CHOIX DU DOMAINE
d'une longue période de culture. Cette règle ne comporte qu'une exception : c'est lorsque le fermier peut louer des terres à un faible prix, alors qu'il a la certitude de trouver de la marne sur le domaine ou que Texploitation est voisine de falunières, des bords de la mer riches en vase marine ^ en tangue, engoëînons ou quelle est peu éloignée de fours à chaux livrant à l'agriculture de la chaux de bonne qualité. Un fermier intelligent, progressif, réussira toujours en cultivant des terres fertiles tandis qu'il luttera souvent sans succès contre des sols de qualité très médiocre.
Les prairies artificielles ont beaucoup plus d'importance dans les plaines que les prairies naturelles, et on doit regarder comme facile à exploiter une terre sur laquelle le trèfle violet ou la luzerne composent des prairies artificielles productives. La végétation luxuriante de ces plantes fourragères indique toujours que les terres sont saines, d'une bonne consistance et fertiles. C'est sur de tels terrains qu'on obtient de bonnes récoltes de froment, de lin, de colza, etc., si on sait alterner l'emploi des fumiers et des engrais chimiques, comme le superphosphate de chaux, le nitrate de soude, etc.
Le sainfoin ou Bourgogne est aussi une plante fourragère utile sur les terres très calcaires, mais les terrains qu'il occupe n'ont jamais le degré de fécondité que possèdent les sols où végètent facilement le trèfle et la luzerne.
Il est nécessaire avant de louer un domaine dans les contrées bocagères où les champs sont séparés par des haies vives ou des clôtures en pierres sèches, d'examiner l'état des prairies naturelles ; celles qui sont situées à la base des coteaux et dans le fond des vallons, sont généralement envahies par des plantes qui indiquent qu'elles sont humides ou marécageuses. De telles prairies ont peu de valeur parce qu'elles donnent du foin plus ou moins grossier et de qualité très secondaire. Les bonnes prairies naturelles, celles
situées sur des terres saines, profondes et fertiles, sont de j^uiî^santsauxilliaires, et, par l'excellent foin qu'elles fournis;sent, elles rendent faciles et fructueuses les spéculations animales.
He ces remarques, il résulte qu'il est très utile de comliîiviii- l'étendue occupée par les bonnes prairies naturelles à lit superficie des terres labourables. Le rapport est excellent r|nimd les prairies sont aux terres arables comme 25 : 100.
Kiifin, après s'être rendu compte de la légèreté ou de la Leuacité, de la perméabilité et de la fécondité de la couche iirable et de la manière d'être du sous-sol, lé fennier doit s^H^ssurer si les bâtiments par l'étendue qu'ils occupent et leur capacité, sont en rapport avec la superficie du domaine tft. les spéculations qu'il pourra entreprendre. Il doit aussi savoir si l'exploitation a chaque jour de l'année sufiisamment d eau potable, soit qu'il existe des sources ou des puits près dis bâtiments, soit qu'on recueille dans des citernes les eiLiix pluviales qui tombent des toitures.
En général, les domaines qui ont des terres de moyenne Lonaistance et qui contiennent de l'humus et du calcaire ou qu'on peut facilement chauler ou marner, sont plus faciles, l^lus agréables à cultiver que les sols sablonneux, crayeux, B'^iiisfceux ou granitiques.
Pour terminer, j'ajouterai que l'étendue d'un domaine ([u\m a l'intention d'acheter ou de louer pour le cultiver, (Initêtre en rapport exact avec les ressources financières dont on dispose. C'est avec raison que les anciens disaient que la terre doit être plus forte que le cultivateur si ce dernier ne veut pas être ruiné.