Pratique du fanage
Fanage a bras. — U herbe des prairies naturelles, dans les circonstances ordinaires, reste en andains pendant deux à trois jours dans la région septentrionale.
Lorsque les andains restent longtemps intacts sous l'action d'un soleil ardent, leur surface se décolore, mais le dedans reste vert. S'ils subissent pendant quatre à six jours l'action de la pluie, leur partie supérieure prend encoi^e une teinte blanchâtre, mais l'herbe s'altère bien peu si les ondains n'ont pas été remués. Il faut des pluies abondantes et continuelles pour que l'herbe encore en andain soufire de l'humidité. Quand il survient des pluies très persistantes, on se borne à retourner les andains tous les
FANAGE. lia
deux ou trois jours, aussitôt que le vent a néché leur pivi tii' supérieure.
Quand le moment de faner est arri\é, dO^ ijui' la ro^^^e a été dissipée, alors on éparpille, on dispense l'herbe qui compose les andains sur la surface qui a été fauchée- Oe travail se fait tantôt avec la fourche, tantôt avuL^ h fancliut* Dans le cours de la journée, on agite, on retourne Therbê deux ou trois fois. Le soir, vera cinq ou bîx lieures^ un i^issemble l'herbe en petits tas coniques appeler Vffihdns^ rnilottes, loccottes, chevrottes, villotes, mullodtefi^ pour la soustraire à Faction de la rosée qui ladécohne, piii.^fjn opère un râtelage grossier avec le fauchet.
Le lendemain, quand la rosée a disparu, in\ deinoiitn lei; veilloches, on fane de nouveau l'herbe à diverses reprisea^ mais sur une surface moins grande. Le soir, on lu njet en tas deux ou trois fois plus volumineux que ceux rie Iei veille^ parce que l'herbe a déjà perdu une partie de son (/au d<^ végétation. Ces tas (fig, 22) sont alors appelés mtilorfSj mnfleiteSj meuJons, On opère encore un râtelage.
Le troisième jour, l'herbe est étendue de nouveau, mais sur une surface plus exiguë encore et en couche plus épaisse. Vers le milieu du jour, pour la soustraire à l'action du soleil, on la rassemble avec le râteau en gros rouleaux.
Lorsque l'herbe n'est pas très humide, qnand la dtssircation a été favorisée par un beau temps et un \ent Keo, la Wnest souvent assez sec pour être mis iu ur^f^ï^e xmmh dans la soirée du troisième ou au plus taxi dn ipiatri^ni^ jour.
La dessiccation de l'herbe est toujours leiUi^ iiimTid le temps est couvert, l'air humide et qu'il ue fait l^as de veut»
Dans les contré-: s méridionales, on fane h^y^ wMim^ le JHur
même où ils ont été formés, dès que leur partie supérieure est presque sèche. L*herbe qu'on fauche dans la soirée n'est fanée que le lendemain. Le soir, l'herbe est mise en veilloches.
En général, dans la région du Sud, avec une température de IG"" à l'ombre et de 35° au soleil, on transforme l'herbe en foin en deux jours. Dans cette région, du reste, le fanage n'a pas besoin d'être aussi complet que dans la région septentrionale.
L'herbe, qui comprend un grand nombre de plantes légumineuses, doit être fanée avec précaution afin que ces plantes conservent le plus possible de feuilles. Les fleurs ne tombent pas.
En résumé, on doit agir avec célérité quand l'air est chaud, sec et agité ; l'herbe à demi sèche ne doit pas rester longtemps exposée à un soleil ardent sans être remuée, agitée ou rassemblée en gros rouleaux, parce qu'une vive lumière et une température élevée lui enlèvent son arôme et une partie de ses propriétés nutritives.
L'herbe des prairies artificielles y trèfle, luzerne, sainfoin, reste aussi en andains deux à quatre jours, selon les circonstances.
Quand les andains sont à moitié secs, on les retourne sans les étendre en rapprochant deux andains l'un contre l'autre. Pendant ce travail, on change le moins possible la disposition régulière des tiges. Le lendemain, on réunit toutes les plantes en petits monceaux que l'on conserve ainsi pendant un ou deux jours. Le deuxième ou le troisième jour, on augmente un peu le volume de chaque tas.
Quand l'herbe ainsi fanée est sèche, on la met en meules sur le champ.
Le fanage des prairies artificielles impose diverses obligations aux agriculteurs. On ne doit jamais agiter le trèfle, la luzerne, etc., pendant le milieu du jour. C'est le matin
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et le soir qu'on peut déplacer ou remuer leurs tiges. Eu agissant ainsi, on évite de faire tomber un grand nombre de folioles.
