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CHAPITRE IIL

ARRACHAGE OU PIOCHAGE.

On détruit les chardons (49), les patiences (75), le pas â!âne (84), etc., en les arrachant.

A. — L'opération qui a pour but principal la destruction des chaixions est connue sous le nom ^èchardonnage. On l'exécute particulièrement dans les pays calcaires ou dans les champs qui ont été marnés ou chaulés où les chardons sont ordinairement très abondants.

Pour échardomier^ on se sert d'une sorte de houlette appelée èchardonnoir ou èchardonnette, ou d'une tenaille en bois ou en fer, dite monette,

L'échardonnoir est une longue et forte spatule aciérée, munie latéralement d'un crochet qui permet d'extirper les chardons qui ont été coupés à l'intérieur du sol. Cet outil est sans contredit l'échardonnoir le plus facile à manier et celui qui donne les meilleurs résultats. Il faut n'avoir jamais échardonné avec la tenaille pour la recommander aux agriculteurs.

M. Prangé a imaginé un èchardonnoir fourchu (fig. 1) ayant la forme d'un V renversé. Le bord intérieur de chaque branche est en bizeau et légèrement denté. Cet èchardonnoir est très solide ; on doit le préférer à l'échardonnoir en spatule, quand il est question de détruire des chardons dans une terre forte ou argileuse. Il éraille, il déchire profondément les fibres de la tige souterraine et sépare celle-ci de la racine proprement dite.

ARRACHAGE OU PIOCHAGE.

C'est en février, mars, avril et quelquefois en mai, suivant les latitudes, qu'on opère Péchardonnage dans les céréales d'hiver ou de printemps. A ce moment, les chardons sont très visibles parce qu'ils ont poussé et drageonné. On ne doit pas attendre le moment où leurs tiges s'élèvent et portent des fleurs pour les arracher.

Pour opérer la destruction de ces maudites plantes, l'ouvrier se tient debout, suit une ligne droite et lorsqu'il aperçoit à sa portée, soit à droite, soit à gauche, un chardon , il implante obliquement dans le sol, la lame de l'échardonnoir à 0"*,10 ou 0", 15 de la plante qu'il veut anéantir, afin de couper sa tige souterraine bien audessous de son collet. Ceci fait, considérant le manche de la houlette comme un levier, il l'abaisse vers le sol et en arrière; alors, très rapidement , il soulève hors de terre la partie supérieure de la plante. Au besoin, il peut se servir du crochet qui est fixé à la douille de l'échardonnoir, pour exécuter cette dernière opération.

Les échardonneurs qui ont la main droite armée d'un gros gant, arrachent avec la main les chardons à mesure qu'ils les coupent.

Dans les deux cas, on laisse les chardons sur le sol, pour qu'ils se fanent et périssent promptement sous l'action du soleil.

On peut aussi détruire les chardons à fourchu.

l'aide des façons qu'on opère dans les jachères; mais alors, il est bien utile d'exécuter au milieu de

48 LA PEATIQUE DE L'AGBICULTURE.

Tété OE labour un i^^cu profond et de faire suivre la charrue jfât des femmes ou des enfants, chargés de réunir en tas les plantes qui ont été déracinées et ramenées à la surface de la couche amljle et mises à nu par un ou deux hersages.

Les binages bien exécutés modèrent évidemment la végétation des chardons ; mais ils ne les détruisent pas ou en ânéantifiecnt bien peu, parce que leur action se fait sentir trop superficiellement.

Lea chardons sont des plantes très nuisibles, surtout lorsqu'on lea rencontre dans les céréales ou les prairies artificielles. Ils étouffent plus ou moins le froment, Torge, Tavoine, etc ils épuisent le sol, ils blessent souvent les moissonneurs j enfin, ils nuisent beaucoup à la vente ou à remploi dti foin ou de la paille, comme aliment.

B. ^ li^^ patiences, à cause de leurs longues et fortes racineg, ne î>euvent (Ure détruites que par l'arrachage. Ni les binages y ni les labours ne peuvent les anéantir ; aussi tout agriculteur qui veut détruire ces mauvaises plantes, doit faire suivre la charrue par des ouvriers armés d'une pioche (fig. 2) et par des femmes ou des enfants ayant des paniers.

Fig. 2. — Pioche.

Les premier» ari'achent les racines de patience, qu'ils aperçoivent dans le fond des raies ouvertes par la charrue ; les seconds raillassent toutes les plantes qui ont été déracinées par le labour et les ouvriers, pour les déposer sur un endroit oii elles ix>urront sécher et être ensuite incinérées. Cette opération doit se faire pendant les mois de juin, juillet et août.

ARRACHAGE OU PIOCHAGE. 4P

Un hersage énergique exécuté après le labour met mu* vent à découvert un certain nombre de racines de patience.

Les patiences produisent beaucoup de semences qui sont légères et que le vent disperse aisément. Il est très im]ïortant de ne pas les laisser grainer dans les terres labouial>ka et les prairies artificielles.

C. — Le pas cPâne ne peut être bien détruit que par le piochage.

C'est en août et septembre, quand on donne le second labour à la jachère, qu'on peut exécuter cette importiiute opération avec succès.

