LA POSTE PNEUMATIQUE
La cinquième série de la grande et belle publication illustrée que M. Louis Figuier a entreprise sous ce titre : Merveilles de la ‘science, ou Description populaire des inventions modernes, vient de paraître à la librairie Fume, Jouvet et C‘*.
Nous en extrayons la page relative à la poste pneumatique de Londres. Cet extrait donnera à nos lecteurs une idée de l’intérêt que présente l’ouvrage de M. Louis Figuier :
Un inventeur, M. Medburst, avait proposé, en 1 81 0, d’utiliser la pression de l’air pour le transport des lettres et des bagages.
Un ingénieur anglais, M. Latimer Clarke, a de nos jours repris cette idée, et a fait à Londres une application pratique de l’emploi de la pression de l’air pour le transport des lettres dans l’intérieur d’une ville.
Voici quelles étaient les dispositions essentielles du système que M. Latimer Clarke fit breveter en Angleterre, les 28 janvier 1854 et 11 juin 1857 :
Les diverses stations de la poste étaient reliées par une série de tuyaux, dans l’intérieur desquels était placé un cylindre, ou piston, servant de boîte, et portant les lettres et les paquets. Quand on faisait le vide dans le tuyau, la pression atmosphérique agissant sur la partie extérieure du piston, qui jointait fort exactement au tube, grâce à des bandes de caoutchouc placées sur son contour, ce piston-boîte était chassé rapidement à l’intérieur du tuyau. Des réservoirs de l'û/e, ou d’air comprimé, étaient distri-
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bues sur le trajet du tube, afin de profiter du travail des pompes dans l’intervalle des envois. L'arrêt du piston-boîte se produisait au moyen d’une introduction d’air destiné à ralentir la mardi#, et d’un tampon muni de ressort, comme ceux des wagons des chemins de fer, pour produire l’arrêt complet.
Les essais faits à Londres du système de M. Latimer Clarke ayant justifié les prévisions de l’inventeur, une ligne de tuyaux fut établie, à titre d’expérience, par la Compagnie des postes, et fonctionne depuis 1 858 dans cette ville pour le transport des dépêches.
La poste pneumatique ou atmosphérique existe aujourd’hui et fonctionne dans queL ques quartiers de Londres. Quatre tuyaux atmosphériques relient le bureau central de la compagnie de la poste pneumatique , à quatre succursales voisines, dont la plus éloignée se trouve à 1400 mètres.
Enfoncés dans le sol à 80 centimètres de profondeur^ les tuyaux sont en alliage a base de plomb; leur diamètre est de 4 à 5 centimètres; ils sont enfermés dans des tuyaux en fonte, pou/ les traversées des rues.
Les dépêches sont placées dans des étuis en cuir, de 10 centimètres de longueur, qui glissent à frottement, le long des parois intérieures des tuyaux. Une machine à vapeur fait le vide dans ces tubes. Les communications entre le réservoir et les conducteurs sont établies à l’aide de petits tuyaux en plomb munis de robinets.
Voici comment se fait l’envoi des paquets ou lettres, à travers ce système de tuyaux : ‘
La succursale qui a une dépêche à transmettre au bureau central sonne l’employé de ce poste à l’aide d’un fil télégraphique souterrain. Dès que la sonnette fonctionne,
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l’étui porteur de la dépêche à expédier doit être mis dans le tuyau. Au moment où l’employé du poste central met ce tuyau en communication avec le réservoir, en ouvrant le robinet, la pression atmosphérique force l’étui porteur à s’acheminer vers le poste central et l’y conduit lentement.
A l’aide d’une disposition très-simple, les dépêches sortent aulomaliquemenl des tuyaux et tombent sur la table de l’employé.
A cet effet, chaque tuyau est muni, à quelques centimètres de son extrémité, qui est hermétiquement fermée, d’une petite porte de la dimension de l’étui. Celte porte, maintenue ouverte par un ressort, se ferme sous l'action de la pression atmosphérique, quand on met le tuyau en communication avec le vide. Au moment où l’étui arrive au-dessus de la porte, la pression atmosphérique devient égale des deux côtés, le ressort fait ouvrir la petite porte, et l’étui tombe sur la table.
C’est par cette même porte qu’on introduit l’étui qui doit être envoyé à l'autre station.
Les ingénieurs anglais n’emploient pas l’air comprimé pour envoyer les dépêches du poste central dans scs succursales. Ils ont préféré conduire jusque dans ces stations de petits tubes en plomb communiquant avec le réservoir du vide, dans l’hôtel de la compagnie. Ces tubes sont munis de robinets, semblables à ceux qui fonctionnent dans le poste central; de sorte que la manœuvre, quand il s’agit d’envoyer dans une succursale une dépêche de l’administration centrale, est la même que nous venons de décrire. L’employé de cette succursale, averti par la sonnerie du poste central, ouvre le robinet du vide et attend la dépêche.
Le poste central de la Compagnie électrique est situé au troisième étage. Ce fait
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n’est pas sans intérêt , car il indique que les tuyaux peuvent être fortement coudés sans arrêter le passage de l’étui.
On conserve toujours à la station centrale un réservoir rempli d’eau, dont on peut faire usage lorsque, par accident, l’étui à dépêches se trouve arrêté au milieu de son trajet. L’eau, lancée d’une certaine hauteur, dans le tuyau, par sa pression, chasse l’étui, et le conduit à l’extrémité de son parcours.
Tel est l’ingénieux système de poste pneumatique qui fonctionne à Londres depuis