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DES DÉFORMATIONS INTRINSÈQUES DU FŒTUS

léables, constitue un facteur important. C'est ainsi que le tronc, composé surtout de parties molles, se prête facilement à des déformations et à des réductions très prononcées.

Bien qu'à un moindre degré, la tête fœtale est, elle aussi, susceptible de subir un modelage et une diminution de volume qui favorisent son accommodation à la filière pelvi-génitale. Si, en effet, la face et la base du crâne forment un bloc osseux, solide, et, partant, restent immuables, il n'en va pas de même pour la voûte. Certains diamètres céphaliques peuvent ainsi subir une diminution de près d'un centimètre. Mais cette diminution est compensée par l'allongement d'autres diamètres, si bien que la réduction absolue du volume de la boîte crânienne est des plus faibles. La réduction absolue s'effectue, en effet, grâce au reflux du liquide céphalo-rachiden dans le rachis et au passage dans les vaisseaux extracrâniens du sang contenu dans les vaissaux intracrâniens ; ce qui, au total, représente une bien minime quantité.

Les déformations plastiques subies par le fœtus présentent, suivant les cas, des degrés divers. La macération des tissus, consécutive à la mort du fœtus et à son long séjour dans la cavité utérine, facilite au plus haut point leur production.

De même, l'imparfaite ossification du crâne, la largeur des fontanelles et des sutures, l'existence de fontanelles accessoires rendent la tête plus malléable et, partant, plus susceptible de subir les phénomènes de modelage.

Résultant des compressions exercées sur le fœtus pendant son passage à travers la filière pelvienne, les déformations sont d'autant plus prononcées que ces compressions ont été plus longues et plus énergiques. C'est pourquoi on les observe surtout lorsque le travail dure longtemps, que la période d'expulsion se prolonge, que les rapports entre le fœtus et la filière pelvi-génitale sont rendus plus étroits par l'augmentation du volume de l'un ou par la diminution de capacité de l'autre.

Les déformations de la tête sont donc soumises à la résultante de deux forces opposées, pression en deçà, dépression au delà (Sellheim).

Il faut savoir cependant que, si le modelage accommodateur s'accuse d'autant plus que le travail progresse et que la partie fœtale lutte depuis plus longtemps contre les résistances du canal génital, il commence déjà aux premières contractions utérines, avant même la rupture des membranes et lors de l'engagement au détroit supérieur. Aussi bien, , les compressions exercées par l'excavation pelvienne ne sont point les seules à produire les déformations plastiques du fœtus : la pression du muscle utérin, particulièrement dans les cas où la quantité de liquide amniotique est restreinte, peut, pendant le travail, comme au cours de la grossesse, exercer une action déformatrice.

Qu'elles siègent sur la tête ou le tronc, les déformations intrinsèques du fœtus produites pendant le travail disparaissent d'elles-mêmes, pour si marquées qu'elles soient, dans les jours qui suivent la naissance.

B. Bosse séro-sanguine. — On donne ce nom à une tumeur, à une bosse se formant sur la partie fœtale qui se présente.

PUECH ET LEQUEUX.

Anatomiquement, elle est constituée par une infiltration de sérosité et de sang dans le tissu cellulaire sous-cutané. L'infiltration séro-sanguine peut, en outre, gagner les tissus sous-jacents : c'est ainsi que dans les présentations de l'extrémité céphalique elle peut envahir le périoste, les os qu'il recouvre, la dure-mère, la pie-mère ; dans la présentation du siège, on trouve dans quelques cas les muscles fessiers ecchymosés et des traces d'infiltration sanguine sur le périoste et les os du voisinage, os du bassin et os du talon. La portion de peau qui recouvre la tumeur tranche par sa couleur sur les parties voisines : cette coloration varie du rose tendre au rouge violacé. Elle présente parfois des phlyctènes plus ou moins considérables, conséquences souvent d'explorations intempestives, dont les unes sont intactes, tandis que les autres ont été ouvertes par le doigt explorateur.

Ambroise Paré et, après lui, Guillemeau et Portai attribuaient la bosse séro-sanguine à des violences et à des contusions. Cette opinion n'a plus qu'un intérêt historique. Le mode de formation admis aujourd'hui est le suivant : la portion de la présentation en rapport avec le vide soit de l'orifice utérin et du canal pelvien, soit de l'arcade pubienne et de l'orifice vulvaire, échappe à la compression exercée sur tout le reste du corps du fœtus ; il se fait donc à ce niveau de l'œdème. De plus, la circulation en retour est entravée par la constriction en couronne, produite par la circonférence limitant la région découverte.

La bosse séro-sanguine peut ainsi se former depuis le détroit supérieur jusqu'à l'orifice vulvaire. On comprend, d'autre part, comment, lorsque la partie fœtale est arrêtée, au cours de sa progression, par des obstacles successifs, il peut se produire, en raison de ses changements de rapports avec le canal parturiant, soit plusieurs tumeurs séparées, soit, ce qui est le cas le plus ordinaire, une modification de forme et d'étendue de la tumeur première.

Gomme pour les autres déformations plastiques, la production de la bosse séro-sanguine est favorisée par la longue durée du travail ; par l'absence de la poche des eaux. Ce n'est point là, toutefois, conditions indispensables : l'infiltration séro-sanguine peut, en effet, se former malgré l'intégrité des membranes; mais, en ce cas, la bosse séreuse n'est jamais aussi considérable que lorsque le travail traîne en longueur après la rupture de la poche des eaux.

La présence d'une bosse séro-sanguine sur la partie fœtale qui se présente peut en modifier suffisamment les caractères pour permettre de confondre, au toucher, certaines présentations entre elles. D'un autre côté, en masquant les repères servant à déterminer l'orientation du fœtus, elle rend difficile dans quelques cas le diagnostic de position. Nous dirons, en étudiant l'accouchement dans chacune des présentations, comment on évite les causes d'erreur provenant de l'infiltration séro-sanguine, qui, comme nous l'avons^ déjà vu, pouvait être aussi prise pour la poche des eaux.

Abandonnées à elles-mêmes, les infiltrations séro-sanguines, développées sur les différentes régions du fœtus au cours de l'accouchement, disparaissent sans laisser de trace. Leur résorption s'effectue rapidement : même au cas

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