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BATTAGE A LA MACHINE

Les machines à battre qui servent à égrener les céréales

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en plein air, sont très différentes les unes des autres. Elles sont mises en mouvement, suivant les circonstances, par des animaux ou par la vapeur.

Les unes ne sont pas nettoyantes, parce qu'elles n'ont pas de tarare ; elles séparent très imparfaitement le grain de la paille. Ces machines sont mises en mouvement par deux animaux. Elles agissent avec célérité, mais elles brisent beaucoup la paille. Les autres, mises en mouvement par la vapeur (fig. 57) ou trois à quatre animaux, compren-

Flg. 67. — Machine à Jjattre mobile Albaret, avec tarare.

nent tous les appareils nécessaires pour nettoyer les grains qu'elles égrènent. Ces dernières machines sont incontestablement supérieures aux premières. Nonobstant, les unes et les autres permettent chaque année de commencer le battage beaucoup plus tôt que lorsqu'on opère avec le fléau en plein air.

Les machines à battre qui servent à l'égrenaiçe des ce-

réaies en plein air appartiennent souvent à des entrepreneurs de hallage qui vont de ferme en ferme. Ces machines, le plus ordinairement, sont mises en mouvement par la vapeur. L'entrepreneur fournit la machine et se procure le charbon de terre dont il a besoin ; il reçoit une redevance de 0^40, 0^50 ou 0^60 par chaque hectolitre de gi'ains que la machine égrène. Le cultivateur fournit Teau et toute la main-d'œuvre que réclame le battage. C'est à lui qu'appartient la tâche de bien placer son personnel, afin que la machine soit sans cesse bien alimentée de tiges à battre , que la paille soit enlevée et transportée au paillis à mesure qu'elle sort de la machine et que le grain soit mesuré dès qu'il a été nettoyé par le tarare ou qu'il soit tarare et mesui*é, si la machine n'est pas nettoyante.

La rapidité avec laquelle agissent les machines à battre à grand travail mues par la vapeur et la nécessité de bien disposer la paille en meule, afin qu'elle se conserve jusqu'à la fin du prochain printemps, obligent à avoir 12, 16 et 18 hommes, femmes et enfants ayant chacun un poste déterminé. Il est utile, dans cette circonstance, de pouvoir disposer de deux ouvriers capables de bien remplir les fonctions d'engreneur. Alors, on les relaie d'heure en heure et le travail se continue sans interruption avec une grande rapidité. . '

Le battage exécuté avec une machine mise en mouvement par la vapeur, alors que le personnel a été bien distribué, est une opération plus animée et plus intéressante que le battage au fléau exécuté en plein air. Le bourdonnement que produisent les évolutions rapides du cylindre batteur et les sifilets que la vapeur fait entendre de temps à autre sous la volonté du chauflfëur mécanicien , excitent les travailleurs et les obhgent à redoubler d'activité, afin que la batteuse, véritable monstre dévorant, soit sans cesse alimentée. Le jour où une telle machine fonctionne, est pour

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tout le monde une véritable journée de travail, de gaîté et de plaisir.

Une batteuse solidement établie, mise en mouvement par une bonne machine à vapeur et bien alimentée par un engreneur actif et intelligent, peut battre dans une journée de 10 heures, lorsque la récolte est bonne, de 120 à 150 hectolitres de froment.

Les petites machines à battre, comme la machine à battre de Ftnet, se composent uniquement d'un tambour batteur. Le grain égrené en sort en même temps que la balle et arrive sur le sol pêle-mêle avec la menue paille, ce qui oblige à opérer ensuite un ou deux nettoyages à Taide du tarare.

La céréale pénètre dans ces appareils dans le sens de leur longueur, c'est-à-dire perpendiculairement à l'axe du batteur, c'est pourquoi on les désigne sous le nom de machine à battre en bout.

Les machines à battre plus complètes comme la machine Alharetj la machine Gumming, etc., sont appelées mmhines à battre en travers parce que la céréale y est introduite parallèlement à la direction ou à l'axe du cylindre batteur. Ces machines à battre sont munies d'un ou de plusieurs tarares et parfois d'un cylindre trieur et d'un crible cylindrique qui sépare la poussière de la menue paille. Le grain en sortant de ces dernières machines à battre est très propre et peut être livré immédiatement à la vente.

Les machines à battre mises en mouvement par la vapeur n'ont plus aujourd'hui de détracteurs. Les rares incendies qu'elles ont occasionné depuis trente ans, le petit nombre d'accidents auxquels elles donnent lieu quand elles sont bien dirigées, ont beaucoup contribué à les faire rechercher de plus en plus.

En général, les grains égrenés à l'aide d'une machine à battre complète sont exempts de pierres et de parties ter-

reuses. Toutefois, pour qu'une machine semblable fonctionne vite et bien et qu'elle opère un égrenage économique, il faut qu'elle soit bien alimentée. Dans toutes les circonstances, la bonté du travail qu'elle exécute résulte du service régulier du moteur et de son alimentation.

Les machines à battre fixes ou mobiles qui ont un ««coimtr livrent la paille bien nettoyée, c'est-à-dire exempte de poussière. Cette paille moyenne brisée est excellente pour le bétail.

Les machines à bras ont perdu depuis vingt années l'importance qu'elles avaient quand elles ont été introduites en France. De nos jours, on ne les rencontre que dans les localités oii la propriété est très divisée, où il existe de nombreuses petites exploitations. C'est à bon droit qu'on les désigne sous le nom de tue-homme.

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