‹ La prairie en fleurs, 1895-1902Chapitre 3 sur 55 · MAINS · texte numérisé non relu

MAINS

J'admire ces mains, pesantes de pierres,

orgueilleuses de leur beauté,

qui de gestes nobles et fiers

affirment leur royauté ;

et ces pâles et frêles mains de saintes

aux doigts unis par la piété

qui se tendent, ignorantes des étreintes,

vers une divinité.

Mais que sont-elles près des mains

dont la beauté est d'être douces

et la piété d'être douces,

et qui, sur nos yeux, sur nos bouches,

avec amour effacent les empreintes

de nos chagrins et de nos craintes.

AUX ÉCOUTES l3

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