LA DIRECTION D'UNE EXPLOITATION
peut cultiver, ragriculteur arrête, la veille, les travaux du lendemain, après avoir consulté le baromètre. C'est chaque jour, le soir, après la rentrée des attelages et quand il est bien renseigné sur les travaux exécutés pendant la journée , qu'il indique ceux du lendemain, sauf à modifier les ordres donnés avant le départ des attelages s'il est survenu pendant la nuit un changement de temps en bien ou en mal.
Dans les grandes exploitations, c'est au commis, ou au chef charretier, ou au bouvier maître que l'exploitant fait connaître ses décisions. Ces agents les transmettent aux gagistes qui sont placés sous leur surveillance. Quoiqu'il en soit, cette manière d'agir ne le dispense pas, au moment de la fenaison, de la moisson, des semailles ou des grands travaux, d'assister le matin et à une heure de l'après-midi, au départ des attelages.
Le cultivateur doit bien réfléchir avant de se prononcer; celui qui tergiverse dans ses décisions n'a jamais sur le personnel l'autorité qu'il doit impérieusement posséder- Savoir commander aux hommes est une tâche qui n'est pas toujours facile et qui demande beaucoup de tact, de fermeté et d'intelligence. L'indécision est ce que l'ouvrier méprise le plus.
Mais il ne suffit pas au chef d'une exploitation de savoir bien ordonner les travaux en temps utile, il doit aussi s'imposer la tâche de voir par lui-même comment les attelages et les ouvriers les exécutent. Toutefois, s'il est nécessaire, indispensable même qu'il visite souvent les champs qui composent sa ferme, il est très utile aussi qu'il évite de faire ses tournées toujours aux mêmes heures et suivant les mêmes itinéraires.
Les travaux les plus importants, ceux qui doivent sans cesse préoccuper son esprit, sont la fertilisation des terres labourables, les semailles autonoinales et printanières, la fenaison, la moisson, la récolte des tubercules et des racines,
le battage et la conservation des grains. C'est en comparant les travaux exécutés, c'est en suivant avec soin les diverses phases d'existence des plantes cultivées, qu'il parvient à savoir si les semailles de telle ou telle plante doivent être faites plus tôt ou plus tardivement ou si tel ou tel procédé cultural doit être modifié.
Pour tous les travaux : conduite ou application des fumiers, semailles, récoltes, etc., il est de son intérêt de prendre toutes les mesures voulues pour que leur exécution ne laisse rien à désirer et qu'elle soit faite avec une grande célérité, afin que ni les animaux ni les hommes ne restent un instant inoccupés.
Il lui importe surtout de prévoir un peu à l'avance, autant que peut le faire un observateur sérieux et éclairé, et le temps, et les travaux à exécuter, afin de pouvoir toujours occuper, et les animaux, et les gagistes. C'est pourquoi il doit réserver, quand cela est possible, certains travaux d'extérieur ou d'intérieur pour les jours de pluie, de gelée et de neige.
La durée de la journée des gagistes est toujours plus longue que celle des journaliers. Les premiers commencent leur tâche au petit jour pour la terminer à la tombée de la nuit. Comme il est indispensable que les animaux de travail prennent leur premier repas de très bonne heure, afin qu'ils puissent arriver dans les champs lorsque le soleil apparaît à l'horizon, les charretiers et les bouviers se lèvent à quatre heures du matin en été et à cinq heures en hiver. Aussi est-il très utile que l'exploitant ou le commis s'assurent chaque matin si les gagistes se lèvent à l'heure fixée et s'occupent de soigner ou panser les animaux qui leur ont été confiés. On ne doit être tolérant que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, à moins que ces agents aient travaillé fort tard, la veille, comme cela arrive quelquefois pendant la moisson, lorsqu'on redoute un \iolent orage.