‹ La pratique de l'agriculureChapitre 195 sur 273 · CONSERVATION ET VENTE DES PRODUITS · texte numérisé non relu

CONSERVATION ET VENTE DES PRODUITS

La conservation des produits végétaux est facile pour un cultivateur intelligent , quand il a à sa disposition d'excellents locaux, c'est-à-dire des granges bien saines et des greniers bien aérés. Mais il ne suffit pas de savoir bien conserver les foins, les grains, le houblon, etc., il faut surtout être habile à les convertir en temps voulu en argent, car le plus difficile est de déterminer le moment où il est avantageux de les livrer à la vente.

Le chef de Fexploitation ne doit pas oublier que tous les produits végétaux perdent avec le temps, et de leur poids , et de leur fraîcheur. De plus, il doit se rappeler sans cesse que les denrées conservées trop longtemps en magasin et sans nécessité, représentent un capital mort ou un capital qui ne rapporte aucun intérêt.

La vente des denrées agricoles constitue un art que tous les cultivateurs ne possèdent pas et qui ne s'acquiert que par la pratique. De là, la nécessité pour le chef d'une exploition de se tenir au courant, à l'aide à^MR journal spécial, des fluctuations commerciales des denrées agricoles et des prix du bétail.

La vente des animaux domestiques exige aussi des aptitudes spéciales. Le cultivateur ne doit jamais oublier que le bétail de travail et de rente a toujours moins de valeur sur les marchés au milieu de l'été, après les semailles ou à

la descente des pâturages montagneux que vers la fin de l'hiver ou à la pousse de l'herbe. Les cultivateurs qui hivernent beaucoup plus d'animaux que le permettent leurs, ressources fourragères, font toujours une opération peu lucrative quand ils ne supportent pas des pertes importantes.

Quiconque veut spéculer avantageusement sur le bétail, ne doit pas craindre d'endosser la blouse et de se faire maquignon.

Les propriétaires agriculteurs qui achètent les animaux dont ils ont besoin ou qui vendent ceux qu'ils ont élevés et engraissés, ont souvent pour aide ou intermédiaire un paysan madré ou rusé qui est chargé d'obtenir, en buvant avec le vendeur ou l'acheteur, une modification plus ou moins importante sur les prix demandés.

Les ventes ont lieu comme suit :

A V hectolitre ou au quintal métrique ^ les grains alimentaires et les pommes de terre.

A V hectolitre, les graines légumineuses, les semences oléagineuses, l'alcool, le vin et le cidre.

Au quintal métrique, les plantes textiles et tinctoriales, les graines fourragères, le sucre, la mélasse, les fromages à pâte ferme.

Aux 100 Jcilogr, ou au cent de hottes, les foins et les pailles.

Aux 50 kilogrammes, les tiges du chanvre et les cônes de houblon.

Aux 100 Mloiir, ou à la densité, les betteraves sucrières.

A l'unité, à la douzaine ou au cent, les fromages à pâte molle et les œufs.

A V unité ou au kilogramme sur pied, les animaux domestiques.

Le cultivateur achète le son, les tourteaux, les engrais chimiques au (juintal métrique.

On a recours quelquefois dans les transactions agricoles

CONSERVATION ET VENTE DES PRODUITS. Jlill

à des fraudes assez nombreuses. Je crois utile de av^nnler les principales. Ainsi, dans le but de donner atix vieilles semences de trèfle incarnat, luzerne, lupuline, rU:.. l'aspect qu'elles possèdent quand elles sont nouvelles, oti les soumet à l'action de Vacide sulfureux et de Vhfolf d^ olive. Cette fraude les rend moins foncées en cou I émet elle leur donne du brillant. Parfois, on ajoute uux graines de trèfle et de luzerne du sable très fin privé de parties terreuses afin de les rendre plus pesantes. Lorsiju'oîi vend l'avoine à la mesure, on la dépose une huitaine de joufïî avant le moment de la livrer, dans un local un peu frais, afin qu'elle gonfle et augmente de volume. Enfin, qn:iTnl on vend des grains à l'hectolitre, il ne faut pas permetti c a l'agent de l'acheteur qui tient le sac, de secouer ce dernier sur le plancher, pendant qu'on remplit le double décaI^tlL^ dans le but d'y tasser le grain qu'on y verse. En agisFunt ainsi, il ébranle la mesure sans y toucher, ce qui fait tass^n" le grain au détriment du vendeur.

Quand on veut donner aux bêtes bovines et même aux bêtes chevalines un embonpoint factice au moment où on les met en vente, on leur administre pendant un moh un six semaines du sene-grain on fenu-grec , semence légumineuse à odeur de mélilot qui a pour effet de boursouttL^r temporairement le tissu cellulaire sous-cutané. C'est pourquoi quand on vise ou on examine les aniniaux qu'on >(: propose d'acheter, on les fait un peu courir pour les Mw. fienter et savoir, en examinant les déjections, si on hxw \i donné du fenu-grec. L'antimoine peut remplacer cettu graine. Enfin , quelquefois avant de livrer des bœufs gras vendus au poids, on leur administre beaucoup de sonfmii' ou mouillé, aliment qui rempHt le rumen et augmentti h poids brut de 10 à 20 kilogrammes par tête.

Page 1