Dans la région méridionale^ la luzerne, le sainfoin, arrivent promptement à un état de siccité extrême, mais cette dessiccation n'est que superficielle. Le fourrage reprend bien vite en meule l'humidité qu'il doit avoir pour ne pas devenir poudreux.
Le foin de trèfle est très brun ; le foin de luzerne bien fait est verdâtre ; le foin de sainfoin est un peu blanchâtre. Le regain des prairies naturelles se composant de plantes aqueuses, est d'une dessiccation lente et parfois très diflicile, surtout lorsqu'il survient des pluies abondantes pendant les mois de septembre et octobre.
Le regain est toujours court, fin et vert brunâtre quand il a été bien fané.
Lorsque les pluies prolongées rendent la conversion de la dernière herbe en foin très difficile, il faut, lorsqu'il est à demi sec, le stratifier avec de la paille de lonne qualité et y ajouter un peu de sel. Ce moyen simple empêche qu'il s'échauffe et il constitue un mélange que les bêtes bovines mangent avec plaisir pendant la saison hivernale.
Le regain de luzerne est moins difficile à faner. On peut aussi le faire consommer sur place par les bêtes à laine ou le stratifier avec de la paille d'avoine.
Bien fait, le regain de luzerne et le regain des prairies naturelles ont une belle couleur vert sombre et ils constituent un excellent fourrage.
Fanage mécanique. — La faneuse mécanique et le râteau à cheval sont de plus en plus en usage dans la récolte des foins, par suite de la rareté et de la chèreté de la maind'œuvre.
A. — h2b faneuse mécanique (fig. 23) se compose de deux cylindres à claire- voie montés sur deux roues et sur lesquels
sont fixés des râteaux à dents de fer qu'on abaisse ou on élève à volonté. Ces râteaux sont maintenus fixes à l'aide de ressorts en acier. Le mécanisme qui met en mouvement les râteaux est contenu dans les lanternes ou boîtes circulaires des roues.
Cet appareil est traîné par un cheval; il soulève et agite
Fig. 23. — Faneuse Nicholsou.
l'herbe qui a été fauchée jusqu'à 2 et même 3 mètres de hauteur pour l'exposer à l'action de l'air et du soleil.
Avant de mettre la faneuse en marche, on doit huiler ou graisser les pièces qui frottent les unes contre les autres, redresser les râteaux qu'on rabat toujours quand la machine ne fonctionne pas, et élever ou abaisser les cylindres porterâteaux à l'aide du mécanisme qui est situé à la partie postérieure de la limonière.
Lorsqu'on veut bien éparpiller les andains, il faut les at-
taquer perpendiculairement à leur direction, à moins qu'ils . soient peu volumineux. Quand on agit en sens inverse, les râteaux, pendant leur évolution, se débarrassent difficilement de l'herbe qu'ils ont ramassée, ils bourrent et exécutent un mauvais travail.
On fait fonctionner la faneuse les pointes des râteaux en avant toutes les fois qu'on fane de l'herbe produite par une prairie naturelle. Il est nécessaire aussi que le conducteur soit sans cesse à côté de la limonière afin d'être toujours prêt à élever ou abaisser l'appareil rotatif suivant les ondulations que présente le gazon. Les extrémités des dents des râteaux doivent être éloignées du gazon de 0"',05 à 0",06. Plus l'herbe est humide et pesante, plus les pointes des râteaux doivent être élevées au-dessus du sol. Quand la faneuse est en mouvement, les cylindres tournent dans une direction contraire à celle des roues.
Lorsque la hauteur des cylindres a été réglée, le conducteur embraye les pièces mécaniques, saisit la bride du cheval par la main droite et le conduit jusqu'à l'autre extrémité de la prairie. On doit éviter, autant que possible, de diriger la faneuse de manière que le vent pousse l'herbe sur le cheval. On répète une, deux ou trois fois la même opération dans la journée, exactement comme si le fanage était exécuté par des ouvriers ou des femmes munis de fourches.
Quand la faneuse est obstruée par l'herbe, ce qui est rare si elle est bien conduite, oh arrête le cheval et on enlève les plantes avec la main. Il est essentiel, si on veut éviter d'être blessé par les pointes des râteaux, défaire tenir l'animal par une femme ou un ouvrier. Il existe des faneuses qui possèdent un grillage vertical situé en avant des râteaux. Cet appareil (fig. 23) a pour but d'empêcher l'herbe ou le foin de tomber sur le cheval et la limonière.
