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BATTAGE A LA MACHINE

Les machines à battre se propagent chaque année dans les localités ou le battage a lieu en grange. C'est la nécessité de suppléer à une main-d'œuvre de plus en plus rare et de plus en plus chère et exigeante qui conduit les cultivateurs à l'adoption du battage mécanique. La rapidité, la régularité et l'économie avec lesquelles se fait l'égrenage des céréales , rend ces machines très utiles pour une exploitation.

Le battage mécanique se fait en grange avec des rtuichines fixes (fig. 55) ou des tnachines mobiles mises en mouvement par des animaux, par la vapeur ou par une roue hydraulique.

Ces machines, le plus ordinairement, sont complètes, c'est-à-dire, sont munies de tous les appareils nécessaires pour le nettoiement et l'ensachement des grains qu'elles égrènent; quelques-unes même ont un grand cylindre

en tôle métallique pour réparation de la menue paille. Les unes battent en bout et les autres en travers ; les unes brisent la paille et les autres la conservent presque intacte. Toutes les bonnes machines à battre ont aujourd'hui un secoueur mécanique, qui sépare très bien les grains qui

Fig. 55. — Machine à battre fixe d'Albaret.

peuvent rester dans la paille par suite de leur adhérence naturelle. Ces machines cassent peu de grains.

Le service d'une machine à battre exige les ouvriers ci-après ; un engreneur, une femme qui délie les gerbes, un ou deux ouvriers qui apportent les gerbes sur la table aUmentaire, un ouvrier qui surveille les appareils nettoyeurs, remplissage des sacs et les animaux moteurs, un ou deux ouvriers chargés du bottelage de la paille qui arrive à terre à l'aide d'un plan incliné à claire-voie.

Tous ces ouvriers, suivant les exploitations, travaillent soit à la journée, soit à la tâche.

BATTAGE OU ÉGRENAGE. 173

Avant de commencer, il faut s'assurer si tous les frottements ont été graissés ou huilés et si les courroies sont bien tendues, ce qui évite des glissements.

Quand les choses ont été ainsi préparées, on met en marche la machine, mais on attend pour engrener que le batteur ait acquis sa vitesse normale. Alors Vengrenmr prend une portion de la gerbe qui est sur le tablier, à sa gauche ou à sa droite, et il la présente en bout ou en travers à l'action du batteur, suivant la disposition de la machine. L'ouvrier qui alimente une batteuse par fortes poignées, doit bien étendre ou éparpiller celles-ci sur la table alimentaire ou planche légèrement inclinée vers l'ouverture de la machine. Quand on engrène trop épais, on fatigue inutilement les animaux et le battage n'est pas toujours parfait. C'est lorsque la machine est régulièrement alimentée qu'elle opère un égrenage rapide et excellent.

L'engreneur est l'ouvrier le plus important. Il doit être intelligent, agile et laborieux. Le travail qu'il exécute est incessant et il l'oblige souvent à rester des heures entières au milieu d'un nuage de poussière. Dans diverses exploitations, l'engreneur est relayé toutes les deux heures.

Il importe au chef de l'exploitation de bien disposer les servants ou les aides pour qu'il n'y ait pas d'intermittence dans l'apport et le déliage des gerbes, afin que l'engreneur puisse faire succéder sans interruption les poignées de tiges à battre les unes aux autres. Les liens qu'on retire des gerbes sont jetés en tas sur le plancher ; ils servent au bottelage de la paille.

Les bonnes machines à battre débarrassent les pailles de toute poussière ; elles opèrent toujours un battage économique quand elles sont alimentées régulièrement et elles laissent peu de grains dans les épis. Toutes les machines fixes sont aujourd'hui des batteuses nettoyantes.

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