JACHÈRE ESTIVALE
La jachère bien comprise permet fiony^it de détraire autant de mauvaises herbes que les cultures sarclées les mieux dirigées.
Pour qu'elle concoure efficacement à la propreté du sol, il faut que les façons qu'elle comprend soient exécutées pendant la belle saison, et que la profondeur des labours et l'énergie des hersages soient réglées selon la manière d'être des racines des plantes qu'on se propose de détruire ou des graines qu'on veut faire germer.
Quand le sol est envahi par des plantes vivaces à racines traçantes, comme le chiendent, l'agrostis, etc., il faut bien les déraciner, en les divisant le moins possible et chercher à les ramener à la surface du champ. Quand on est parvenu à obtenir un tel résultat , on laisse les racines sécher au soleil pendant plusieurs joui*s ; on les rassemble ensuite en tas avec le râteau à cheval et on les fait brûler.
Vouloir détruire le chiendent et l'agrostis stolonifère, en opérant de nombreux labours et hersages successifs ou en enfouissant profondément leurs racines dans la couche arable, c'est faire preuve de folie ou d'ignorance. Je Tai dit précédemment : plus on divise les racines de ces graminées et plus on rend facile leur multiplication.
On ne doit pas oublier que l'action des fortes chaleurs est très puissante sur les mauvaises herbes qui ont été
JACHERE ESTIVALE. 79
déracinées par des labours superficiels exécutés pendant les mois de juillet et d'août.
Les labours de jachère ayant pour but le nettoiement de la couche arable doivent avoir 0™,10 à 0™,12 au plus de profondeur. S'ils étaient plus profonds, les graines des plantes nuisibles germeraient difficilement.
La jachère estivale, dans les circonstances ordinaires, exige plusieurs labours et hersages et souvent aussi un ou deux roulages, surtout quand les terres sont argileuses ou argilo- calcaires.
Le premier labour est exécuté en avril ou mai, le second, en juillet et août et le troisième, trois semaines avant les emblavures d'automne.
La deuxième feçon peut être faite à l'aide d'un Usoc ou d'un scarificateur. On peut aussi remplacer le deuxième labour par un binotage (Voir Labours).
Les seconds labours doivent autant que possible croiser les premières façons.
C'est ordinairement avant d'exécuter le second labour, qu'on conduit le fumier qu'on destine aux jachères d'été.
Les jachères mortes , il ne faut pas l'oublier, n'ont plus leur raison d'être de nos jours sur les exploitations où les terres sont bien cultivées. Le sol, sur ces domaines, est maintenant occupé pendant la saison efetivale par des plantes fourragères annuelles, comme la vesce, le pois gris, le maïs, le moha, etc., plantes qui contribuent au nettoiement du sol, en ce qu'elles empêchent les végétaux indigènes de mûrir leurs semences.
Les jachères mortes ne sont vraiment utiles que lorsqu'il est question d'opérer des marnages ou de détruire des plantes nuisibles à racines vivaces et traçantes.