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DÉPIQUAGE

Le dépiquage est Tégrenage qu'on opère dans le Midi

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BATTAGE OU EGREKAGE. 175

à l'aide des pieds des animaux. Ce battage est très ancien ; il était connu, au temps des Romains, de tous les peuples du midi de l'Europe. On l'exécute en plein air, soit sur l'aire de l'exploitation, soit sur l'aire publique dont sont pourvues diverses communes du Languedoc et de la Provence. Ces aires doivent être très spacieuses, très solides, afin qu'elles deviennent le moins poudreuses possible sous l'action des pieds des animaux.

Les gerbes, du poids moyen de 5 à G kilogrammes, sont dressées ou un peu inclinées les unes contre les autres sur toute la surface de l'aire. On commence par le centre. Les liens sont coupés à mesure qu'on les place. Quand l'aire a été garnie ou que la solade est terminée, on fait arriver les chevaux qui ne sont pas ferrés mais qui sont agiles et légers.

Un rode ou rodet ou une roue se compose de 12 à 16 animaux et de deux conducteurs. Les deux tiers seulement travaillent; l'autre tiers sert à les relever. Tous les animaux sont accouplés par deux. La menade se compose de trois couples de deux chevaux.

Le chef tenant dans sa main gauche les 8 ou 1 2 guides, se place au centre de l'aire et fait marcher les animaux au pas. Quand les tiges sont abattues, il vient se placer sur un point correspondant au quart du diamètre de l'aire et marqué par le cercle ponctué 0,.0 (fig. 56) et il met les animaux au trot et leur fait décrire une circonférence. La rotation achevée, il avance de quelques pas en se maintenant toujours au milieu du rayon de l'aire et il continue à faire tourner le rode jusqu'à ce qu'il soit arrivé à son point de départ. Il répète cette série de rotations plusieurs fois. De temps à autre, avec son fouet, il stimule les chevaux paresseux ou distraits.

Le plus ordinairement, une femme munie d'un panier est chargée de ramasser les crottins produits par les animaux.

Quand la céréale a été bien foulée, on retourne la paille

avec des fourches de bois. Ce travail terminé, les chevaux reprennent le dépiquage. On répète ces deux opérations plusieurs fois dans la journée.

Lorsque les épis sont dépouillés de leurs grains, on soulève et on secoue la paille, et on l'enlève pour la mettre en meule. Alors, avec un halai de genêt d'Espagne, on balaye légèrement le grain afin de commencer son nettoyage ; puis on le réunit en tas au centre de Taire pour le nettoyer ensuite complètement et le transporter dans le grenier.

Fig. 56. — Evolutions des chevaux dans le dépiquage.

Les chevaux travaillent pendant trois heures. A chaque reprise, on les fait manger et on les laisse se reposer pendant une heure.

Une airée contenant 4,000 à 5,000 gerbes du poids de 5 à 6 kilogrammes exige, pendant une journée, 12 chevaux

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et 6 hommes pour remuer et nettoyer le grain. Ce nombre de gerbes rend en moyenne 40 à 50 hectolitres de grain.

La paille qui a été foulée est hachée ou pour mieux dire très divisée.

Sur le Cause du Rouergue, les animaux sont toujours accouplés deux par deux.

Le dépiquage onfoulaison est appelé à disparaître ; non seulement il reste souvent des grains dans les épis qui ont été imparfaitement piétines et foulés, mais les grains sont toujours malpropres, couverts de particules terreuses, ce qui oblige à les laver et à les faire sécher au soleil avant de les moudre. En outre, comme on met de très grand matin sur Taire qui est très étendue, toutes les gerbes qui doivent être égrenées dans la journée, on est parfois exposé à être surpris par des pluies d'orage. Ce sont ces inconvénients qui ont permis aux populations agricoles du Bas-Languedoc de reconnaître la supériorité du battage opéré avec une machine à battre à grand travail, sur le foulage ou le dépiquage.

Le dépiquage doit avoir lieu quand la chaleur atmosphérique est très élevée. C'est pourquoi on dit proverbialement dans le midi : Qui dépique avant la Madeleine, dépique sans peine.

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