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CHAPITRE XII

DECHAUIIIA<}ES.

Les déchaumages sont des opérations très utiles quand ils ont pour but le nettoiement du sol et lorsqu'ils sont exécutés en temps opportun. Ils facilitent la germination des graines des plantes nuisibles qui ont mûri en même temps que la céréale qui vient d'être récoltée. Ainsi, ils font souvent germer une foule de graines produites par Vivraù (13), h, folle avoine (5), la ravenelle (34), etc.

Ces opérations se font en juillet et août avec des charrues légères, des charrues bisocs (voir aux labours) ou des scarificateurs. Les labours superficiels opérés par les charrues doivent toujours être suivis par un hersage exécuté • vec une herse à dents un peu rapprochées.

Si le sol était couvert de plantes nuisibles, on aurait intérêt, après le hersage, à faire passer un râteau à cheval pour rassembler ces mauvaises herbes et les brûler ensuite.

Dans ce travail de nettoiement de la couche arable, il fiiut éviter de laisser fructifier les plantes indigènes dès qu'une plante utile a été récoltée.

ïj^k folle avoine est un véritable fléau pour l'agriculture méridionale. On a proposé depuis longtemps , pour en purger les terres, de moissonner les céréales dans lesquelles elle a accompli toutes ses phases d'existence, à 0™,20 audessus du sol et d'incinérer le chaume après l'avoir déraciné, par une belle journée. Ce procédé paraîtra presque

impossible, non pas à cause de la difficulté de le mettre en pratique, mais parce qu'on s'imaginera qu'il doit occasionner de grandes dépenses. C'est bien à tort qu'on aurait une telle opinion. On exécute facilement le déchaumage d'un tel terrain, soit à Taide de Vextirpatmr ou du scarificaieur (fig. 15), soit au moyen de la mare ou d'un peïïe-

Fig. 16. — Scarificateur de Dombasle.

versoir. Quand on procède à bras avant que la terre ait été durcie par le soleil, un homme, en une journée, peut aisément écrouter de 12 à 15 ares.

Pour que ce déchaumage soit bien fait, il faut que les ouvriers, munis d'une mare, ccroutent la couche arable, et que des femmes, ayant des râteaux à dents fines et rapprochées ou de grands râteaux à main , rassemblent en tas la terre, le chaume et les herbes qui formaient la partie superficielle de la couche arable. En agissant ainsi, on opère comme la petite culture tourangelle, dauphinoise, etc., et l'on parvient à rassembler les graines de folle avoine qui existaient sur le champ.

On peut procéder à l'incinération des tas au fur et à mesure que l'on opère, ou bien attendre pour effectuer ce

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travail que toute la surface du champ ait été préparée. Pour faciliter l'incinération, on peut ajouter à la masse quelques tiges sèches de bruyère, de ciste, de genêts ; quand le brûlepaent de tous les tas a eu lieu, on répand les cendres sur le sol et l'on exécute un labour.

Dans la vallée du Grésivaudan (Isère), on emploie souvent l'incinération quand les mauvaises herbes sont nombreuses et nuizent d'une manière notable au développement du chanvre et des céréales.

Les déchaumages, dans la moyenne comme dans la grande culture, précèdent souvent les semailles de navets en culture dérobée, de trèfle incarnat, de navette d'hiver, etc.

Ces opérations sont toujours suivies par un labour ordinaire, exécuté en août ou septembre, lorsque le sol doit être ensemencé en seigle , en avoine ou en vesce d'hiver.

Les déchaumages, il faut le constater avec regret, sont encore inconnus dans une foule de localités. Bans ces contrées, au lieu d'opérer une culture superficielle, lorsqu'on veut détruire ou enterrer le chaume d'une céréale, on exécute un labour ordinaire, opération très mauvaise en ce qu'elle enterre trop profondément les graines des plantes nuisibles , ce qui les empêche de germer au détriment des récoltes futures.

En général, on n'attache pas assez d'importance à l'incinération des plantes nuisibles.

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