Le cheval qui traîne une faneuse mécanique doit marcher au pas accéléré, c'est-à-dire parcourir un mètre en-
viron par seconde. Lorsque le sol de la prairie est très inégal, on fait conduire Tanimal par une femme ou un jeune homme et on charge le conducteur d'élever ou d'abaisser les cylindres quand cela est nécessaire.
Quand l'herbe est à demi fanée, et lorsqu'on craint de détacher un certain nombre de feuilles des légumineuses, on change le mouvement de rotation des cylindres. Alors, ces derniers tournent d'avant en arrière et changent l'herbe de place sans l'agiter violemment.
On doit toujours diriger les râteaux d'avant en arrière quand on doit faner de la luzerne, du sainfoin ou du trèfle. Ce moyen est le seul qui prévient la chute d'un très grand nombre de folioles.
L'emploi de la faneuse mécanique ne dispense pas de journaliers, mais elle rend le fanage plus expéditif et moins coûteux. Le travail qu'elle exécute fait l'admiration de ceux qui en sont témoins.
B. — Le râteau à cheval, beaucoup plus répandu que la faneuse mécanique, permet chaque soir de ramasser promptement l'herbe qui a été fanée ainsi que les tiges que les faneuses ont laissées sur le gazon et qui resteraient exposées pendant la nuit à l'action du serein et de la rosée.
Fig. 24. — Gros rouleaux de foin.
Cet instrument sert aussi pour rassembler le foin en gros rouleaux (iig. 24) lorsqu'on veut le soustraire à Faction d'une forte chaleur ou d'une vive lumière.
L^oiiSTier qui dirige uu râteau ae pltiuo un arrière des dents. En abaissaut h levier (%. "2^*), il le dèl>arnui80 prooipteniont de Therbe on du foin qn'il a ramassé*
Lorsqu'un charretier conduit pour la première fois un râteau à cheval, il doit faire diriger le clic val ipn le traîne par nn enfaût, afin de pouvoir agir plus librement &ur le levier et débarrasser le râteau de manière (pie le foin nimaBsé forme des andaina ou des lignes équidif^tantea et transversales à la direction suivie par Tinstrument, Ou peut aisément rassembler l'herbe ainsi disposée en ligues pour en faire des petits tas, en reprenant ces ligues dans le sens de leur longueur.
En général, les râteaux k elles al fonctionnent mal quand ils doivent rassembler de Tlierlje verte un peu pesante*
Fi^t SS. -- UfllLtiit av<>e awgid.
Divers râteaux à cheval sont anjotirdlnii muuis d'un siè^e situé au-dessus de la partie posEjérienre de la li* mouiètx*. C'est sur ce siège fine se place le coudueteur. Le
102 LA PRATIQUE DE L'AGRlGOLTUEE.
levier qui est k Ha portée lui permet de soulever à volonté les lien ta du râteïui.
3* — lleiilei temporatrev daai l«tt prairies.
Le séjour du foin en uieulea d'une durée temporaire est toujours^ favorable, C'est daus ces meules que le fuiu se ressuie ou qu'il /e^/e son feu et qu'il se bonifie,
Ce& meulea doivent être coniques et bien faites, parce que Bûuveut elles restent dans eet état peudanL plusieurs semaines. Lorsqu'elles ont été bien eouditiounëes, le soleil et la pluie blanchissent leur surface mais ils n'altèrent pas la qualité du foin.
On ne démonte ordinairement ces meules que qnatid le moment d'effectuer la rentrée du foin est arrivé,
Lors^iue les meules sont volumineuses et exposées à des vents violents, api'ès les avoir bien peignées avec le râteau ^ on fixe leur partie supérieure au moyen de longues cordes de foin qui partent de la partie médiane et qui se croisent sur le sommetp
Yoitu comment on faVirique ces cordes ; un {}uvrier tord nue poifçnée de foin en retirant; quand le lien a 0%50 environ de longueur, il rattiicke à Tune des dents d'un râteau que tient un autre oimïer. Alors, ce dernier s'ékiigne de la meuîe en faisant tourner un peu vivement le fauche t sur lui-même. Le premier ouvrier maintient le foin entre ses mains et ne lâche successivement que la quantité qui est nécessaire. Le lien est fait, quand il a la hnigueur voulue.
On doit éviter d'établir les meules sur lea points ori les eaux pluviales peuvent séjourner et dans les endroits oit les véhicules peuvent, en uireulant, laisser de profondes empreintes sur le gaaon.