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INFLUENCE DU TRAVAIL SUR LE FŒTUS

La plupart des auteurs admettent que la parturition a pour résultat d'augmenter la chaleur du corps. Cette élévation de température est, d'ordinaire, très faible : deux à trois dixièmes de degrés (Winckel, Peter). Mais, dans quelques cas où le travail dure anormalement, elle peut devenir beaucoup plus considérable et aller de 38° à 40°. De durée éphémère, elle disparaît dans les douze ou quinze premières heures qui suivent l'accouchement.

Nous pensons que les facteurs très complexes qui interviennent pour produire la « fièvre du travail » ne sont pas bien élucidés, de même que leur nature, leur mode d'action. Certains accoucheurs la regardent comme une hyperthermie fonctionnelle, due au travail musculaire de l'utérus pendant l'accouchement. D'après H. Millier, il s'agit, non d'une fièvre fonctionnelle, mais d'une fièvre par infection.

Signalons encore les frissons qui peuvent se produire au cours du travail, et ceux d'origine très différente qu'on observe souvent après la sortie du fœtus.

D. Respiration. — Les mouvements respiratoires deviennent plus fréquents pendant le travail. D'après Winckel, la fréquence de la respiration serait plus considérable dans l'intervalle des contractions que pendant la contraction même. Pour Bar, le rythme de la respiration pendant la période de dilatation rappellerait celui décrit sous le nom de Cheyne-Stokes : au moment de la contraction, les mouvements respiratoires deviennent très fréquents ; puis, la douleur disparue, il survient une pause de quelques instants, à la suite de laquelle la respiration se rétablit régulièrement.

E. Digestion. — Au début du travail, les fonctions digestives sont peu troublées; à la fin, au contraire, les femmes éprouvent du dégoût pour les aliments. Il n'est point rare que se produisent quelques vomissements, soit lorsque le travail commence, soit, plus communément, à la fin de la période de dilatation.

2° Influence sur le fœtus. — A. Circulation. — L'influence de la contraction utérine sur la circulation du fœtus se traduit par un ralentissement des battements cardiaques : après une accélération de courte durée, tout à fait au début de la contraction, les battements du cœur diminuent de fréquence, en même temps qu'ils deviennent plus sourds, pour reprendre peu à peu leur nombre et leur intensité, au fur et à mesure que décroît la tension de l'utérus; au summum de la contraction, les pulsations fœtales peuvent même disparaître complètement. Ces modifications de la circulation fœtale sont d'autant plus appréciables que les contractions de l'utérus sont plus énergiques et que les membranes sont rompues.

Pour expliquer le ralentissement momentané des pulsations du fœtus, Schwartz invoque une augmentation de la pression intracardiaque ;;Schultze, un léger degré d'asphyxie, produit par la compression du placenta ; Kehrer, une compression du crâne et du cerveau. On l'attribue encore à l'asphyxie passagère du fœtus, déterminée par l'oblitération des vaisseaux utérins au moment de la contraction et par les troubles de la circulation ut éro -placentaire qui en/ésultent.

PUECH ET LEQUEUX.

B. Respiration. — Recevant par le placenta l'oxygène en quantité suffisante, le fœtus n'éprouve pas le besoin de respirer : il est en état d'apnée. Mais, que l'apport de l'oxygène soit diminué ou supprimé, le fœtus cherche par des efforts d'inspiration à suppléer, comme après la naissance, à la respiration placentaire. Pas n'est besoin, comme le soutient Preyer, d'une excitation cutanée agissant sur le centre respiratoire pour expliquer cet appel à la respiration pulmonaire.

Ces tentatives de respiration pulmonaire in utero sont fâcheuses parce qu'elles font pénétrer dans les voies aériennes du liquide amniotique, du méconium et des mucosités : la présence de ces liquides entrave l'établissement normal de la respiration après la naissance.

Dans quelques cas rares, et seulement alors que les membranes sont rompues, la respiration intra-utérine peut déterminer l'arrivée dans la trachée, les bronches et les poumons, d'une certaine quantité d'air ayant pénétré dans le vagin et même dans l'utérus. Cela s'observe, soit à la suite de manœuvres ayant nécessité l'introduction de la main dans les parties génitales, ce qui favorise l'ascension de l'air ; soit avec certaines attitudes du fœtus, telle la présentation de la face, qui rapprochent de l'air extérieur l'entrée des voies respiratoires. Si, dans ces conditions, l'enfant vient au monde mort, on trouvera à l'autopsie les poumons plus ou moins remplis d'air. Nous signalons l'importance de ce fait au point de vue médico-légal.

C'est également quand le fœtus, encore contenu dans le sein maternel, respire de l'air, que se produit le phénomène connu sous le nom de vagissement intra-utérin. Velpeau en contestait la réalité. Il existe cependant, à l'heure actuelle, quelques faits bien observés, ne permettant pas de douter que le fœtus puisse, avant sa naissance, pousser des cris suffisamment distincts, quoique d'ordinaire assez sourds, pour être perçus par la mère et par les assistants. Aux cas réunis dans la thèse de Demay (1900), sont venues s'ajouter l'observation de Reure, rapportée par Plauchu (1901), celles de Reidhaar (1902), de Peiser (1903), de Braune (1903).

Se basant sur ces faits de respiration intra-utérine, Rapin (de Lausanne) a proposé, dans ces derniers temps, d'insuffler de l'air dans l'œuf, au cas de souffrance du fœtus. Cette méthode de « physométrie artificielle » n'est pas entrée dans la pratique.

Diagnostic du travail de l'accouchement.

Pour affirmer qu'une femme enceinte est en travail, il faut avoir constaté : d'une part, qu'il existe des contractions douloureuses de l'utérus; d'autre part, que le col s'efface ou se dilate.

La production isolée de l'un ou l'autre de ces deux phénomènes ne suffit pas à caractériser le travail. A toutes les époques de la grossesse, et plus particulièrement dans les dernières semaines, la femme peut, en effet, présenter des contractions douloureuses de l'utérus qui cessent au bout d'un certain temps. Inversement, l'effacement du col et même la dilatation de l'orifice

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