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MARCHE ET DIVISION DU TRAVAIL

de tumeurs très volumineuse, elle est complète au bout de quarante-huit heures après la naissance. Est-il nécessaire d'ajouter que dans ces conditions la bosse séro-sanguine ne demande aucun traitement? On n'interviendrait, pour donner issue au contenu de la tumeur, à l'aide d'une incision, que dans les cas très rares où la tumeur viendrait à suppurer.

Marche. Division du travail.

Dans la marche du travail de l'accouchement, on distingue deux périodes : la période de dilatation et la période d'expulsion. La période de dilatation va du début du travail au moment où la dilatation de l'orifice utérin est complète ; la période d'expulsion commence à la dilatation complète et se termine à la sortie du fœtus hors des organes génitaux.

Si, chez certaines femmes, le passage de l'état de grossesse à l'état d'accouchement se fait brusquement, il n'en est pas toujours de même; il existe, en effet, une sorte de période prodromique, dénommée par Millot « temps secret de l'accouchement », à laquelle correspondent des phénomènes ou signes précurseurs, annonçant le travail proprement dit.

A. Avant travail ; signes précurseurs. — Par suite de l'engagement plus profond de la présentation, il se produit un affaissement de l'abdomen avec dégagement de la région épigastrique (digestion plus facile) et compressions pelviennes variées (envie fréquente d'uriner, varices, hémorroïdes, névralgies, etc.). Le toucher permet parfois de constater la progression du col vers le centre du bassin. Ces signes sont, d'ailleurs, très inconstants.

Jusqu'alors légères et indolores, les contractions, dont l'utérus est le siège pendant la grossesse, se manifestent par de véritables douleurs. Ces douleurs se reproduisent parfois par accès d'une heure ou deux de durée : de là des alertes fréquentes au cours des deux ou trois dernières semaines qui précèdent le travail.

B. Période de dilatation. — C'est pendant cette période que le col s'efface et se dilate sous l'influence des contractions de l'utérus. Sans revenir sur les caractères de la contraction utérine, rappelons que ces contractions sont douloureuses ; qu'au lieu d'être passagères, elles sont persistantes et vont en augmentant d'intensité ; qu'à cette période du travail la douleur est agaçante, énervante et plus difficilement supportée par la femme qui ne sent rien avancer. De là ces plaintes, ces cris aigus, cette agitation, ces attitudes parfois bizarres prises par la femme.

A cette période du travail appartiennent l'écoulement des glaires sanguinolentes et la formation de la poche des eaux.

C. Période d'expulsion. — Au^début de la période d'expulsion, sinon à la fin de la période précédente, la poche des eaux se rompt et le liquide amniotique s'écoule au dehors.

PUECH ET LEQUEUX.

Les douleurs prennent le caractère expulsif. A la contraction utérine se joint la contraction abdominale : on voit la femme, au moment de la douleur, faire une large inspiration, renverser en arrière la tête et le tronc, se cramponner avec les mains à ce qu'elle peut saisir, prendre avec ses pieds un point d'appui sur le lit, et pousser de toutes ses forces. Des cris sourds traduisent la souffrance et les efforts de la femme.

Après avoir franchi l'orifice utérin et dilaté le vagin, la partie fœtale qui se présente vient appuyer sur le plancher périnéal, en étale les éléments et produit l'ampliation de l'orifice vulvaire à travers lequel elle s'échappe. La compression exercée sur le rectum et la vessie par la partie foetale détermine, au moment de l'effort, la sortie des gaz, des matières fécales et de l'urine.

Influence du travail sur la mère et sur le fœtus.

Le travail de l'accouchement détermine, tant dans l'organisme maternel que dans l'organisme fœtal, des modifications dans les diverses fonctions.

1° Influence sur la mère. — A. Phénomènes nerveux. — Ceux-ci sont souvent marqués par de l'agitation, surtout à la période de dilatation pendant laquelle la femme se rend moins compte des progrès effectués. Lorsque le travail se prolonge et que les contractions sont intenses, on voit parfois survenir un véritable délire ou un état d'épuisement nerveux.

Notons encore les crampes douloureuses par compression du nerf obturateur ou du plexus sacré.

B. Phénomènes circulatoires. — Le travail accélère le pouls et élève la tension sanguine ; ces faits ont été étudiés au chapitre de la grossesse.

Au cours de la période d'expulsion, l'effort dont la femme accompagne la poussée du muscle utérin produit le refoulement du sang vers les parties supérieures du corps : de là, la rougeur du visage, d'autant plus marquée que la résistance des parties nécessite des efforts plus énergiques.

Du côté du sang, les travaux récents ont montré qu'il se produisait pendant le travail : une augmentation des hématies, une augmentation très accusée des globules blancs et surtout des polynucléaires, qui atteint son maximum au moment de l'expulsion ; cette polynucléose est plus marquée chez les primipares que chez les multipares; une disparition presque totale des éosinophiles (P. Carton).

Après l'expulsion fœtale, il n'est pas exceptionnel de rencontrer, en dehors de toute tare pathologique antérieure, un véritable état de collapsus. Ces accidents se voient surtout lorsque le travail a été rapide et que l'enfant s'est montré volumineux. Bar en attribue la cause à l'évacuation brusque de l'utérus et à l'appel considérable de sang dans le système porte qui accompagne cette déplétion abdominale (voy. Sang pendant la grossesse).

C. Calorification. — Depuis le premier travail de Granville (1825), jusqu'au mémoire récent de H. Muller (1902), la température des femmes en travail a fait l'objet de nombreuses études.

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