‹ La prairie en fleurs, 1895-1902Chapitre 2 sur 55 · ALLÉGORIE PASTORALE · texte numérisé non relu

ALLÉGORIE PASTORALE

Loin du midi brûlant j'ai accordé mes flûtes : soir qui choit, matin naissant seuls me sont chers. Je redoute l'été à l'égal de l'hiver et j'aime les saisons des bourgeons et des chutes.

Si brutale est la vie en s'épanouissant qu'à s'en faire l'écho se briseraient mes flûtes dont les notes sont expertes aux grêles chants de l'aube et aux languides chants du crépuscule.

Car je suis le pasteur de la mélancolie

et des craintes et des doutes et des regrets.

Avant le jour préludent mes accords timides à des airs souriants qu'ils n'achèvent jamais ; sitôt que le soleil embrase la prairie mon troupeau dort, tait ses cloches, et je me tais.

Et, lorsque l'astre, veuf de ses rayons, s'effondre,

laissant derrière lui l'horizon rougeoyant,

je mets mes lèvres au roseau et je reprends

sur un mode plaintif en m'enfonçant dans l'ombre.

AUX fcCOLTES

CHANSON

Exposée à tous les vents

qui chassent le sable mouvant,

mon âme est une grande route.

On voit à chaque tournant un pays nouveau survenant.

Mon âme est une grande route.

Chacun y marque ses pas, mais l'empreinte ne reste pas.

Mon âme est une grande route.

LA PKA1IUE EN KLEUHS

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