‹ La prairie en fleurs, 1895-1902Chapitre 11 sur 55 · ÉLÉGIE IV · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE IV

Combien foulâmes- nous de ces fleurs odorantes, violettes de charme et d'amour, sous nos pas égarés, quand nos âmes errantes nous entraînaient au loin sans espoir de retour.

Nous ne les voyions pas, et notre folle course allait à ces pays rêvés

où, clairs comme l'azur et purs comme la source, nos jours s'écouleraient, peureux de s'achever.

Nous pensions récolter de lumineuses gerbes, belles par leur parfum, leur forme et leur couleur, et n'avons pas senti sous les mauvaises herbes l'arôme discret d'humbles fleurs.

Mais quand nous revenons, les mains pleines d'ivraie, des champs de la jeunesse où nous avons couru, les pétales flétris disent le long- des haies : Vous ne referez pas le chemin parcouru.

_____ LA pRAIRlE EN FLEURS

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