‹ La poule aux œufs d'orChapitre 4 sur 31 · AUX OEUFS I) OR · texte numérisé non relu

AUX OEUFS I) OR

— M. de Valory , dit le marquis de Pons , en prenant le bras de Gustave , venez avec moi, je vous en prie , il faut que je vous présente à quelqu'un, dont vous serez enchanté de faire la connaissance...

— Mais il est bien tard... répondit Gustave qui, voulant travailler une partie de la nuit, était peu disposé à suivre le marquis de Pons. Je vous prie de m'excuser...

— Bah! bah! pas d'excuses., je ne vous lâche point...

, — C'est encore quelque souper , quelque folie î pensait Gustave impatienté.

— Allons, allons, mon cher poète, continua le marquis , en l'entraînant vers le vestibule, ne soyez donc pas d'une humeur si sauvage. Que diantre ! on ne peut pas toujours vivre seul, même pour faire des chefs-d'œuvre; il faut bien un peu se dégourdir et prendre l'air du monde! Venez, venez!...

— Mais je ne puis, je vous assure... Un travail important m'obligede retourner chez moi à l'instant même... Croyez-bien que je suis désolé, mais il m'est impossible...

— Impossible! encore une fois, c'est une plaisanterie ? Venez-donc... Comme vous êtes opiniâtre! Vous mériteriez bien que je vous laissasse partir!... Mais non, je vous porte un trop vif intérêt ; et malgré vous, que diantre ! Je veux vous servir.

Et Gustave suivait machinalement le marquis de Pons, qui déjà traversait avec lui de longs corridors tournants.

— Où me conduisez-vous donc ? Où sommes-nous ? demanda Gustave, en promenant les yeux autour de lui avec étonnemenl.

— Comment donc! mais sur le théâtre...

îSous allons voir une personne qui sera très charmée aussi de vous connaître; elle a plus

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(l'une fois parlé de vous, et je suis sûr que vous serez le très bien venu.

Gustave, sans trop se rendre compte des intentions du marquis, ne put s'empêcher de tressaillir. Ils arrivèrent devant une porte en- Ir'ouverle, près de laquelle se tenait un domestique en livrée.

— Eh bien? demanda le marquis. Pouvonsnous entrer maintenant ?

— Mademoiselle est avec sa mère, répondit le domestique. Faut-il annoncer monsieur le marquis ?

— Oui, vite... On doit m'atlendre on quelque sorte.

Le domestique enlra dans la chambre et revint aussitôt.

— Si Monsieur le marquis veut se donner la peine de passer daiis le salon, dit le domestique, en ouvrant la porte toute grande, mademoiselle Duvercourt est prête à le recevoir.

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— Duvercourt !.... murmura vivement Gustave en frissonnant des pieds à la tête.

Et le marquis, le prenant par la main, sedirigea vers un petit salon brillamment éclairé.

— C'est elle !

Gustave, ébloui comme d'une vision lumineuse, n'avait pu retenir cette exclamation indistincte.

— Mademoiselle, dit le marquis, d'un ton gracieux et dégagé , permettez-moi de vous présenter M. Gustave de Valory.

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