Réeoltes du lin et du chanyre
Lin. — Le lin est récolté soit lorsqu'il est en fleur, soit quand ses capsules contiennent des graines presque mûres. Cette opération a lieu à la fin du printemps dans les localités où le lin d'hiver est cultivé et au milieu de l'été quand on cultive le Un de printemps.
Le lin est toujours arraché et mis aussitôt en petites bottes de plusieurs poignées, afin qu'on puisse le dresser sur le champ et le laisser ainsi exposé à l'action desséchante de l'air et de la chaleur atmosphérique. Les ouvriers chargés de cette opération doivent avoir le soin de bien séparer les plantes indigènes.
Quand les tiges sont sèches, on procède à leur égrenage, on les réunit en grosses bottes qu'on rapporte à la ferme ou qu'on met en meules sur le champ en ayant la précaution de les garantir de la pluie soit par des paillassons, soit à l'aide de bottes de paille.
Le lin qui a été arraché lorsqu'il était en fleur ne produit pas de graines.
On termine la récolte du lin en le faisant rouir à eau courante ou à eau dormante ou à la rosée.
Chanvre. — Le chanvre est dioïque. On le sème en
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avril ou mai lorsqu'on n'a plus à craindre des gelées tardives.
Les pieds mâles sont ordinairement arrachés pendant la première quinzaine d'août. Cette opération n'est pas facile et elle doit être confiée à des ouvriers habiles et intelligents, afin que les pieds femelles ne soient pas endomi^fiagés.
Le chanvre mâle après avoir été extirpé de la chenevière, est mis en petits bottes qu'on dresse sur un terrain nu ou gazonné en ayant la précaution de bien écarter la base des tiges, afin que ces mêmes bottes ne puissent être renversées par le vent.
Plus tard, lorsque les graines situées sur les pieds femelles sont mûi'es, on procède à l'arrachage de ces derniers. Cette opération ne présente aucune difficulté et elle a lieu régulièrement, puisque tous les pieds femelles doivent être récoltés. Les tiges sont aussi dressées sm* le sol en bottes plus ou moins grosses.
Quand les tiges sont presques sèches et qu'elles ont perdu unç grande partie de leurs feuilles, on procède à l'égrenage c'est-à-dire à la récolte des graines auxquelles on donne le nom de chemvis. Cette opération terminée, on opère le frïage des tiges mâles et femelles et on réunit ensemble celles qui ont à peu près la même grosseur. Puis, on s'occupe de leur rouissage qui a lieu à eau dormante ou à eau courante j suivant les localités et la filasse qu'on désire avoir.
Dans les localités où l'eau fait défaut, on fait rouir le lin et le chanvre sur des terrains engazonnés. Cette opération est connue sous le nom de rosage et elle donne toujours à la filasse plus de douceur et une nuance plus ou moins grise.