grand ipaître, le plus élevé des maréchaux remplissait, copime maître général de Técurie, les fonctions qui étaient naguère du ressort d’pn maître et d’un receveur de poste. Le cpmpiapdeur devait veiller à l’expédition, au départ à l’arrivée d’une lettre, et s’assurer de sa remise à destination. Le grand maître, par ce moyen, pouvait mettre à l’épreuve les capacités administratives de ces divers commandeurs.

Mais ce service n’exista jamais qu’entre Marienbourg et les commanderies ; le reste des sujets de Tordre n’y avait aucune part. .

^ Les courriers à cheval qui furent appelés les Wiltingen étaient tout à fait dist^inpts de ce service. C’étaient les anciens propriétaires fonciers datant de la première conquête du pays par les Danois, et qui, dès Torigipe, avaieqt soutenu la cause des cl^eyaliers de Tordre avec une grande fidélité.

Répandus dans un pays étroit, ils s’offrirent comme un moyen vivant de communication et furent soumis comme tels à de nombreuses réquisitions. Ainsi que. le dit le langage du moyen âge, ils devaient se tenir eux et leurs chevaux à la disposition du grand maître pour porter, au premier signal, les lettres d’une importance particulière à l’endroit indiqué. Ils remplissaient ainsi l’oflice que remplissaient les bouviers dans l’Allemagne méridionale.

Vers l’an 1500, un membre de la famille de la Tour et Taxis, nommé François, conçut le plan d’une organisation générale des postes en Allemagne. Son fils, Jean-Baptiste, développa ses projets, et établit en 1516, avec l’autorisation del’empereurMaximilien, un service entre Bruxelles et Vienne, jugé d’une grande importance parce que le prince possédait en même temps les Pays-Bas et l’Autriche, Le 18 octobre 1518, à Augs-

bourg, Charles-Quint signa un diplôme qui nommait Jean -Baptiste directeur général des Postes dans les' provinces néerlandaises.

Pendant l’année 1543, Léonard, fils de Jean-Baptiste, organisa une seconde ligne, qui allait des Pays-Bas en Italie par Liège, Trêves, Spire, Augsbourg, la Souabe et le Tyrol. Le soulèvement des Belges et des Hollandais contre l’Espagne arrêta le transport des lettres et des dépêches. La famille la Tour et Taxis, dans ses efforts pour le maintenir, essuya des pertes énormes et s’endetta, mais Léonard ne se laissa point accabler. Il prit ouvertement le parti de Philippe II et soutint sa cause avec tant d’obsfination, que le prince reconnaissant lui donna pour devise : Perpétua fide *.

Le 16 juin 1595, Rodolphe 11 nomma

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