ACCOMMODATION AU DÉTROIT INFÉRIEUR. — SOMMET
s'engager à travers la fente à grand diamètre antéro-postérieur que présente l'entrée du bassin mou, le grand diamètre de la tête se trouve donc mal dirigé. Il faut, dès lors, que la tête s'accommode ; et, pour cela, elle exécute un mouvement, une rotation, qui, de l'extrémité antérieure ou de l'extrémité postérieure du diamètre oblique, où il se trouvait primitivement, amène i'occiput sous la symphyse du pubis (fig. 163, 164, 165, 166). Grâce à ce mouvement de rotation, le diamètre maximum de la tête fléchie correspond au grand diamètre pubo-coccygien du détroit inférieur. Les épaules à ce moment s'engagent au détroit supérieur.
Si le but du mouvement de rotation apparaît nettement, ses causes sont mal
Fig. 161. — Tète engagée descendue dans la Fig. 162. — Tète engagée recouverte d'une bosse partie moyenne de l'excavation (d'après une séro-sanguine ; la voûte atteint le détroit int'é-
coupe de Braune). rieur (d'après une coupe de Mars).
établies. Que l'occiput, la rotation terminée, se place directement en avant ou en arrière, l'accommodation dans les deux cas est aussi bien réalisée ; néanmoins, la règle générale est que, même dans les occipito-postérieures, l'occiput vient se mettre sous la symphyse pubienne. De tout temps, l'attention des accoucheurs a été attirée sur ce point ; et longue est la liste des théories tour à tour proposées.
Parmi les théories invoquées, nous retiendrons :
a. La théorie deV accommodation de Pajot. — L'extrémité céphalique accommode sa forme et ses dimensions à la forme et aux dimensions du détroit inférieur du bassin. Elle a été battue en brèche par Varnier.
b. La théorie des épines sciatiques et des plans inclinés (Barnes, Tyler Smith, Leishmann, Playfair). — L'épine sciatique est le buttoir sur lequel la tête viendra heurter et qui la fera dévier, l'occiput en avant. Cette théorie
PUECH ET LEQUEUX.
n'explique pas la rotation en O.P. des positions postérieures qui pourraient aussi bien tourner en 0. S.
c. La théorie du bassin mou de Varnier. — Énoncée déjà par Hildebrandt, elle fait jouer à la boutonnière périnéale le rôle directeur dans l'orientation. Appuyée par les expériences de Paul Dubois, cette théorie n'explique toujours pas la rotation en O.P. des positions postérieures, mais
Fig. 163. — Rotation vers le pubis de la tôte Fig. 1G4. — Rotation vers le pubis de la tète engagée en O.I.G.A. engagée en O.I.D.A.
engagée en O.I.G.P. engagée en O.I.D.P.
Le trait plein inlique dans ces quatre figures la situation de la fontanelle postérieure une fois la rotation terminée.
elle semble avoir une grande part de vérité dans l'explication de la rotation des positions antérieures.
Demelin accepte la théorie de Varnier; mais il fait intervenir l'action de la pédale coccygienne et des ligaments sciatiques qui refouleraient l'occiput en avant lorsqu'il a tendance à se porter en arrière.
d. La théorie de Veit. — Elle fait intervenir l'obturateur interne et le pyramidal constituant ensemble des plans inclinés qui agiraient, le pyramidal en refoulant en avant l'occiput, l'obturateur en complétant l'action de ce premier muscle.