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BATTAGE AU FLÉAU

Le fléau qu'on emploie pour battre à l'intérieur des graa*- ■ ges, varie peu dans sa forme. Il se compose d'un long man-" " che auquel est fixé supérieurement un rouleau en bois qofik l'on nomme datte ou verge. Ces deux parties sont réuniei" . par une chape ou couplière en cuir qui permet à la batte à^' ^ virer ou de tourner sur elle-même.

Le battage en grange (fig. 54) s'effectue sur une aire : solide ou un plancher. Lorsque le batteur commence son travail, il place une gerbe sans la délier sur le milieu de l'aire, saisit son fléau par le manche, se place à l'",5^ c"-

BATTAGE OU EGRENAGE.

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viron de la gerbe et frappe ,sur les épis sans interruption pendant quelques minutes ; puis, il là retourne sur ellemême et élève et abaisse de nouveau son fléau sur les épis. Ceci fait, il délie la gerbe et l'étend en couche mince sur l'aire.

Quand la gerbe a été ainsi écartée, le batteur se place en dehors de l'étendue qu'elle couvre, et continue le battage. D'abord, il frappe légèrement le bord des tiges étendues, afin de ne pas briser la batte du fléau ou écraser des grains; ensuite il élève le fléau de manière que la verge tournoie en l'air, abaisse cet instrument en allongeant un peu les bras , pour que la verge tombe sur la céréale aussi horizontalement que possible. Au fur et à mesure qu'il agit sur la céréale à l'aide de coups répétés et réguliers, il avance sur l'autre bord de la masse de ti^es en faisant successivement deux à trois pas sur la céréale.

Lorsque la gerbe a été battue, l'ouvrier place la verge du fléau sous son bras droit, saisit le manche avec les mains et l'engage sous les tiges pour les retourner en les faisant pivoter sur leur extrémité inférieure. Quand toutes les tiges ont été renversées sens dessus dessous et dans une direction opposée, il les bat de nouveau pour que tous les épis soient égrenés. Ce second travail exige toujours moins de temps que le premier battage. Aussitôt l'égreuage terminé, le batteur met la paille en bottes et place une nouvelle gerbe sur l'aire à battre.

Quand la menue paille devient abondante sur l'aire et qu'elle forme avec le grain une couche déjà épaisse, le batteur prend un râteau, râtelle toute l'étendue occupée par le grain et pousse les petites pailles et les balles dans un coin de l'aire ou de la grange. Quelquefois, avant de continuer le battage, il prend un sac ordinaire, le plie en deux, saisit avec les mains sa base et sa partie inférieure, l'élève et l'abaisse devant lui avec force dans le but de produire du

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vent et de chasser les balles ou menue paille en dehors de la surface occupée par le grain. On n'exécute ce nettoyage que lorsqu'on bat du froment et de Tavoine.

Le battage en grange n'est pas toujours exécuté par un seul ouvrier. Souvent les batteurs s'associent au nombre de deux ou de. quatre. Alors, ils se placent les uns devant les autres à une certaine distance et tous frappent en cadence, c'est-à-dire alternativement sur les deux gerbes qu'ils ont étendues sur Taire. Quand les uns avancent, les autres reculent, et réciproquement. En général, deux ou quatre batteurs égrènent plus de grains daçs un temps donné que lorsqu'ils travaillent isolément.

Lorsqu'un batteur cesse de travailler, il nettoie le grain qu'il a égrené, à l'aide du râteau et du sac, si ce dernier est nécessaire, et l'amoncelle dans un des coins de Taire, en se servant d'une pelle en bois. Il complète sa tâche en balayant toute l'étendue de Taire. Le grain s'accumule ainsi de jour en jour, depuis le lundi jusqu'au samedi, jour le plus ordinairement consacré au vannage et au mesurage des grains battus ; les agriculteurs n'obligent les batteurs à nettoyer et à livrer tous les jours le grain qu'ils ont égrené que lorsqu'ils doutent de leur probité ou quand la grange est mal close.

, L'avoine est la céréale que Ton bat le plus facilement ; après elle, viennent l'orge, le seigle et le froment.

Le plus ordinairement, le batteur en grange arrive à la ferme à la pointe du jour et bat jusqu'à deux ou trois heures de Taprès-midi. Le battage en grange au fléau est trop fatigant pour qu'un ouvrier puisse l'opérer chaque jour pendant 8 à 10 heures.

Le battage au fléau à l'intérieur des bâtiments a lieu dans la Beauce, la Brie, la Picardie, la Normandie, l'Alsace, la Lorraine, les Vosges, la Franche-Comté, etc..

CHAUBAGE.

Le seigle dont la paille est destinée à la fabrication des paillassons, des liens, à empailler les chaises, à couyrirles habitations, etc., se bat d'une manière particulière. Le plus ordinairement, on Tégrene sur un tonneau ou sur un chevalet. L'opération que Ton exécute alors est connue sous les noms de chaubage ou battage à la truie.

L'ouvrier chargé de cette opération prend une forte poignée de seigle, l'attache grossièrement avec une petite lanière en cuir et frappe à diverses reprises sa partie supérieure sur le milieu d'un tonneau , dans le but de l'égrener. Pendant ce travail, il la fait pivoter sur elle-même entre ses mains. Lorsque les grains ont été détachés des épis, il pose cette poignée à terre sur un endroit propre et en prend une seconde pour l'égrener de la même manière. En agissant ainsi, il ne brise pas autant les tiges que lorsque le battage a lieu au fléau.

Lorsqu'on a beaucoup de gerbes de seigle à chauber, on peut, quand on possède une machine à battre ayant une table alimentaire horizontale, soumettre successivement des poignées de seigle non battu à l'action des battes du batteur et les retirer vivement. Quand cette opération est confiée à un ouvrier intelligent, on égrène très bien le seigle et on obtient une paille qui n'a pas été froissée et qui a toute la longueur des tiges de cette céréale.

La petite culture des environs des grandes villes vend chaque année beaucoup de paille de seigle. Ne possédant pas ordinairement de machines à battre, elle bat en pointe, elle écourte ou elle ébrousse les gerbes de seigle qu'elle récolte. Elle opère ce travail en égrenant seulement avec le fléau, tous les épis des tiges les plus longues et en agissant de manière à ne pas briser les pailles.

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La paille de seigle ainsi obtenue n'est vendable que lorsqu'elle a été mise en gerhèes. Sous ce nom, on désigne une botte de paille du poids moyen de 15 kilogrammes environ, qui se compose seulement de longues tiges sèches de seigle. Cette botte est ordinairement liée avec plusieurs liens. Pour débarrasser les tiges de seigle des courtes pailles qu'elles renferment, on en prend une forte poignée qu'on saisit au dessous des épis et qu'on secoue vivement. Toutes les petites pailles et les mauvaises herbes tombent sur le sol. La poignée ainsi nettoyée est mise de côté. On continue le triage des autres tiges de la même manière. Les courtes pailles sont battues au fléau ou à la machine à battre. On les utilise ensuite comme litière.

La paille de seigle ainsi préparée est aussi désignée sous le nom de glnys.

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