‹ La pratique de l'agriculureChapitre 129 sur 273 · liiens · texte numérisé non relu

liiens

On lie les céréales avec leurs propres tiges ou à Taide de liens spéciaux.

Dans le premier cas, on fait de petites gerbes, moj'en qui a l'inconvénient de retarder parfois les travaux et d'occasionner une perte de grain.

Dans le second, on emploie des liens de paille de seigle, d'écorce de tilleul, des tiges de genêt à balais, etc.

Les liens de2)ciiUe de seigle sont souples et résistants loi's- (ju'on les a mouillés la veille du jour où ils doivent servir. Il en est de même des liens de tille ou de tilleul. Quant aux pousses de genêt à balais, elles ne conviennent que quand la céréale doit être battue aussitôt après la moisson, parce que en se séchant, les liens deviennent cassants.

Les liens de tille et les cordes de palmiers peuvent servir pendant plusieurs années.

MISE EN GERBES. 151

Les liens de seigle se font de trois manières : à boucle, à 9tieud et tordus. Les premiers sont les plus solides et on les fait promptement si la paille a été humectée ; les seconds cassent souvent près du nœud. Les liens tordus sont les plus difficiles à faire, mais ils sont très solides quand ils ne se détortillent pas lorsqu'on les étend sur le soL

On confectionne ces divers liens avec de la paille de seigle arrivée à maturité ou coupée après l'épiaison et qui a été préalablement triée, secouée, peignée et mise en fferbées.

Une gerdée de seigle ayant 1^,66 de circonférence et pesant 13 à 15 kilogrammes permet de fabriquer environ 100 liens à nœud droit.

liiage.

Il faut du savoir pratique pour faire une gerbe vite et bien.

Voici comment on opère :

On étend un lien sur le sol et on le garnit de 3 à 4 javelles, puis on égalise grossièrement la base des tiges et on opère ensuite le liage à la main ou à la cheville. Dans le cas du liage à la main, les épis étant placés à la gauche de l'ouvrier, ce dernier, avec la jnain droite, saisit les deux extrémités du lien, et pendant qu'il presse la céréale avec son genou, il fait une torsion de gauche à droite et passe ensuite sous le lien le nœud qu'il a ainsi formé. Lorsqu'il veut lier à la chevilU^ avec la main droite il saisit le bout du lien lé plus éloigné et avec la main gauche celui qui est le plus rapproché de lui, presse encore la gerbe avec son genou, rassemble les deux bouts, fait une torsion de gauche à droite; alors tenant le lien dans la main gauche, il prend la cheville avec la main droite, la passe sous le lien, la tourne sur elle-même pour serrer davantage ce dernier et engager

ensuite le nœud qu'il vient de former par la torsion sous le lien qui serre la céréale, puis il retire la cheville qui lui sert à donner sur le nœud un ou deux coups pour l'aplatir et augmenter sa solidité. Il termine son travail en faisant faire à la gerbe un demi-tour dans le but de s'assurer si toutes les tiges sont bien maintenues par le lien.

Dans la région septentrionale, on évite ordinairement de lier le matin de bonne heure quand la rosée est abondante.

La longueur du lien détermine souvent la grosseur de la gerbe. Les grosses gerbes ne conviennent pas dans les localités où l'air est généralement humide. Les gerbes doivent être telles qu'un homme puisse aisément les élever à bout de bras ou avec un broc. Leur régularité a des avantages incontestables.

Dans la région septentrionale, les gerbes pèsent ici, de 7 à 8 kilog., ailleurs de 10 à 12 kilogrammes. Dans la région méridionale, leur poids dépasse rarement 3 à 4 kilogrammes.

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