Hizeanx
La coutume, autrefois, exigeait que toutes les gerbes fussent mises en tas de dix dans tous les champs où la dîme avait lieu. De là le nom de dizeaux que Ton donne aux tas de gerbes que Ton fait dans les champs avant de les mettre en meules ou de les rentrer dans les granges.
Tous les dizeaux doivent être disposés en rangées régulières, afin que le chargement et la circulation des voitures soient beaucoup plus faciles.
On connaît trois sortes de dizeaux : le dizeau prismatiquBj le dizeau en croix, le dizeau circulaire ou gerberon.
Le dizeau prismatique (fig. 45) est très répandu dans les environs de Paris. Voici comment on le confectionne : on couche deux gerbes de manière que les épis de Tune
MISE EN GERBES
reposent sur les épis de l'autre. Alors on appuie sur ces deux gerbes quatre gerbes placées bien parallèlement , mais
Fig. 46. — Dizeau prismatique.
perpendiculairement; puis sur celles-ci trois autres gerbes placées en sens inverse afin que leur base couvre les épis
Fig. 46. — Dizeau eu croix.
de la première rangée. On termine le dizeau en plaçant deux gerbes, puis une gerbe. Les épis de ces trois dernières gerbes reposent sur les épis des trois gerbes formant la seconde rangée. Ces six dernières gerbes étant inclinées du
même côté, il en résulte que les eaux pluviales peuvent glisser le long des tiges et arriver sm\le sol où reposent les parties inférieures des quatre gerbes composant la première rangée.
Les dizeaux prismatiques sont parfaits quand le temps est beau ou que les pluies estivales ne sont pas persistantes.
Les dizeaux en croix (fig. 46) sont bien connus en France. Après avoir plasé deux gerbes comme dans le dizeau précédent, on en }x>se deux autres qui forment la croix. Ceci
Fig. 47. — Dizeau circulaire.
fait, on place successivement deux gerbes sur chaque bras. Ces douze gerbes ont toutes leurs épis les uns audessus des autres. Pour qu'ils ne soient pas mouillés par la pluie, on place au centre de la disposition cruciale une forte gerbe formant chapeau et dont les tiges et les épis ont été divisés en quatre parties.
Cette treizième gerbe étant droite et ayant ses épis inclinés vers le sol se ressuie facilement sous l'action du vent et du soleil.
En général , les dizeaux prismatiques et les dizeaux en croix ne protègent bien les céréales contre la pluie que
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lorsque les gerbes sont un peu fortes et qu'elles pèsent chacune de 8 à 10 kilogrammes. On doit éviter de les confectionner dans les dérayures ou les fausses raies.
Les dizeaux circulaires (fig. 47) sont faciles à établir. On dresse une gerbe sur le sol et on l'entoure de 4, 6 ou 8
autres gerbes selon leur volume, en ayant soin d'éloigner un peu leur partie inférieure de la gerbe qui occupe le centre. Dès que les gerbes ont été ainsi disposées, on couvre leurs épis avec une forte gerbe ouverte en fomre d'entonnoir, et renversée. Ce chapeau protège très bien les gerbes contre la pluie et il permet au dizeau de résister aux vents violents (fig. 48).
Les gerberons ou crouzels qu'on confectionne dans le Languedoc, le Rouergue, etc., sont de véritables petites meules ou meuleites; elles ont de 2",50 à 3 mètres de diamètre. Les gerbes au nombre de 25 à 30 ont toutes leurs épis dirigés vers le centre. On couvre chaque gerberon dont
Fig. 49. — Dizeau protégé par des gerbes inclinées.
la partie supérieure est conique avec une forte gerbe ouverteà son centre et renversée en forme de chapeau.
Tous les épis, dans les gerberons, sont bien protégés contre les oiseaux.
En général, les dizeaux ne présentent pas les avantages qu'offrent les moyettes , mais oii doit les regarder comme un excellent moyen de soustraire temporairement les ger-
MISE EN GERBES. 1,j7
bes qui vienne Dt d'èfcrc liées» à l'action d'un orage on de la
Dans diverses I oc alï tes j an s si tôt le liajLi^e exé ou tt^, on dresse longitudinale ment un eci'tain nombi'e de j^erbea les nues contre les antres en les écartiint du pied pour leur donner de la solidité. On les couvi'e alors par deux gerbes qui se tonchent par leur base et qni Êont plus on luoins inclinées
Quand des gerbes reposant sur le ho\ ont éLe mouillées par une pluie, ou les dresse trois à trois sur le champ pour les taire sécher,
4, — RllC(^lu|t^c.
DauB les ct>ntrées où le glanage n'est pas en usage et sur les expb citations éloiarnéeii des villages populeux ^ !e râteau à cheval sert souvent poîir ramasser ou rasstimbler les tiïjfes do ccréalcK qui sont restées ï,^à et là sur le sol après la mise eu gerbes. Ces tiges sont mises ensuite en bottes et ramenées à la ferme. On les bat avec le fléan ou la machine H battre.
Quoiqu'il en soit, un cultivateur doit éviter de râteler les cbamps ipi'il a moisBonné^ quand ils ont été débarrassés des gerbes qu'ils ont produites. Tl ne doit pas oublier que le glanage est inteiiîit à Taide du râteau.