‹ La poussée évolutive dans les Adénopathies Tuberculeuses: Influence des injections de sulfates de terres cériquesChapitre 26 sur 60 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Adénites cervicales influencées lentement par le traitement. — Poussée articulaire au cours de la quatrième série,

Mile F..., 19 ans. — La malade vient consulter le 18 avril 1922. Elle est attcinte d’une adénopathie cervicale droite considérable : on sent, sous le sterno-cléido-mastoïdien et dans le creux sus-claviculaire, une énorme masse pâteuse du volume d’une grosse pomme.

ER er

L'état général est assez défectueux (poids 57 kgr. 290, anémie très marquée), de plus, elle présente de nombreuses cicatrices cervicales consécutives à d'anciennes adénopathies ayant évolué vers la fistulation et n'ayant guéri que lentement.

Une première série d’injections intraveineuses est faite du 18 avril au 11 mai 1922.

Le 22 mai, la malade pèse 56 kgr. Son impression personnelle sur l’adénopathie est que «c’est aussi gros mais» que « cela se partage ».

En effet, la périadénite est beaucoup moins marquée, l’ensemble est nettement un peu moins gros, la masse, encore dure, moins limitée, est maintenant mobile sous le sterno-cléido.

Les ganglions sus-claviculaires forment une masse lobée complètement distincte de la masse sous-musculaire.

L'état général paraît bon, le sang est nettement plus coloré.

Au 13 juin, après la seconde série, la malade pèse 55 kgr. 300. L'état local est resté stationnaire : la malade est traitée par du protoxalate de fer et de l'arsenic (liqueur de Fowler à doses progressives).

Au 5 juillet, on constate qu'elle a gagné du poids (58 kgr. 400), la disparition de la périadénite peut être considérée comme complète, la régression de l'adénopathie sous-sterno-cléido-mastoïdienne est maintenant très nette, les ganglions de la chaîne de la jugulairé interne sont à peine pergeptibles. Quoique les ganglions sus-claviculaires soient maintenant nettement isolables, leur masse totale n'a pas diminué dans des proportions considérables.

On fait, du 5 au ?2E juillet, une troisième série d’injections intraveineuses, elle amène peu de modifications.

En septembre, la malade revient de la campagne, l’état général est excellent, bien qu’au point de vue local, l’état des ganglions se soit peu modifié.

On essaie une quatrième série d'injections intraveineuses. ,

Dès la première injection, il se produit au niveau de l’articulation tibio-tarsienne gauche, une poussée douloureuse avec fièvre (38°) empêchant tout mouvement et nécessitant même, à deux reprises, l’hospitalisation. La radiographie ne montre rien d’anormal.

Cette poussée articulaire ayant disparu, on essaie, au début d'octobre, une série de 15 piqûres de Pélospanines C., par prudence puis dans l’idée de constater si, après la disparition de la périadénite, on ne pourrait obtenir par des injections intramusculaires, une régression plus nette des ganglions.

Le 30 octobre, à la fin de la série, la malade se plaint de souffrir du genou gauche, l'examen méthodique révèle également une douleur de la hanche avec légère impotence, douleur ayant son maximum au niveau de la ligne innominée (toucher rectal) et (palpation externe), au niveau de l'échancrure sciatique. Par l’aspirine et l’air chaud, on obtient une amélioration rapide de ces douleurs,

— br —

La malade qui devait revenir en décembre 1922, revient seulement en février 1923 dans le même état. Elle reçoit une cinquième série d’injections intramusculaires puis inlravéineuses sans que les phénomènes se reproduisent. Cette série influence peu les adénites où les ganglions sont relativement petits, isolés et mobiles, l’ensemble n'étant plus que de la grosseur d’une mandarine.

On ne constate plus rien d’anormal au niveau des articulations du pied, du genou, de la hanche.

Une sixième série entreprise en mai 1924, est actuellement en Cours.

Page 1