LA PB A HUE F.N PLEURS
comme toi j'étais égaré,
et j'étais vieux et ignorant.
Aujourd'hui, malgré mes cheveux blancs,
je suis jeune et sais bien des choses.
Je sais vivre et sais écouter
la voix de mon âme qui chante,
et je suis joyeux par cette science.
Ah ! combien j'ai trouvé de jeunes hommes,
perdus dans la forêt
où ma pitié pour eux les recherchait;
combien se sont assis au bord de ce lover
qui sont partis savants et consolés.
Ils sont heureux et me bénissent,
j'en suis certain;
j'ai fait leur sort pareil au mien. „
(Oui, cher et doux Simplice,
ils te bénissent et sont heureux;
je m'en atteste, moi, l'un deux.)
L'heure passait.
Enfin il m'a pris dans ses bras,
et nous nous sommes dit adieu'.
J'étais ému à la pensée
que je ne le reverrais pas
(on ne rencontre son destin
qu'une fois - quand on le rencontre);
mais j ai dû me mettre en chemin.
Le jour me sembla court
à marcher à travers un monde
qu'émerveillé je découvrais.
Les laboureurs qui suivaient leurs bœufs lourds
m'interpellaient joyeusement,
et je parlais avec les passants
des promesses du bel automne.
Sur le soir, j'ai reconnu le toit
de la maison où ma jeunesse
devait s'écouler, éternelle,
où je n'aurais de fin que de vivre et d'aimer,
joyeux désormais de savoir
écouter les chansons de mon âme.
L'hiver vint; j'ai brûlé mes livres
et, devant cette table où j'enchaînais mes vers,
j'ai demandé la grâce
d'être semblable à Simplice, mon frère,
et de mériter ton nom simple, Simplice.