Pratique du fauchage
Le fauchage est une opération très importante qui n'est pas d'une exécution facile.
Fauchage a bras. — La faux bien dirigée coupe l'herbe aussi près que possible de la surface du sol.
L'ouvrier, en donnant son coup de faux, élève les bras
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vers la droite, les abaisse ensuite devant son corps pour les relever après vers la gauche. Pendant ce travail, il cherche à diriger la faux le plus horizontalement possible en ayant soin que le talon de la lame traîne sur le gazon sur toute la longueur de la partie qu'il coupe. D'un autre côté, il évite de faire pénétrer la pointe dans le gazon, c'est-à-dire de l'engager dans le sol.
La coutelèe ou espace coupé, à chaque coup de faux, a, en moyenne, 1™,30 à 1™,50 de longueur. Il faut être très fort, très grand et très exercé pour opérer des coutelées de 2 mètres de largeur.
La faux ne doit pas embrasser une très grande étendue. Quand les coutelées sont très longues ou très-larges, la faux coupe souvent moins bas au commencement et * la fin.
Le faucheur est très légèrement courbé en avant; il porte sans cesse un pied devant l'autre de façon qu'à chaque coup de faux, le pied gauche qui est derrière chasse en avant le pied droit. La faux est toujours dirigée de manière qu'elle ramène sans cesse l'herbe coupée à la gauche du faucheur en rangées régulières et bien parallèles qu'on nomme andains ou ondins.
Quand on faïu^he en dehors, les andains sont toujours formés sur le gazon qui a été coupé. Lorsqu'on/âtwc^<9 en dedans, l'herbe est poussée par la faux contre celle qui est encore à faucher.
On fait souvent des andains doubles en fauchant en dedans et ensuite en fauchant en dehors quand on commence à faucher au milieu d'une prairie ou le long d'un chemin.
Lorsque plusieurs faucheurs fonctionnent ensemble, ils s'échelonnent les uns derrière les autres (fig. 19) à plusieurs mètres de distance. Le plus habile doit prendre la tête; le moins actif occupe la dernière position.
La faux doit couper l'herbe des prairies naturelles aussi près que possible de la surface du gazon , parce que c'est là
que rherbe est la plus touffue, la plus fournie. L'ouvrier qui fauohe à 0'",02 ou 0™,0B trop haut^ occasionne à Tex-
loitation, comme je l'ai dit, une perte qui égale 1/10 du produit de la prairie, et cette perte est d'autant plus importante, que l'herbe est peu abondante ou peu élevée.
Lorsqu'on coupe trop bas, c'est-à-dire qiuind 07i arase le gazon y on retarde Tapparition de la seconde pousse. ^ Les mauvais faucheurs laissent toujours apercevoir les allées qu'ils ont suivies et qui sont bordées, de chaque côté, de tiges non coupées ou fauchées trop haut et qu'on nomme gendarmes.
En général, la facilité avec laquelle opère un faucheur dépend toujours de son habileté pratique, de l'état des plantes qu'il doit couper, de la qualité de la faux, du nivellement de la prairie, etc. On ne fauche bien que quand l'herbe est encore humectée par la rosée, parce que la faux conserve mieux alors son mordant On fauche très difficilement pendant le miheu du jour, quand la chaleur est élevée, les prairies sèches peu productives.
Autant que possible, on doit attaquer l'herbe en sens contraire de son inclinaison. Sur les prairies déclives, on se dirige toujours suivant la pente de bas en haut.
De temps à autre, le faucheur suspend son travail pour aiguiser le taillant de la faux, La pierre qui lui permet de rendre la faux plus coupante plonge dans le coflSn qui contient un peu d'eau. Ce coffin est muni d'un crochet qui se fixe à la ceinture du faucheur.
Les prairies artificielles sont beaucoup plus faciles à faucher que les prairies naturelles, parce que les tiges des plantes qui les composent sont plus résistantes et qu'on les fauche toujours à 0'",02, 0™,03 et même (y^fii:, au-dessus de la couche arable.
L2k fauche est facile loi*sque le sol est uni; mais elle présente certaines difficultés lorsqu'elle a lieu sur des gazons présentant çà et là des taupinières et sur les terrains où les épierrements n'ont pas été exécutés. Quand on fauche une prairie artificielle située sur un terrain caillouteux, on est forcé de soutenir la lame de la faux pour qu'elle coupe les tiges de la luzerne, du sainfoin, du trèfle, etc., au-dessus des