‹ La prairie: conférence prononcée devant l'Institut canadien, Ottawa, le 29 mars, 1906Chapitre 3 sur 6 · UNE ERE NOUVELLE · texte numérisé non relu

UNE ERE NOUVELLE

Cette transformation qui'a mis les Etats-Unis au rang ‘des premières: nations du monde, l'Ouest canadien en voit poindre en ce moment l’aurore. Si l’on. me demande pourquoi nous.ne sommes pes entrés plus, tôt dans le mouvement du progrès dont ont joui les Etats-Unis, je répondrai que- cela tien! à des causes multiplié . mais très faciles à expliquer.

‘lo. La France commença par abandonner La Vérendrye et ‘ses établissements de l'Ouest.

20 On fit une réputation dé. .

testable au Canada. Les ‘“‘quel-

ques arpents de neige’ de Voltaire”

sont restés célèbres parmi nous ; maison ne sait jas aussi bien qu'en 1857 sir George Simpson,

Ci qui avait.vécu quarante ‘ans dans

le Nord-Ouest, déclarait devant le comité de la chambre des Communes d'Angleterre que‘ce pays était tout-à-fait impropre à l’agriculture, bien qu'il en eut vanté les beautés dans un récit de voyage pubhé vingt-cinq ans auparavant. -

80 Ilue faut pas oublier que ces territoires furent jusqu’à 1870 la propriété de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont l'intérêt était d'empêcher la destruction: de son commerce de fourrures et qui refusait de concéder aucune terre aux colons. .:

ment et les difficultés de transport.

La chaîne des’ grands lacs, l’espace

de inille milles de terres monta- :

tagneuses et arides, qui s'étendent

, de l'Ottawa au Manitoba, consti-

do ‘Enfin, il y avait l'éloigne- .

La Frairie tuaient un obstacle sérieux, une vé- était mauvaise, les déboires furent ritable barrière entrela partie colo- nombreux. Il s’ensuivit.que bon nisée du Canada et nos pays d'en nombre retournèrent sur leurs pes, haut. La route du Sud, par Chi- en maudissant le pays qu'ils cago et Saint-Paul, était la plus

facile ;: mais les colons canadiens dant, de cette expédition sont nées

avaient à peine entrevu' Cepen-.

en la.suivant, trouvaient sur leur de riches paroisses sur les bords de .,

route de belles terres gratuites et la rivière Rouge. Pourn’en menis se disaient qu'ils auraient bien tionner que quelques unes : Sainttort d'aller plus loin. De même Jean-Baptiste, Saint-Joseph, Letelles immigrants débarquant à New- lier, Saint-Pie, Sainte-Agathe et St. York s’établissaient au premier Pierre sont des établissements esendroit où ils trouvaient leur avan- sentiellement français où, avec la

tage. Dans ces conditions, le Nord' prospérité. nos compatriotes ont

Ouest canadien eut été un véritable Eldorado qu’on n'aurait pu

espérer y attirer une immigration.

considérable. Les tentatives que l'on ft dans le temps eurent même un effet plutôt négatif, Je me permettrai d'en citer un exemple.

Le grand conÿrès national tenu à Montréal en 1874 avait lancé le mot de rapatriement. Des agents furent mis en camyagne et Louis Riel, le célèbre chef des Métis, alors fugitif de la justice, ne dédaigna pas d’aller dans la Nouvelle-Angleterre exposer les avantages que le Manitoba offrait aux cultivateurs. À cet appel un grand nom- - bre de nos compatriotes, résidant

. dans les États de l'Est, prirent un-les dernières

billet de passage pour le Manitoba, les uns passant par Duluth, les autres par Saint-Paul. C'était avant la période des chemins de fer et il restait un long voyage à faire à'pied ou en voiture ; la saison

trouvé le bonheur et le contente.

ment.

munications sont changés. Le monopole du Pacifique est rompu, les chemins de fer abondent et le cultivateur prudent peut se trouver- presque aussi bien en arrivant

Aujourd’hui les moyens de com-

sur son homestead, que s’il achetait üne terre dans une vieille pa-

roisse.

Je ne voudrais pas, Mesdames

et Messieurs, fatiguer votre attention avec des chiffres dont je ne sui @pas moi-même très friand.

Mais enfin ils sont essentiels pour

vous faire comprendre l'énorme:

changement qui s est "opéré dans années. * Tout le monde sait que durant les dix ans passés l'immigration étrangère s’est élevée d'an chiffre insignitfant à près de 150,000 par année. D'autre part les livres du département des terres publiques démontrent que le

nombre des colons qui se sont enregistrés pour +un-homestead, où terre.gratuite; chaque année a aug-

menté:çommessuité. -

1896 77 ie à 1,857 1897 © ET 2,334 1898: 7. 4,848 1899 6,689 1900 . … . 7,426 1901 . « 8,167 1902 - | 14,673 * 1903 31,383 1904 26,073

La quantité de terres vendues par les diverses compagnies qui sont propriétaires au Nord-Ouest a été comme suit :

Montant

Âcres À 1896 - 108,116 93361,338 1897 . . 222,225 719,016 1898 … ,.: 448,623 1431,774 1899 . 462,294 -1,720,792 1900 . 648,379 2,225,146 1901 . ‘621,027 2,008,269 1902 . "2,201,795 7,146,958 1903 . . 4,929,011 14,651,757 1904 . , . 1,267,187, 5,564,240

Cette progression énorme nous montre le progrès accompli dans les régions rurales. Là où. iln’y avait pas uhe maison il y a cinq ans, on trouve aujourd’hui des villes de 3 et 5,000 âmes. Quant aux plus-anciennes villes, comme Edmonton, Calgary, Saint-Boniface et Winnipeg, elles ont doublé leur

population depuis cinq ans. Dans

Winnipeg, il se fait pour plus de dix millions de construction par année et'il y a encore des gens qui se plaignent de ne pouvoir se loger. . . |

‘Les gens qui affluent au -Nord- Ouest sont en grand nombre des cultivateurs américains d’expérience. Nous n'allons plus aux Etats-Unis, ce sont les Américains qui viennent à nous, et ils viennent péfce qu'ils ont trouvé au Nord- Juest des terres plus fertiles et à meilleur marché que dans leur pays.

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