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Animaux de rente

Les spéculations animales varient, comme les assolements, selon les circonstances économiques au milieu desquelles l'exploitation est située.

Dans un rayon plus ou moins grand autour des centres populeux, on spécule souvent avec profit sur la production et la vente du lait en nature. Cette industrie est surtout très facile quand on peut expédier ce produit par une voie ferrée ; mais pour que cette spéculation soit réellement lucrative, il est indispensable de posséder une vacherie très bien disposée parfaitement aérée et éclairée et garnie de belles vaches laitières, et d'avoir, en outre, à sa disposition, depuis le mois de mai jusqu'en octobre, des fourrages verts d'excellente qualité et en abondance; et pendant la saison hivernale, des betteraves, du foin de bonne qualité et des faiineux en quantité suffisante. Les vaches auxquelles on demande beau-

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coup de lait de parfaite qualité, doivent être abondamment nourries et tennes très proprement.

Les meilleures laitières sont dérivées des races normande, hollandaise, flamande, tarentaise et schwitz. Ces animaux, ' suivant les contrées et les ressources dont dispose l'exploitant, vivent en stabulation complète ou en stabulation mixte. Dans le premier cas, elles résident constamment dans les vacheries et n'en sortent qu'une fois par jour, pendant une heure environ, pour s'abreuver et respirer un air pur. Dans le second cas, elles vivent constamment pendant la belle saison dans les herbages et séjournent l'hiver dans les vacheries. Parfois, les vaches sont confinées la nuit et pendant le milieu du jour dans les étables, et le matin et l'aprèsmidi dans les pâturages ou les pâtures grasses.

Chaque matin, de très bonne heure, quand elles séjournent dans les étables, le vacher avec la brosse, l'étrille et l'éponge, leur donne les soins que la propreté exige. Les traites ont lieu ordinairement deux fois par jour, à des heures qui varient suivant le moment où le lait est livré à la vente.

Dans cette spéculation, on réforme les vaches trop âgées ou réputées mauvaises laitières et on les remplace par desvaches très avancées en gestation et dites amouillantes. Ces animaux sont achetés dans les fermes. Il est vrai qu'en agissant ainsi, on les paie toujours plus cher que dans les foires, mais on évite d'introduire sur l'exploitation des vaches qui ont été livrées à la vente parce qu'elles étaient des laitières très secondaires.

Les veaux qui naissent sont généralement vendus pendant les 10 à 12 jours qui suivent leur naissance à des nourrisseura qui spéculent sur leur engraissement en prenant toutes les précautions voulues pour qu'ils tombent blancs à l'abattage ou en évitant à l'aide d'une muselière en osier qu'ils mangent du foin ou de la paille. Leur engraissement

dure de 8 à 4 mois efc constitue une industrie spéciale dans le Gâtinais et le Vexin français.

Lorsque le lait de la traite du matin ne doit être expédié que le soir, on le verse dans des vases en fer battu et étamé qu'on met à rafraîchir dans des bacs alimentés par une eau fraîche. De temps à autre, on agite le lait pour empêcher la montée de la crème et pouvoir le mêler au lait provenant de la traite du soir.

Cette industrie du lait engage un capital assez élevé.

U élevage de V espèce bovine est plus simple, mais il exige aussi des bâtiments assez importants, puis des pâtui*es de bonne qualité ou des pâturages artificiels. Les veaux, à leur naissance, restent près de leur mère, ou ils sont confinés de suite dans des cases ou petits paddocks et abreuvés à l'aide du doigt. Dans le premier cas, ils sont attachés ; dans le second, ils vivent en liberté.

La durée moyenne de la gestation chez la vache est de 280 jours. Une vache est bonne laitière quand elle donne, en moyenne, 8 litres de lait par jour.

Les naissances, le plus ordinairement, ont lieu en hiver, afin que les veaux, au mois de mai, soient âgés de 4 à 5 mois et qu'on puisse les confiner nuit et jour dans les pâturages pendant la belle saison. A l'automne suivant, on sépare les sexes et on vend les bouvillons et les génisses qu'on ne veut ou qu'on ne peut pas hiverner par suite de l'exigiiité des bâtiments. Dans diverses localités, on ne vend les belles génisses qu'à l'âge de 2 à 3 ans, quand elles sont en gestation. Les jeunes bœufs ne sont souvent vendus que quand ils ont été accouplés et qu'ils ont porté le joug.

Quiconque veut réussir dans cette spéculation, ne doit pas oublier que les accouplements ou les croisements bien compris ont une grande influence sur la conformation des animaux quand ceux-ci sont abondamment nourris pendant la première année et surtout au moment où ils sont sevrés.

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Les exploitations où les terres ont une grande valeur foncière ou locative, n'ont pas intérêt à se livrer à l'élevage de l'espèce bovine, à moins qu'elles ne possèdent des pâtures grasses, closes par des haies vives.

L'engraissement des bêtes bovines adultes a un avantage sur rélevage, en ce qu'il permet de dégager et d'engager successivement les mêmes capitaux dans l'espace d'une année, ce qui procure parfois d'importants bénéfices. Cette spéculation a lieu suivant deux procédés :

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