EXPLORATION DU CONTENU DE L'UTÉRUS
Enfin il peut, dans les derniers mois de la grossesse, servir à apprécier les rapports de proportion entre le volume de la tête fœtale et l'aire du détroit supérieur (voy. Rétrécissements du bassin).
A propos de chacune de ces circonstances spéciales, nous verrons comment on utilise la palpation du foetus. Ici nous ne nous occuperons que de la perception des mouvements foetaux à l'aide de la main appliquée sur la paroi abdominale.
De ces mouvements, les uns sont provoqués par l'accoucheur : on les appelle mouvements communiqués, mouvements passifs, ballottement ; les autres sont spontanés : ce sont les mouvements actifs, auxquels correspond le signe du choc fœtal.
a. Du ballottement abdominal. — C'est à partir du quatrième mois de la grossesse environ qu'en déprimant brusquement avec la pulpe des doigts, par des mouvements répétés de flexion, la paroi abdominale dans la région correspondant à l'utérus, on peut faire mouvoir, soit le fœtus tout entier, soit plus communément une partie fœtale, et surtout la tête (ballottement céphalique) (fig. 124).
La sensation fournie par le déplacement, total ou partiel, du fœtus a été fort justement comparée par Pajot à celle que l'on éprouve en donnant avec l'index un coup sec
Sur un morceau de glace flottant FiS- 124- ~ Recherche du ballottement céphalique i t-Tpi. ■ Par 'e Pa'Per abdominal, d'après une photogra-
dans un verre d eau. Effectivement, phie (P. Bar), on sent le fœtus ou la partie fœtale
abandonner la main sous l'influence de l'impulsion, comme le glaçon quitte le doigt pour s'abaisser un peu sous l'eau (ballottement simple); et, de même que le glaçon vient bientôt frapper le doigt laissé dans la même position, dans quelques cas la main maintenue en place perçoit le léger choc en retour dû à la partie fœtale revenant à son point de départ (ballottement double). Pour obtenir encore le ballottement, on peut placer les deux mains en des points opposés de l'abdomen, et se renvoyer ainsi de l'une à l'autre la partie fœtale, mobile dans le liquide amniotique.
La région ombilicale constitue le lieu d'élection pour rechercher le ballottement au quatrième et au cinquième mois de la grossesse (Pinard) : c'est là, en effet, que se trouve le plus ordinairement à cette époque l'extrémité céphalique qui, avec les membres, est la partie fœtale la plus facile à faire ballotter.
PUECH ET LEQUEUX,
b. Perception des mouvements actifs. — En appliquant la main sur l'utérus, on peut, à travers la paroi abdominale, sentir les mouvements spontanément exécutés par le fœtus. Le cboc fœtal peut se percevoir, quelle que soit la région sur laquelle la main est placée (Pinard). Le mouvement perçu traduit, soit un déplacement en totalité du fœtus, (frôlement, reptation), soit le déplacement brusque d'une partie fœtale (choc fœtal).
On a proposé différents moyens pour exciter le fœtus à se mouvoir : application soudaine de la main refroidie sur l'abdomen, suspension de la respiration de la femme pendant quelques instants. Le meilleur procédé consiste à repousser l'enfant à plusieurs reprises avec une main appuyant brusquement sur le ventre de la femme (fig. 124).
A côté de ces mouvements irréguliers et fréquents du fœtus, mouvements spontanés ou provoqués, il en est d'autres, plus rarement observés, auxquels, en raison du mode suivant lequel ils se produisent, on a donné le nom de mouvements rythmés ou pendulaires. Les mouvements rythmés ont été étudiés par Mermann (1880), par Ahlfeld (1884), par Reubold (1885), par P. Bar (1889), par Hink (1895), par Ferroni (1899).
Ils se manifestent sous la forme de petits chocs nettement distincts les uns des autres, frappant la main avec une régularité telle qu'on ne peut s'empêcher de songer au choc que produirait la tige d'un métronome (Bar). On peut les percevoir ainsi avec cette régularité parfaite durant un temps quelquefois assez long, jusqu'à quinze et vingt minutes ; d'autres fois, ils se groupent par séries séparées, par des intermittences de durée plus ou moins longue. Ils siègent dans la région où se trouve le diaphragme du fœtus (Commandeur). Par leur rythme, ils rappellent le mouvement brusque du hoquet. Pour Ahlfeld, ce seraient des mouvement de déglutition du fœtus. Mermann les attribue à -des hoquets du fœtus ; cette interprétation parait juste.
2° Au point où le liquide amniotique se trouve accumulé, la paroi utérine se laisse déprimer facilement. Lorsque ce liquide est en quantité normale, il ne donne point lieu à de la fluctuation. Ce n'est que dans les cas d'hydropisie considérable de l'amnios (voy. Pathologie de la grossesse) que l'on obtient une sensation de flot analogue à celle que l'on trouve dans l'ascite.
Kùstner (de Breslau) (1897) déclare cependant que, dans les cas normaux, on peut, dans la région vers laquelle est dirigée la concavité abdominale du fœtus, palper un espace étendu au niveau duquel on perçoit nettement le phénomène de la fluctuation.
3° Lorsque le placenta est inséré sur la face antérieure de l'utérus, etlorsqu'en même temps le dos du fœtus est dirigé en avant', on peut reconnaître la présence du gâteau placentaire à une sorte d'empâtement séparant le doigt qui explore du plan fœtal.
Mais les sensations recueillies par le palper sont à l'ordinaire trop vagues pour permettre, contrairement à l'assertion de Pfeifîer, de diagnostiquer de façon précise la situation du placenta. Dans son rapport au Congrès de Mos-