A retable durant l'automne et l'hiver
C'est à la pousse de l'herbe, en mars ou avril, suivant les terrains et les années, qu'on commence à confiner dans les herbages clos par des haies vives ou des canaux infranchissables, les bœufs qu'on a achetés dans les foires, en février ou mars. Ces animaux y vivent nuit et jour. On les remplace, ' quand on les vend, pai d'autres animaux. Ceux qui proviennent de la dernière remise n'engi'aissent pas toujours suffisamment pour être vendus en octobre, avant l'apparition des fortes gelées blanches ou des premières gelées à glace. Alors on les retire des herbages pour terminer leur engraissement à l'étable.
Cette industrie n'est véritablement lucrative, que quand on sait très bien acheter et très bien vendre. Chaque jour, l'herbager visite les animaux qu'il a confinés dans ses herbages afin de s'assurer de leur état de santé.
L'engraissement à l'étable "a lieu un peu partout, mais principalement dans l'Anjou, la Vendée et le Limousin. Les bœufs qu'on engraisse ainsi, ont ordinairement pâturé en septembre ou octobre le regain des prairies. Quand ils sont suffisamment embauchés, on les confine dans des étables coti- . tiguës aux granges et on leur donne des raves, des feuilles de choux, du foin, etc. Ils vivent dans l'obscurité et une tranquillité complètes. Les repas sont longs parce qu'on les ali-
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mente petit à petit pour éviter des indigestions ou des météorisations. On les livre à la vente vers la fin de l'hiver.
Dans la région Nord-Ouest, les bœufs de travail qu'on réforme, sont engraissés avec de la pulpe de distillerie ou de sucrerie à laquelle sont alliés de la balle de blé ou du foin haché et du tourteau.
Les spéculations sur les bêtes à laine varient aussi suivant les contrées et les systèmes de culture. Ici on élève, ailleurs on entretient, plus loin on engraisse.
Dans les pays de plaines de la zone septentrionale, les exploitations à moutons qui ont adopté l'élevage, multiplient le mérinos, ou le dishley-mérinos, ou le southdown solognot, ou le berrichon. Ailleurs, on conserve les races ovines indigènes de petite ou de moyenne taille. Dans le Midi, les animaux qui composent les troupeaux, appartiennent généralement aux races mérinos, métis mérinos ou barbarine.
Les troupeaux de la Provence et du Languedoc sont pour la plupart soumis à la transhumance pendant la belle saison. C'est en mai qu'ils quittent les plaines pour se rendre sur les montagnes de la Provence, du Dauphiné, des Cévennes et des Pyrénées ; et c'est en septembre ou octobre qu'a lieu leur retour.
Les fermes qui, dans les pays de plaines, spéculent à la fois sur Ventretien et V engraissement, achètent des antenais ou des moutons de deux à trois ans et demi avant ou après la tonte, pour les faire parquer Jusqu'en automne sur les jachères ou sur les terres qui ont porté des fourrages annuels. Ces animaux pâturent, après la moisson, sur les chaumes et plus tard ils consomment sur place les collets de betteraves et les regains des prairies artificielles. Pendant l'hiver, on les engraisse avec de la pulpe sortant des distilleries ou des sucreries, ou on leur donne des betteraves hachées qui ont fermenté pendant quarante -huit heures