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Animaux de trairai! ou de trait

L'exploitation qui a beaucoup de transports à effectuer sur les routes, a intérêt à posséder des chevaux, parce que ces animaux ont une marche plus accélérée que les bœufs et qu'on les conduit, les dirige plus aisément à l'intérieur des villes et des bourgades ; mais elle ne doit pas oublier que les dépenses annuelles (nourriture, ferrure, entretien des harnais), occasionnées par ces animaux, sont beaucoup plus élevées que celles qu'exigent les bœufs. J'ajouterai que le cheval, arrivé à l'âge de quatre à cinq ans, perd annuellement de sa valeur commerciale alors que le bœuf la conserve toujours, à moins qu'il devienne maladif.

Le cheval est supérieur au bœuf quand il s'agit d'effectuer des semailles à l'aide d'un semoir, des binages avec la

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houe à cheval, des fauchaisons avec la faucheuse mécanique, etc. En général, toutes les machines qui exigent de la part des animaux de trait une certaine vitesse ou une marche très régulière, fonctionnent mieux quand elles sont mises en mouvement par des chevaux que lorsqu'elles sont traînées par des bœufs. Par contre, le bœuf est un excellent animal de trait quand on l'attèle à une charrue, à un rouleau sur une terre argileuse ou metteuse, c'est-à-dire à des instruments qui exigent de la force et qui doivent fonctionner avec une certaine lenteur.

Il y a cinquante ans, les bœufs étaient rares dans la Brie, la Beauce, la Picardie, etc., comme animaux de travail. De nos jours, toutes les fermes en possèdent, parce qu'elles ont reconnu par expérience que l'emploi de ces animaux est véritablement économique. Les bœufs qu'on y utilise viennent du Centre et de l'Ouest de la France. On les achète dans les foires qui ont lieu dans ces régions à des époques variables. Le bœuf charolais est plus fort, plus développé que le bœuf vendéen ou nantais, mais ce dernier possède sans contredit une plus grande énergie relative. Le bœuf normand n'y est utilisé que très accidentellement. On le regarde comme inférieur aux précédents et au bœuf comtois. Le bœuf de Salers est un animal d'une grande énergie/mais il reste ordinairement dans le Poitou, les Marches et le Berry . On le rencontre rarement dans les foires où les Briards, les Picards et les Beaucerons vont s'approvisionner.

La plupart des bœufs qu'on rencontre dans les grandes exploitations des départements voisins de Paris, sont conduits par des bouviers qui appartiennent aux contrées dans lesquelles ces animaux ont été achetés. Ces laboureurs sont généralement très adroits et très dociles. Les gages qu'ils reçoivent sont beaucoup plus élevés que ceux qu'ils auraient obtenus s'ils étaient restés dans leur pays, parce qu'ils se lèvent plus tôt et travaillent plus tard.

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Le bœuf est très estimé dans les régions de l'Ouest, de TEst et du Centre de la France. Par suite des nombreuses foires qu'on y observe, on le vend et on le remplace par des animaux plus jeunes dans le but de réaliser un bénéfice. Ces transactions expliquent pourquoi les foires y ont souvent une grande importance à la fin de l'hiver, au milieu de rété ou au commencement de J'automne.

Dans toutes les contrées où le bœuf est le principal animal de trait, on vend après les semailles d'automne ceux qu'on ne peut pas hiverner faute de nourriture et on livre à la vente les bœufe les plus âgés à la fin de l'hiver, lorsque les herbagers conmiencent à acheter des hœufs ^embouche. Ces derniers animaux, sans être très en chair, sont cependant dans un bon état. On les vend souvent à des prix satisfaisants.

Dans la Brie, la Beauce, etc., les bœufs de réforme sont engraissés sur les exploitations où ils ont été utilisés comme animaux de travail.

Le mulet est un animal de trait très précieux. On l'utilise avec un plein succès dans les régions du Sud- Ouest et du Sud. Il a sur le cheval l'avantage de bien supporter les grandes chaleurs, d'avoir le pied solide, d'être peu sujet aux maladies et de ne pas exiger autant d'aliments que les bêtes chevalines. Il est très répandu dans les contrées viticoles du Languedoc et de la Provence. Les belles mules du Poitou ont une valeur vénale assez élevée.

Dans les circonstances ordinaires, on compte que pour faire exécuter facilement les travaux et les transports qui incombent aux animaux de trait, il faut, en moyenne, un attelage de chevaux ou de bœufe par 25 à 30 hectares de terres labourables y compris les prairies naturelles. Autrefois, quand la jachère était en usage, on comptait un attelage de 2 à 3 chevaux par 40 hectares.

L'^we est répandu dans les pays vignobles et de petite

culture. Cet animal, si remarquable par sa rusticité, sa sobriété, son excellent tempérament, rend de grands services dans une exploitation ayant une certaine étendue. On l'utilise pour aller chercher des fourrages verts, pour conduire des semences et des liens dans les champs, pour aller au village voisin. Sa conduite est facile et il traîne aisément une petite charrette. Dans bien des cas, il évite de déranger un attelage quand il est question d'opérer de petits charrois.

On peut, au besoin, le remplacer par un petit cheval.

Dans la région de l'Est, le bœuf portant un joug simple ou un collier traîne souvent seul un chariot. Dans les fermes où il existe de grandes vacheries, on utilise parfois delà même manière les taureaux pour aller chercher du fourrage vert. Ce travail leur est salutaire et les rend toujours plus dociles.

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