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DES BRUITS MATERNELS

pondent aux mouvements partiels du foetus, et plus particulièrement à ceux effectués par les membres.

Dans certains cas, on entend un bruit rythmique, à cadence assez lente, constitué par des chocs égaux en intensité et régulièrement espacés. Ce bruit correspond aux mouvements rythmés que nous avons étudiés plus haut.

En 1897, H. Meyer (de Zurich) dit avoir entendu par l'auscultation des battements extrêmement rapides, qu'il attribue aux tremblements de la mâchoire inférieure du foetus, analogues à ceux que l'on observe parfois après la naissance lorsque l'enfant se met à crier.

B. Des bruits maternels. — Le souffle utérin. — Il a été signalé pour la première fois par Lejumeau de Kergaradec.

Comparable à celui qu'on entend dans les gros vaisseaux du cou chez les chlorotiques, le souffle utérin a pour caractère essentiel d'être isochrone au pouls maternel.

C'est d'ordinaire vers la fin du quatrième mois de la grossesse qu'on commence à le percevoir ; exceptionnellement, on peut le constater avant cette époque. Il persiste après la délivrance pendant un temps dont la durée moyenne serait de deux à trois jours.

Le bruit de souffle présente dans son siège, son intensité, son rythme, son timbre, de très grandes variations.

Le siège en est variable souvent d'un jour à l'autre ; néanmoins on le perçoit le plus souvent vers le milieu de l'utérus avant le cinquième mois, sur les flancs de cet organe après cette époque.

Son intensité va en progressant avec l'âge de la grossesse. La contraction utérine la renforce au début pour l'affaiblir ensuite au point de rendre le bruit de souffle imperceptible au summum de la contraction.

Le plus souvent intermittent, simple, il est quelquefois continu avec ou sans redoublement, comme cela s'observe dans la chlorose.

Son timbre est doux, comparable au bruit que l'on fait en prononçant à voix basse le mot vous (Depaul). Dans quelques cas, il est râpeux et s'accompagne de vibrations (Cazeaux). Il peut être tour à tour, et chez la même femme, sibilant, plaintif, ronflant.

L'origine du bruit de souffle a été l'objet de nombreuses discussions. On l'a placée dans le placenta {théorie placentaire) ; dans l'aorte et les gros vraisseaux du bassin {théorie abdominale ou iliaque) ; dans l'artère épigastrique {théorie épigastrique). De nos jours, la grande majorité des accoucheurs s'est ralliée à la théorie d'après laquelle le bruit de souffle aurait son siège dans les vaisseaux de l'utérus {théorie utérine).

Sans en reproduire les nombreuses variantes, depuis la première en date, celle, d'ailleurs erronée, de Paul Dubois, voici comment il faut la comprendre :

Lorsque les liquides circulent clans des tubes ayant un calibre égal dans toute leur étendue, ils ne déterminent aucun bruit ; si, au contraire, sur le trajet du tube, à un rétrécissement succède une dilatation, il se produit un bruissement. Or les artères, en pénétrant dans l'utérus sur ses bords latéraux,

PUECH ET LEQUEUX.

se divisent et se dilatent, c'est-à-dire que les divisions ont un calibre supérieur à celui du tronc qui leur a donné naissance. De là, le bruit de souffle.

Autres bruits maternels. — Ce sont : les borborygmes intestinaux; le souffle et les simples pulsations des gros vaisseaux du bassin ; les bruits du cœur de la mère transmis parfois jusqu'à la région hypogastrique.

Nous les rappelons en raison des erreurs de diagnostic dont, à une observation superficielle, ils pourraient être le point de départ.

6° Signes fournis par le toucher. — Toucher vaginal. — L'exploration génitale à l'aide d'un ou de plusieurs doigts introduits dans le vagin a été de tout temps usitée en obstétrique. De tous les modes d'exploration dont l'accoucheur dispose, c'est certainement celui qui fournit le plus de renseignements. De nos jours, cependant, particulièrement en Allemagne, quelques accoucheurs, parmi lesquels Hegar, Werth, Muller et surtout Léopold, ont tendance à restreindre son emploi pour le remplacer par l'exploration externe, l'accusant de favoriser la production de l'infection puerpérale.

Le toucher vaginal se pratique d'ordinaire avec le seul doigt indicateur (toucher uni-digital). Dans quelques cas, le médius est associé à l'index (toucher bi-digital). Tout à fait exceptionnellement, enfin, lorsque, en raison de circonstances particulières, le toucher digital devient insuffisant, on peut être conduit à pratiquer le toucher manuel.

On doit toujours combiner, quand cela est possible, le toucher vaginal avec le palper abdominal (toucher vaginal et palper combinés).

Le toucher combiné, appelé encore palpation bi-manuelle, toucher vaginoabdominal, a été recommandé par les accoucheurs français du xvnr3 siècle. Puzos,le premier, en 1752, a bien décrit cette manière « de toucher la matrice par ses deux bouts », dont, après lui, Levret, Solayrès de Renhac, Baudelocque, Velpeau ont montré les avantages. 11 constitue le procédé par excellence d'exploration de l'utérus, dans les premiers temps de la grossesse.

C'est avec la main dont on est le plus habile, la main droite d'ordinaire, qu'on pratique le toucher. Néanmoins, il est bon de faire l'éducation de ses deux mains : avec juste raison, Tarnier remarque que, chez certaines femmes, le col ou la partie fœtale se trouvent plus facilement accessibles à l'index gauche ; d'autre part, la moitié gauche de l'excavation est plus commodément explorée avec le doigt gauche, et réciproquement.

Le toucher vaginal doit toujours être opéré sous le couvert d'une asepsie rigoureuse. Il est bon d'user de gants, de doigtiers de caoutchouc qu'on trouve aujourd'hui communément dans le commerce.

La femme peut être examinée couchée ou debout.

Dans la première attitude, de beaucoup la plus commune, la femme sera couchée bien à plat, la tête reposant sur le traversin ou sur un oreiller peu élevé, les épaules et le dos portant directement sur le lit ou la chaise longue, les membres inférieurs modérément fléchis et écartés l'un de l'autre, les organes génitaux découverts. 11 est indispensable, quand on veut explorer les parties profondes, et en particulier quand on va à la recherche du promon-

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