‹ La pratique de l'agriculureChapitre 161 sur 273 · Rég^isscurs · texte numérisé non relu

Rég^isscurs

rjfrf propriétaires prudents, qui veulent avoir une grande culture lucrative s'imposent souvent l'obligation de faire valfïir avec l'aide d'un régisseur ou d'un maitre-valeL

Fi"^ régisseur d'une grande exploitation a une tâche imptx'tuute à remplir. Avant d'accepter définitivement la diiiclînn d'un domaine, il lui importe de fîiire connaître au

LES EXPLOITANTS. ÏÏi^S

propriétaire le capital qu'exigenik tmltun^ de Texploitïition dont on lui offre la rogie et qui sera engagé ; P' par le matériel; 2"* par le bétail de travail et de rente : 3"" par les tuerais ; 4'' par les saïaîrei du persoouel à gage et des journalier a et tae lierons î 5" par les denrées en magHaina. En outre, il doit indiquer par des supputations aus&i esaotea que possible, les époqutis auxquelles une partie pins on moins grande du capital d^exploitation pourra être dégagée par suite des ventes.

Tout régisseur intelligent doit éviter d'innover pendant les premières années de sa gestion. Avant d'entreprendre des changements importante, il doit étudier et le climat qu'il habite et les terres quM] cultive et les hommes qu'il doit commander.

Avant tout perfecticmnement, il doit s'occuper de la bonne confection deis fnmiers, de la récolte et de Temploî des eu^ grais liquides, de la propreté des Mtinients et des animaux de travail et de rente, de la bonne tenue des poulaillers^ de la parfeite exécution des labonrs, des lie images, etc., de l'assainissement des prairies naturelles et de leur iiTÎgation si cela est possible. De plus, il lui importe de savoir si les terres labourables out besoin d'être chaulées ou marnées et si les engluais phosphatés peuvent y être appliqués avec succès.

En (in remplaçant le propriétaire, le ré^^isseur se doit à lui-même d^exiger des charretiers, bouviers, etc*, qu'ils I>renncnt l'habitude de déïjoser les objets composant le matériel sous les hangars ou dans le^ bâtiments affectés à leur conservation.

Une ferme est bien dirigée quand Tordre régne partout, lorsque IcspaiDes, les Ibias, les combustibles, les grains, les racines , etc,, sont soumis à nue surveillance incessante et qu'il n Y a pas de gaspillages.

Dans toute fenne bien tenue, il doit y avoir une plate pour chaque chose.

*230 LA PRATIQUE DK L'A^TRICUXTUliK

Tout propriétaire qui s'intcresëé ù, la rcaHsite de son entreprise j doit imposer à son régisseur robligation de lui adi'esser chaque semaine nn résumé de.^ faits quf se sont pasi^és sur son domaine. Voici uîi modèle du buiietin h^hdonmdairû qu'il doit recevoir i

4l"'>3 samaiue dri 7 an 15 Octobre 1880.

Tpmp<>ratiirpp — Lc t^mj}^ pendant la semaine a été très favorable. La pi nie de jeudi n^a pas eu de dui-ée et n'a pas retardé les ti'avaux. Tout porte à croire que le temps va deveair froid. Je prends mes mesures en conséquence,

TraTATiiK. — On continue très activement les aemaîlles; nous avons ensemencé la semaine dernière 10 hectares en Ijlé Datteh Je pense terminer mes semis avant le 2o de ce mois. Toutes les rigoles superficielles d'asBaini&sement sont faites dans les cliamps ensemencés, — On a commencé l'arrachage des betteraves. Le produit moyen dépassera -'"rOjfK)^» kiloff. par hectare. — On a terminé la fanchaison du nmïs. Il a donné 4:iJ,o00 kilog, de fourrage vert par hectare.

État des récoltai. — Lti trèfle incarnat a un bon as]>ect Les A^esces semées en septembre sont bien levées. Le seigle est très beam Le blé le premier scméj commence k lever. Le regain de luzerne est consommé sur place par les bétea à laiïie.

ÉtJkÈ du bétail. — Les animaux continuent à être en bonne santé. J'ai vendu à M. Blanchard, boucher, un lot de *20 moutons de i^ ans, 37 fr. 5o chaque. Ces animaux étaient en Ix^n état. Le troupeau en comprend encore 140,

Aei^ifit^nti). ^^ N'eus avons perdu deux agneaux. Le vétérinaire îi'a pu déterminer la cause de ce siîiisti'e.

Fi^f^vimcL — Un des bouviei's a ruçu un coup de pied

de bœuf. Cet ECcidcnL nViiini \ya>^ d^ suite fH€heusej mais il exige un repos de quelques joiii-îj. Les autres agents sont dans de bonnes conditions.

