DÉFORMATIONS FŒTALES DANS LA PRÉSENTATION DE LA FACE
dans les cas de mento-postérieures et de mento -transversale s ne s'étant pas transformées, au cours du second temps, en mento-antérieures. Leur situation élevée fait qu'elles échappent à l'action périnéale. Elle peut aussi faire défaut, mais très rarement, dans les cas où le menton est descendu derrière l'éminence iléo-pectinée.
4° Quatrième temps. — Les anomalies dérivent de celles des deux temps précédents.
Tout à fait exceptionnellement, on a vu la face sortir de la vulve, le menton en rapport avec l'une des branches ischio-pubiennes (Mme Lachapelle).
Plus exceptionnellement encore, on a noté le dégagement de la face avec le menton tourné en arrière ; dans tous ces cas, il s'agissait de fœtus incomplètement développés, ou morts et macérés depuis un certain temps dans l'utérus.
Fellenberg rapporte le cas d'un accouchement spontané, en présentation de la face, avec procidence d'un bras; le menton regardait le sacrum, le plan ventral du fœtus était contre la paroi abdominale, il y avait donc torsion du cou. C'est là un cas exceptionnel qui n'a pu se produire que grâce à la prématurité du fœtus.
Enfin, il existe quelques faits où le dégagement de la tête s'est opéré en présentation du sommet après conversion d'une présentation de la face descendue dans le bassin, le menton en arrière. La bascule du diamètre occipito-mentonnier, nécessitée par cette conversion, a été diversement expliquée. Pour Cazeaux, le menton, arrivé au niveau de la grande échancrure sciatique, déprime les parties molles qui s'y trouvent ; d'où augmentation du diamètre oblique de l'excavation rendant possible la bascule de la tige occipito -mentonnière et la flexion de la tête. Pour Paul Dubois, c'est sous le ligament sacro-sciatique que le menton déprimerait le périnée et s'y creuserait une loge. Chailly admet que le menton peut descendre le long du sacrum et déprimer les parties molles au-dessous de coccyx. Ces faits doivent être d'autant plus rares que les phénomènes plastiques subis par la tête fœtale allongent àt el point son diamètre M.O. que, même en profitant des espaces libres sus-indiqués, la bascule est le plus souvent irréalisable.
5° Cinquième et sixième temps. — Les irrégularités de ces deux temps sont les mêmes que dans la présentation du sommet.
Phénomènes plastiques. — A. Déformations. — Dans son ensemble, le crâne de l'enfant est aplati verticalement et allongé d'avant en arrière : la tête a la forme dolichocéphale. Au voisinage de la fontanelle bregmatique, il existe un enfoncement en forme de selle (fîg. 191) ; la convexité du frontal s'exagère, et plus encore celle de l'occipital; ce dernier est, en outre, repoussé en arrière, où le crâne paraît comme prolongé. La région occipitale est
PUECH ET LEQUEUX.
fortement aplatie par compression entre les parois du bassin maternel et le dos du foetus.
A la partie supérieure du dos, la pression de l'occiput en ce point laisse souvent
une empreinte visible après la naissance. Signalons enfin la situation de la tête qui se place facilement en déflexion forcée.
B. Bosse séro-sanguine. — Elle se forme sur la face (fig. 192), siégeant sur la joue droite dans les mento-droites, sur la joue gauche dans les mento-gauches. Rarement limitée à une région, l'infiltration séreuse envahit toutes les parties de la face, sauf cependant le nez et le menton : les paupières sont boursouflées, les conjonctives injectées; on a noté du chémosis parfois considérable et jusqu'à des épanchements sanguins dans la chambre antérieure de l'oeil. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les hémorragies rétiniennes ne sont pas plus fréquentes dans cette présentation que dans celle du sommet (Lequeux). Les lèvres et la langue elle-même sont très tuméfiées. Les joues sont également gonflées. En dehors des excoriations accidentelles dues à des touchers intempestifs, la peau de la face peut être recouverte de petites phlyctènes ; elle présente, en outre, une coloration rouge violacé. Ces modifications, d'autant plus marquées que le travail a été plus long, donnent aux enfants nés par la face un visage particulier et presque repoussant, que Mauriceau comparaît à celui des Maures ou Ethiopiens, « dont M. de Guise avait
toujours grand nombre à Sa Suite ». Fig. 192. — Bosse séro-sanguine sur la face ;
Mentionnons encore l'incurva- dolichocéphalie (Bar),
tion en lordose de la colonne vertébrale, observée surtout dans les présentations primitives de la face (Thorn, Fieux), qui persiste encore plusieurs jours après la naissance, le report de la tête en arrière étant le vestige le plus persistant de cette lordose vertébrale. On signale encore la raucité de la voix, due à l'aplatissement de la trachée sur la colonne vertébrale dans la position du cou en extension forcée.
Fig. 191. — Déformation de la tête dans la présentation de la face.