SARCLAGES
ter à la ferme si elles peuvent et doivent être données au bétail.
Les vesces (45,46,47 et 85), si nuisibles aux céréales, ne s'arrachent pas aisément quand on sarcle les blés ; à cette époque, ces plantes sont généralement grêles et peu élevées.
Le lin et la carotte sont peut-être les plantes qui sont les plus difficiles à sarcler, parce qu'elles ont une jeunesse laborieuse et qu'elles se laissent facilement envahir par les mauvaises herbes. Toutefois , les carottes étant toujours semées en lignes distantes les unes des autres de 0",40 à 0™,50, il s'ensuit que les femmes ne causent pas ordinairement de grands dommages à ces plantes fourragères. Il n'en est pas de même dans la culture du lin et du chanvre, plantes textiles qu'on sème toujours à la volée. Il est très important que les femmes ou les enfants aient pour chaussure des chaussons ou qu'ils marchent pieds nus, afin de ne pas écraser çà et là, des plantes qui sont encore très molles ou très herbacées. Dans les départements du Nord, les femmes qui sarclent le lin sont ordinairement agenouillées. Cette manière d'agir n'a aucune conséquence fâcheuse.
Le sarclage du lin est souvent une opération très coûteuse, mais indispensable. Cette opération est difficile dans les chenevières; c'est pourquoi il est très utile de ne cultiver le chanvre que sur des terres d'une grande propreté.
Dans les terres bien cultivées et les années ordinaires, 6 à 8 journées de femmes sont nécessaires pour sarcler un l^ectare de froment ou d'avoine. On compte qu'il en faut souvent de 15 à 20 pour opérer le même travail dans les cultures de lin qui sont très bien faites.