MOUVEMENTS DU BASSIN
La flexibilité de la colonne vertébrale et la mobilité des articulations coxofémorales, la façon dont le poids du tronc se transmet aux têtes fémorales par la première pièce sacrée (Bar) expliquent que le bassin exécute en masse des mouvements variés tels que flexion, extension, inclinaison latérale, rotation. Ces mouvements du bassin en totalité changent l'orientation de ses divers plans.
D'autres mouvements partiels ont pour effet de faciliter l'accouchement ; ils sont la conséquence de ce que l'on appelle, dans le langage obstétrical, le relâchement gravidique des symphyses. A l'état normal, les articulations du bassin sont peu mobiles. Sous l'influence de la grossesse, les fibro-cartilages, les cartilages et les ligaments des articulations deviennent plus souples, plus extensibles et donnent plus de jeu aux surfaces articulaires.
Ce phénomène est facilement constatable pour les articulations sacrococcygienne et médio-coccygienne. Il suffit de faire coucher la femme sur le côté, de lui faire allonger le membre qui est sur le lit et fléchir l'autre, et d'aller, par un doigt introduit dans le vagin, explorer la face antérieure du coccyx pendant qu'un doigt en explore la face postérieure (Bonnaire).Crouzat avait même exagéré la valeur de cette mobilité coccygienne au point de dire que le coccyx pouvait être considéré chez la femme enceinte comme une partie molle, ce qui est manifestement faux pendant l'accouchement (Varnier, Devraigne).
Le relâchement articulaire gravidique est encore facile à constater à la symphyse pubienne. Budin en a fait la preuve clinique très simple de la façon suivante : il suffit, une femme étant debout, de mettre l'index sous le ligamentum arcuatum et de dire à la femme de piétiner sur place ; on sent très nettement chaque pubis s'élever et s'abaisser : ce chevauchement des pubis ne peut s'expliquer que si les articulations sacro-iliaques sont elles-mêmes le siège de mouvements exagérés.
Ces mouvements amplifiés des symphyses pelviennes pendant la grossesse étaient bien connus des auteurs anciens. Séverin Pineau rapporte, en effet, qu'en 1572 Jacques d'Amboise put démontrer sur le cadavre d'une femme, récemment accouchée, l'écartement possible des pubis qui facilite l'accouchement ; l'expérience avait eu lieu devant les plus illustres praticiens de l'époque dont Ambroise Paré. Mauriceau n'admettait pas cette « prétendue disjonction » des os du bassin. Peu connaissait les mouvements de bascule du sacrum et du coccyx. Ceux-ci furent démontrés par Zaglas en 1851, et Duncan (1854) ; d'après ces auteurs, le sacrum peut osciller autour d'un axe passant par la deuxième vertèbre sacrée. Le promontoire peut basculer en avant pendant que le coccyx recule (mouvement de nutation) ou bien le promontoire peut reculer pendant que le coccyx avance, (mouvement de contre-nutation) (voy. fig. 33 et 34).
Laborie, en 1862, démontra que, quand la tête descend à fond dans l'exca-