Le tussilage ou pas d'âne a une souche épaisse, brune, rameuse et traçante. Chaque morceau de ses racines donne naissance à une nouvelle plante. Par l'arrachage, on évite les inconvénients que présentent les labours et les hereiiges. Dans beaucoup de cas, ces opérations ont le défaut de diviser les racines.

Il ne faut pas oublier que cette mauvaise plante w cantonne ordinairement à la base de coteaux humides et sutles points où existent des bancs d'argile calcarifère.

Le pas d'âne est parfois une plante très nuisible et trt'îî difficile à détruire.

D. — Le grand liseron ou liseron des haies est très dîflicile à détuire dans les oseraies, les cultures de groseiller;?, t te. On doit l'empêcher de produire des graines et extirpt i^ âe&î racines avec la pioche ou la bêche, en évitant autiint que possible de les diviser. Ces racines sont longues, forte:^ et de couleur blanche.

E. — C'est aussi à l'aide de la pioche qu'on arrache Vnrrêtebœuf, la ronce, h, fougère , V épine noire, etc., qui iv^ihsent dans les prairies naturelles ou les pâturages qui unL été abandonnés à eux-mêmes pendant plusieurs années.

CHAPITBE IT.

IlEUfiAGES ET RATELAGEâ.

A, — Dans les contrées où les terres arables sont lîibourées vn planches, on licrsc sou vent lea cèrèules fV hiver pendant les mois de Tnars et d'avril. Cette opération ameublit le soi, détruit une foule de mauvaises herbes encore jeunes et elle favorise le tallage du froment, de Tesconr^eon , etc.

Ces hersages doivent toujours être faits par un beau temps , avec une herae légère ou une hei'se en zig-zag"* C'est l'O m mettre une grande faute , que de lea exécLiter lorsque la terre est encore humide ou lorsque le temps menace de devenir très plavicnx.

L'expérience a prouvé mille fois qu'on devait s'abstenir de herser au printemps les céréales d'automne ([ui ont été déchaus<!^cs par lea gela et les dégels*

On herse aussi ^u priïitemps :

V^ Les îu^ernièreSf dans le but de déraciner et faire périr les plantes n ni si blés qui les ont envahies» Ces cultures fourragères jïeuvent être hereées vigonrensement sans danger, arec nn petit scarificateur on une herse plus énergique que les hersea ordinaires (f\g, d).

2'^ Jjdii pommes de ten^e^t les fopinûmhours, lorsque leurs pousses a|>paraissent k 2a surface du aoL Cette opération a aussi pour but d'amenblir superficiellement la concbe arable et de détruire ces myriades de mauvaises lierbca qui se développent ordinairement pendant les 20 à 3Q jours qui s'écoulent entre îa plantation et T apparition des pousses.

HERSAGES ET EATELAGES.

Ce hersage, quand il a été bien esécuté, prévient toujours un binage.

3" Les céréales de mars , loreqn^elles ont trois à quatre feuilles. Ce hersage doit être aussi exécuté par un temps

Mg. 3. — Hcmm Ëoaiific&teur.

sec. Il favorise le tallement du froment, de lor^ie et de Tavoîae 5 et il détruit aussi un grand nombre de mauvaises herbes.

En général * les liersages qne Ton exécute snr des plantes en végétation en temps opportun ^ i^OMt des opérations à la fois nettoyantes et éeonomiquea en ee q nielles aug* mentent toujoTirs les produits,

Ces opérations sont faciles à exécuter, lorwpie le sol a été labouré k plat ou en grandes planches* On peut alors opérer peipeudiculaîrement à la dire^îtion du réage» Quand la couche arable eat labourée en gros bî lions, on se trouve dans la nécessité de suivre leur direction.

B- — Dans les localités où les terres sont labourées en petits billous, principalement dans la réi^ion de l'Ouest, on remplace les herbages par des râtelages, dans la culture de nettoiement qu'on donne au fï'oment, à Torgc et à Favoine,

Cette opération se fait par nue belle journée, depuis la fin de féraer jusqu'en aviil, suivant la nature des terres.

Les ouvriers qui l'exécutent marchent dans les sillons en r^mlanl; ils ont des râteaux à longues dents de fer légèrement rcourbées et munis de longs manches (fig. 4). Tout en emiefctant la surface des billons, ils ramènent dans les sillons les pierres et surtout les mauvaises herbes. Les froments et les avoines d'hiver qui ont été ainsi façonnés, ont un bon aspect et ils végètent toujours avec vigueur. Le râtelage bien exécuté remplace un binage ; mais il ne

Fig. 4. — Râteau à longues dents de fer.

dispense pas toujours d'opérer un sarclage en avril ou en mai.

Un homme habile et actif peut râteler de 15 à 20 ares de froment par jour.

C. — C'est aussi avec la herse ou le râteau qu'on arrache la mousm dans les prairies naturelles. Cette opération doit être faite à la fin de l'hiver ou pendant l'automne, lorsque le gazon a été détrempé par des pluies ; elle est ordinairement suivie par l'application d'un engrais pulvérulent ou d'un compost ou du sulfate de fer. Ces matières fertilisantes ont pour effet de rendre la végétation des plantes utiles, plus vigoureuse, ce qui nuit à la réapparition de la mousse.

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