Terrain
Les terrains sont aussi très variés ainsi que je l'ai constaté précédemment (Voir 1*^ partie, chapitre II). C'est en déterminant leurs éléments constitutifs et les proportions dans lesquelles ils existent, qu'on se rend bien compte de leurs propriétés physiques et agricoles.
Quelques cultivateurs croient encore qu'une terre est d'autant plus féconde ou favorable à l'existence des plantes utiles, quelle est foncée en couleur. Pour eux, une terre brune contient plus de parties organiques ou d'humus qu'un sol de couleur fauve. Cette manière d'apprécier la fécondité d'un terrain n'est pas toujours exacte. On ne peut oublier qu'il existe sur le diluvium des plateaux et dans les vallées traversées par les grands fleuves, des terres silicoargileuses jaunâtres d'une grande fertilité. J'observerai, eu outre, que les terrains argilo-calcaires qui ont une couleur claire par les temps de sécheresse et lorsque le soleil les éclaire, prennent toujours une teinte brune ou foncée sous l'action des pluies. Enfin j'ajouterai que les terres de bruyères et les sols tourbeux si riches en matières organiques acides, ont une nuance noirâtre et qu'ils constituent des terrains peu productifs.
Les terres d'une consistance nloyenne et qui renferment 15 à 20^ de calcaire sont d'une culture plus facile et plus économique que les terrains qui se distinguent par une grande plasticité comme les terrains des marais du Poitou ou de la Flandre ou qui sont peu profonds et qui
LE CLIMAT ET LE TERRAIN. S4a
reposent sur uii sous-sol imperméalple. Les terres très caillouteusea et celles qui reuferraeiit çà et ht des roches affleurant la surlace de la couche arable , rendent Tenferetien des instruments aratoires plus onéixiux que les terres douces ou sablonneuses ou argileuses. Cette remarque basée sur Tes périence et la pratique doit préoccuper Tagriculteur qui désire en exiiminant les terres d'an domtdne, bien se rendre compte des obstacles qu'il aura à surmonter.
Mais il ne suffit pas d'avoir constaté aussi exactement qu'on peut le faire sans le concours de T analyse j les propriétés physiques et minera lo^dquea d'un terrain ; il faut ausâi par des renseignements précis et puisés à des sources véritablement agricoles, déterminer la valeur foncière ou la valeur locative en se basant d'une part sur le rendement moyen du fromeut, et, de Tautrc, sur la production en foîu que docnc le trèfle violet ou la luzerne ou le sainfoin, légnnii rieuses qui ne sont productives que lorsqu'elles végètent dans de bu us teiTaina.
Quiconque désire prendre à ferme un domaine, doit, avant de se prononcer, étudier avec soin les clauses du bail qu'on lui propose. Ce contrat, et dans rintérct du bailleur, et dans celui du preneur, doit être rédige eu termes claire et précis. Le rédacteur doit rayer dans son pi'ojet, toutes les phi-ases qui peuvent prêter à rcquivor:[Uc et donner lieu à de% contestations juridique s entre le bailleur et le preneur. Ainsi, il n*est pas nécessaire comme on k constate dans divers bauxj de préciser de quelle manière tel ou tel terrain ôera labouré, ou marné, ou chaulé. Le preneur doit être libre de faire exécuter ses labours, ses m ar nage s, ses chaulagcs etc.j comme il le juge utile suivant son expérience.
La prise de po^ession d'un domaine ]jar un fermier ne donne pas lieu ordinairement à des oliseiTations importantes. Le nouveau cultivateur reçoit de Tanciea, soit le quarfc^ soit le tiers, soit la moitié de retendue totale des
terrés labourables à une époque fixée, mais variable, suivant Ir^ contrées. Puis, à un moment donné prescrit par le bail, on lui remet à titre d'ensouchement, une quantité soit de fuin et de paille et de fumier, soit de paille et de fumier, ^[iiaiitité qu'il doit vérifier puisqu'il devra la rendre à la fin de ^.oR bail. Enfin, dans diverses contrées, le fermier sortant est tenu de livrer au fermier entrant tant d'hectares emblavè^ LU froment d'automne sur jachère fumée. Le fermier entrant à tout intérêt à bien s'assurer de quelle manière la jauhère a été préparée et fumée et comment la semaille a été f xécutée. Il ne doit pas être forcé de prendre à sa charge dtB travaux culturaux dont l'exécution serait très imparfaite. L'usage du reste, dans diverses contrées, l'autorise à gi^nfiler par écrit au. bailleur les remarques qu'il a fait constata i par experts, surtout quand il a reconnu que les terres etn^ilavées qu'il doit accepter sont les plus pauvres du dtïiiiaiae et qu'elles n'ont pas reçu la fumure qu'on applique 01 il i ] Ltiirement dans la contrée sur les jachères bien préparées. L*OB terres les plus rebelles, celles qui sont les plus diffiuilos à cultiver et qui exigent les avances les plus fortes, 8DUt^ celles qui sont très sableuses, très granitiques, très L^nijenses ou d'une grande plasticité. Dans la plupart des CîiK , ces mauvais terrains doivent être utilisés par des essences forestières. Le bouleau, le châtaignier, l'ailante. Je pin maritime, etc., végètent très bien sur les sols siliceux pau- \i.-{i^. C'est à l'aide du pin Sylvestre, du pin noir d'Autriche, dti pin d'Alep, du saule marceau, de l'acacia, de l'orme, du uytiKôj etc., qu'on parvient à boiser les terrains très calcaires ou cniyeux.