SOINS A PRENDRE PENDANT LA PÉRIODE DE DILATATION
potasse à 1 p. 1000, puis dans une solution de bisulfite de soude à 1 p. 1000.
La teinture d'iode, dont l'usage s'étend chaque jour en matière d'antisepsie, peut être utilement employée dans les cas où l'accoucheur doutera de l'asepsie de ses mains et surtout de ses extrémités unguéales. Une courte immersion de ces dernières dans la teinture d'iode fraîchement préparée lui sera une garantie de sécurité.
Aussi bien, si l'on croyait ne pouvoir rendre ses mains complètement aseptiques, on devrait se servir, pour pratiquer le toucher, de gants en fil stérilisés à sec, ou mieux de gants en caoutchouc, préalablement stérilisés. Bar ne permet pas qu'on pratique, sans cette mesure de précaution, le toucher dans son service.
Mais la nécessité de l'exploration interne pendant le travail admise, il faut proscrire les examens inutilement répétés. Une fois l'exploration faite aussi complètement et aussi méthodiquement que possible, on s'abstiendra donc, à moins de circonstances spéciales, du toucher vaginal.
b. Désinfection des organes génitaux. — On commence par ébarber avec des ciseaux les poils exubérants de la vulve ; avec de l'eau chaude savonneuse et de la ouate hydrophile, on nettoie alors tous les plis et replis de la vulve, ainsi que le sillon interfessier, la face interne des cuisses et le mont de Vénus. A cette désinfection externe faut-il adjoindre la désinfection du vagin ? Krônig conclut de ses recherches, non seulement à l'inutilité des injections vaginales, mais encore à leur nocivité : d'une part, en effet, les sécrétions vaginales des femmes enceintes posséderaient des propriétés bactéricides ; de l'autre, une simple injection ne peut suffire à détruire les germes pathogènes contenus dans le vagin, et, de plus, en entraînant et en altérant les sécrétions vaginales, elle annihile pour un certain temps la propriété bactéricide. Pour von Ott, le lavage du vagin par les eaux de l'amnios et le passage à frottement du foetus sur les parois vaginales suffiraient à balayer tous les microorganismes.
Nombre d'accoucheurs cependant, après avoir pratiqué l'asepsie de la vulve et du périnée, donnent une injection vaginale antiseptique (sublimé ou biiodure de mercure à 1 p. 4000, lysol à 20 p. 1000, permanganate de potasse à 1 p. 1000), en dirigeant avec l'index la canule dans tous les sens, de manière à rendre plus intime le contact des liquides avec les parois vaginales. Nous nous en dispensons, pour notre part, dans les cas ordinaires ; c'est la pratique généralement suivie.
Ici encore quelques accoucheurs ont volontiers recours à la teinture d'iode dont on badigeonne la vulve en évitant de laisser le liquide couler dans le sillon interfessier où il pourrait être cause de brûlures anales assez pénibles.
Après l'examen, quelques-uns donnent une injection. On doit se contenter de laver la vulve et de la recouvrir avec de la ouate aseptique qu'on renouvelle fréquemment.
c. Évacuation du rectum et de la vessie. — Dès le début du travail, on fera donner un lavement à la femme pour évacuer F intestin : d'une part, l'accumulation des matières fécales peut gêner le mécanisme de l'accouchement ; de
PUECH ET LEQUEUX.
l'autre, leur issue, au moment de l'expulsion du fœtus, risque de contaminer les mains de l'accoucheur.
Uétat de la vessie doit solliciter l'attention. Facile d'ordinaire au début du travail, la miction devient plus tard malaisée : à la fin de la période de dilatation notamment, la rétention d'urine complète ou incomplète n'est point rare. Elle se traduit par la formation, au-dessus du pubis, d'une tumeur molle, fluctuante, qui se dessine derrière la paroi abdominale au-devant de l'utérus (voy. fig. 121). La rétention d'urine peut occasionner des douleurs lombaires, troubler le travail et gêner le mécanisme de l'accouchement. Aussi, lorsque la vessie est distendue, doit-on procéder à son évacuation en se servant, soit d'une sonde de femme, soit d'une sonde flexible, désinfectées par le flambage à l'alcool ou par l'eau en ébullition. Quand la partie fœtale profondément engagée appuie sur l'urètre, le cathétérisme peut présenter quelques difficultés : on repoussera par en haut la présentation avec un ou deux doigts, tandis qu'avec l'autre main on enfonce la sonde.
d. Auscultation. — Moins importante à cette période que pendant la période d'expulsion, 1' 'auscultation ne devra cependant pas être négligée; toutes le6 deux heures environ, on devra s'assurer que les bruits du cœur conservent leurs caractères normaux et que le fœtus ne souffre pas.
Tant que l'effacement du col n'est pas complètement effectué ou que, s'il s'agit d'une primipare, la dilatation est moindre qu'une pièce de cinq francs, la femme peut rester levée et marcher. Cependant, le séjour au lit est préférable. Il est de rigueur quand la partie fœtale est mal engagée, quand l'œuf est ouvert, quand la poche des eaux saillante fait craindre une rupture prématurée.
Quelques femmes font des efforts énergiques dès la période de dilatation, dans l'espoir de hâter la terminaison de l'accouchement : ces efforts déterminent une fatigue inutile. Aussi devra-t-on recommander à la femme de réserver les efforts volontaires pour le moment où la dilatation du col est complète.
En somme, le rôle de l'accoucheur, au cours de la période de dilatation, est fort peu actif. Pour la très grande majorité des cas, il se résume en trois mots :
PATIENCE, SURVEILLANCE, ASEPSIE.
Soins à donner pendant la période d'expulsion
1° Rupture des membranes. — Ainsi que nous l'avons vu, à la fin de la période de dilatation, ou tout au début de la période d'expulsion, se produit la rupture de la poche des eaux. A ce moment, il est souvent utile de pratiquer le toucher vaginal, soit pour s'assurer qu'il n'existe pas de procidence du cordon, soit, si la position et sa variété n'avaient pu jusque-là être nettement reconnues, pour en établir le diagnostic de façon précise.
Mais la poche des eaux, en dehors de quelques cas particuliers, hémorragie, hydropisie de l'amnios, dilatation stationnaire du col avec tension permanente des membranes, doit] être conservée intacte pendant la première période du travail; on la rompra toujours à la dilatation complète, au cas où elle ne se serait pas rompue spontanément.