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SIGNES FOURNIS PAR LA PALPAT ION

Au niveau des parties génitales, la pigmentation des grandes lèvres, la teinte violacée de la muqueuse vaginale seront reconnues par la vue.

Et de même, sur les membres inférieurs, les veines variqueuses, qui peuvent apparaître dès le début de la grossesse, et le gonflement œdémateux des chevilles et des pieds, se produisent surtout à la fin.

Enfin, V attitude générale du corps pendant les derniers temps de la grossesse est particulière : par suite du déplacement de son centre de gravité en avant, la femme, dans la station debout et dans la marche, est obligée de se cambrer pour rétablir l'équilibre et de reporter le tronc en arrière.

3° Signes fournis par la palpation. — Le palper, appelé encore toucher abdominal, palpation externe, palper abdominal, constitue, avec le toucher vaginal et l'auscultation, un des moyens les plus importants d'exploration obstétricale.

Grâce au palper, on peut, en effet, reconnaître la présence dans l'abdomen de la tumeur constituée par l'utérus gravide, apprécier ses caractères, déterminer l'attitude du fœtus.

Si les anciens accoucheurs ont employé le palper, ils ne lui accordaient, en tout cas qu'une valeur et des applications fort restreintes, ne l'utilisant que pour constater le volume et la forme de l'utérus ou pour percevoir les mouvements du fœtus. C'est à Wigand (de Hambourg) (1807-1812) que revient le mérite d'avoir montré le parti qu'on pouvait tirer de ce mode d'exploration, non seulement pour arriver au diagnostic de la grossesse, mais encore pour reconnaître la situation du fœtus dans la cavité utérine. Depuis, le palper a été, tant en France qu'à l'étranger, l'objet de nombreuses études. Parmi les accoucheurs dont le nom se rattache à l'histoire du palper, nous citerons W. Schmidt et A. F. Hohl, en Allemagne ; Hubert père, en Belgique ; Stolz, Devilliers, Chailly, Mattei, Tarnier, en France. Malgré tout, le palper restait pour la grande majorité des accoucheurs un procédé peu courant d'exploration obstétricale ; encore en 1882, Tarnier et Chantreuil constatent qu'il n'est pas aussi répandu qu'il mérite de l'être. Au cours de ces vingt dernières années, la valeur du palper a été reconnue par tout le monde, et il n'est pas aujourd'hui de médecins à qui ce mode d'exploration ne soit familier. Par ses travaux (1878 et 1889),

Fig. 122. — Aspect des seins chez une femme enceinte dont le visage présente le « masque », d'après une photographie (lJ Bar).

PUECH ET LEQUEUX.

faits à l'instigation de Tarnier, et par son enseignement, Pinard a le plus contribué à cette vulgarisation.

Le palper se fait avec les mains appliquées sur la paroi abdominale. Pour le pratiquer avec profit, un certain nombre de précautions sont nécessaires.

Après évacuation de la vessie et du rectum, la femme se couchera bien horizontalement sur le dos, rapprochée du bord droit ou gauche du lit, auprès duquel se place l'accoucheur. Elle aura la tête appuyée sur un oreiller peu élevé, ou reposant sur le plan même du lit, les bras allongés le long du corps, les membres inférieurs étendus et un peu écartés l'un de l'autre. On aura fait supprimer tous les vêtements qui serrent la poitrine ou l'abdomen ; le ventre sera mis complètement à découvert.

Les mains de l'accoucheur ne devront pas être trop froides, afin que leur contact ne provoque pas la contraction des muscles abdominaux. C'est également pour obtenir la résolution musculaire aussi complète que possible que, pendant l'exploration, on exhortera la femme à respirer largement et la bouche ouverte ; ou, s'il en est besoin, on saura, en lui parlant, détourner son attention de l'examen auquel on procède.

Appliquées à plat sur l'abdomen, les deux mains agissent surtout par la face palmaire des doigts étendus et réunis à côté les uns des autres. Cette palpation doit être douce et progressive, et ne point déterminer de douleurs.

Certains obstacles peuvent gêner l'exécution du palper, facile dans la plupart des cas, et en rendre les résultats plus obscurs. Qu'il nous suffise de citer : la chute du ventre en avant sur le haut des cuisses (ventre en besace) ; l'épaisseur de la paroi abdominale produite par la surcharge graisseuse ou par l'infiltration œdémateuse ; la sensibilité douloureuse des téguments de l'abdomen, siège de névralgies ou d'une hyperesthésie affectant les rameaux cutanés qui émanent des branches collatérales du plexus lombaire (Tarnier) ; la douleur due à la pression sur l'ovaire (Budin) ; la tension des parois de l'utérus ; les tumeurs de l'abdomen ; la présence d'une ascite ; la mcrt du fœtus. 11 est généralement facile de vaincre ces difficultés.

A. Examen de l'utérus. — Le volume, la direction, la consistance de la tumeur formée par l'utérus gravide seront appréciés à l'aide du palper.

Le fond de l'utérus, dès le deuxième mois de la grossesse, dépasse le pubis au-dessus duquel la palpation permet de le sentir ; mais, à cette époque, on ne peut acquérir une idée nette du volume et des caractères de l'organe gestateur qu'en combinant le palper au toucher. Quand la grossesse est plus avancée, le palper abdominal suffit seul à déterminer les dimensions de l'utérus. Pour reconnaître exactement la hauteur de l'utérus (fig. 123), on met la main transversalement à plat sur la région hypograstrique, le bord cubital dirigé en haut ; puis, la main conservant la même position, on la déplace de bas en haut à partir du pubis en exerçant une légère pression. Au moment où son bord cubital cesse de rencontrer la résistance de l'utérus, il s'enfonce au-dessus du fond de l'organe, qui se trouve ainsi empaumé par la main tout entière. Le palper abdominal permet encore d'apprécier l'âge de la grossesse d'après

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