‹ La pratique de l'agriculureChapitre 160 sur 273 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES EXPLOITAJfTS.

Lee agriculteurs j depuis les temps los plus anciens, ont vté divisés très justement eu trois classes distinctes ;

r Les propriétaires-a^nculteurs,

i2" Les cultivateurs femiiers,

3" Les métujerïi ou colons parti aires.

Je dirai aussi un mot des régisseurs et des maîtres valets parce qu'ils eiiltîveut pour le compte des propriétaîren.

Le propriétaire qui ?eafc être un agriculteur sérieux doit r(!ïsîder toute Tannée sur l'exploitation t|u41 cultive. C'est luen à tort <jue divenï tenanciers cultivateurs fixent leur rcsidenee principale dans la ville la plus voisine de leura domaines. Le succès en agriculture exige la présence continuelle du chef sur Tcxploitation quMl cultive. Quiconque, en effet, veut réussir en cultivant comme propriétatre^agricultenr doit s^imposer le devoir de surveiller à chaque instant les travaux tpf il a ordonnés et ks animaux qui peuplent m vacherie, hergerie, etc. On ne doit pas oublier que Tinstrucfcion scientifique la plus éclairée, la plus complète ne remplace jamais Tœil du praticien , da cultivateur qui est sans cesse aux prises avec les difficultés.

L'agriculteur qui exploite nn domaine qui lui appartient j

tluit être sévère avœ lui-même et dû pas se laTicer dans lu caiTÎère des expériences, ni s'enthousiasmer en faveur de tel ou td système de enltnre sans l'avoir étudié au point de vue de son applicatioa et de ses i-ésultats financiers.

Les exploitations les mieux situées sont celles t|ui sont k tme faible distance d'un centre populeux, d'une f^are de chemin de fer, d'une sucrerie on d'une fé«ulerie. L^s débouchés faciles ont toujours une grande importance.

Dans les circonstances ordinaires, le propriétîiire se fait cultivateur pour retirer du capital foncier qu'il possède un intérêt satisfaisant ou pour accroître la valeur vénale de son domaine. Dans le premier cas, il n*a qn'à imiter les procédés eu Ituraux mis en pratique par les cultivateurs les plus habiles de la contrée quil habite^ sauf avec le temps et Texpérienee à modifier on perfectionner certains détails. Dans le second cas, il est agriculteur améliorateur avant tout, maïs pour bien réussir dans cette tâche^ il doit avoii'j oufci'e le capital d'exploitation rif^jonreuseînenfc indispensable, la somme nécessaire pour faire face aux dépenses qu'il a rintention de faire ou de capitaliser, c'est- à-dii-e d^ajouter à la valeur ventile du f{md dans le but d'ace roitre Sii puissance et sa fertilité, La culture améliorante n'est pas toujours fecile et avant de rcntreprendre , il faut bien connaître les défauts du sol qu'on veut modifier et supputer anssi exactement que possible le capital qu'on immobilisera. D'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'il existe des terrains dont ramclioration ne peut être entreprise (jne par la culture des essences feuillues ou résineuses. Vouloir agir autrement j ce semît s'Imposer des dépenses qui en s'accumalant d'année en année sans profit, dépasseraient bientôt la valeur foncière des meilleures terres ambles*

L'amélioration d'une terre pauvre, calcaire ou sablonneuse mais peu profonde j ne peut ébre enti-eprîse avec Tespérance d'en faire un sol productif , quVn agissant avt^c

2aH LA PRATIQUE DE L'AGRICULTURE.

une L'Strême prudence, une grande lenteur et après avoir DXîiKiÎDé dans tous ses détails le système cultural améliora- Unir <|iii lui convient le mieux. Le plus ordinairement, les I ert'c s dites mauvaises ne sont pas au début très favorables à hi. liFoduction fourragère et elles exigent des laboui*s de l>lus LU plus profonds au fur et à mesure qu'on peut ac- LToître la força des fumures. Souvent, sur les terres non caluuires mais acides, on précipite l'amélioration de la roussi le arable d'une manière remarquable en opérant de fort- rnarnages ou des chaulages à hautes doses suivis par des fumures vertes souvent répétés, et en exécutant sur les toiTt^s peu profondes à sous -sol imperméable, des travaux dVi^i^ainissement au moyen du drainage.

Tous ces travaux , on le comprend aisément , engagent des dépenses qui ne peuvent pas être soldées ou prélevées Bur It.^ capital d'exploitation.

Timtefois, il faut distinguer le propriétaii*e exploitant qui il cté fermier ou qui a séjourné pendant plusieura anîii^L'K sur une exploitation bien dirigée, du tenancier qui se d^^ihire agriculteur après avoir fait l'acquisition d'une proprii'ié. Ce dernier n'a pas ordinairement l'expérience voulu(* p(ïiir bien réussir. C'est pourquoi on constate de temps à îiiUre les revers des propriétaires qui se font agriculteurs îituiB (pie la pratique ou la connaissance du métier leur faisiUL rumplètement défaut.

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