IdlTre catste. — Voioî le résuiné de la situation financièreÉ

Kii mhs!*e nu 7 dt eo moÎ9 * *

Eeçu pouc 50 hect. do blé

Ref;u pour 3,U(>n kiL foin de luzerne. « .

Vente d'un veau * . .

Vcndti ïO Lt'CtoL de blé Dattûl pour sçîmeucc ,,,,.,,,,♦.

SE^O fr

ijOarv

Total 'J.Hrfàîr. 16

41 " ftiuille de piiyt . > ll« f r* 50 Mémoires du ruar^>-

flial . ^ ......... . 75 »

Facture n" 14 du

bouchor» ,,,».,, , Î6 75

2,000 klU charborï de

terre 70 »

Achat de 10 he4't. de

blé de Bordeaux, , ïïflO ju Aohàt de 20 kîL

huile 20 >i

irt rwfif;^^ 2,2Sîï UO

Total 2Mb Tr. ly

ir^ettte» à terme. — J'ai vendu à ]\î. tiasiMiî'd ôO hectolitres de blc mélangé au prix do 2^J fr. i'bectolitre ; — le lot de moutons dont je parle ci- des su Sj sera payé à la tin du moit*.

La recette du luit ne figure pas sur le Livre Caisse ]jar euitc de la maladie de JVL Benoît. Les 4D0 litres qui lui out été livrés seront soldés samedi prochain.

lllv«r«. ^ J'ai renouvelé cetfce semaine la police d'assurance a la Natmmile.

La réunion générale du Comice agricole aura lieu le 4 du mois prochain.

Le régisseur de Belle Ion tain e, Albert Moreac.

Ce hullctin doit être expédié très l'cgulièrement chaipie dimanche.

;>. — Fermiers.

Le fermier exploite un domaine moyennant une rente uiKiLielle en faveur du bailleur et en vertu d'un bail dont la Jurée varie ordinairement de trois à dix-huit ans.

Avant de louer un domaine, le fermier doit s'imposer la mi?^!iion d'étudier avec soin la nature des terres qui le composent et leur degré de fécondité, et de bien connaître les dlflicultés culturales qu'elles présentent à des époques déterminées et surtout pendant l'automne, à la fin de l'hiver v.t durant l'été. Il doit aussi bien se rendre compte de quelle m uni ère elles ont été exploitées par le fermier sortant penf huit les dernières années de son bail.

Si de temps à autre, on constate que des fermiers n'ont Hn^ réussi, cela tient souvent à ce qu'ils n'avaient pas suftî^^arn ment étudié les domaines qu'ils ont affermés.

Mais il ne suffit pas que le preneur soit bien pénétré des cil lises qui peuvent assurer sa réussite ou entraver sa martel it, il faut aussi qu'il obtienne un bail contenant des clau- 6vt^ I ibérales mais qui sauvegardent aussi l'intérêt du bailleur.

Lîi clause la plus importante pour un fermier est celle qui hrf permet d'adopter les cultures qui lui paraissent les plus 3«]>[n'opriées à la nature et à la fertilité des terres et aux eirtnj M ^tances économiques qui l'environnent. Cette liberté ne K<-rn jamais nuisible aux intérêts du bailleur si le bail ne jnitiieb pas au fermier de cultiver chaque année plus de la nmitié des terres labourables en céréales et en plantes indu snielles.

I )aiis les environs des grandes villes, les fermiers doivent i'aru autorisés par le bail à vendre des pailles, du foin, des rur lues, etc., à la charge par eux de rapporter sur les doirt:iiiies l'équivalent en matières fertilisantes : fumiers, lh)U06 de ville, matières fécales, etc. C'est en accordant cette

autorisation que les propriétaires auront la certitude de trouver des fermiers intelligents et ayant les capitaux nécessaires pour faire à la terre toutes les avances qu'elle exige pour être productive. On sait que les terres situées dans un rayon de 80 kilomètres environ autour des grands centres populeux, se louent toujours un prix élevé parce qu'elles sont, en général, de bonne qualité.

Enfin, les intérêts des propriétaires qui autorisent leurs fermiers à adopter la succession de cultures qui leur paraît la plus profitable, sont toujours très bien garantis quand les baux portent que le preneur sera forcé de cultiver par soles et saisons suivant V usage de la contrée, pendant les deux dernières années de leurs baux, et que toutes les pailles récoltées sur les exploitations pendant cette période biennale, ne poun'ont être exportées.

Dans bien des contrées, les fermiers n'ont pas le droit de rompre ou de défricher les prairies naturelles et les herbages sans l'autorisation du bailleur.

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