LES LACS DANS LA PRÉSENTATION DU SIÈGE
dans le sillon intercrural (Maygrier) ; lorsqu'il a ainsi pénétré profondément, l'index et le médius, portés entre la symphyse et la hanche antérieure, rencontrent immédiatement l'extrémité du lacs saillant entre les cuisses du fœtus.
Pour faciliter la mise en place du lacs, on a imaginé des instruments spéciaux : ce sont les porte-lacs, dont le principe est analogue à celui de la sonde de Belloc. Tels sont les porte-lacs de Werbecker-Sternfeld, d'Olivier, de Rémy, de Narich, etc.
Lorsque, avec le lacs, on exerce des tractions pour entraîner le siège, on doit opérer pendant les contractions utérines avec des intervalles de repos entre les efforts, afin de soulager la région sur laquelle appuie le lacs.
En effet, bien que beaucoup plus doux que le crochet métallique, le lacs
Fig. 232. — Tractions sur le siège avec le lacs dans le cas de position antérieure (Olivier).
n'est point cependant exempt de tout danger : après l'application du lacs, on a noté des lésions des parties molles de l'aine (sections sous-épidermiques de la peau, contusions, éraflures, plaies plus ou moins profondes), et aussi des fractures du fémur. Dans un cas, rapporté par Bar et Tissier, où l'extraction avec le lacs avait déterminé une plaie d'ailleurs bientôt guérie, l'enfant offrait, deux ans après sa naissance, une atrophie et un raccourcissement du fémur, entraînant une boiterie marquée. Dans un autre cas, Bar a vu l'enfant succomber avec une énorme plaie gangréneuse.
Malgré ses inconvénients, le lacs n'en reste pas moins, parmi les procédés instrumentaux, un de ceux qui rendent les plus grands services dans la dystocie due au mode des fesses. Aussi bien, les risques qu'il fait courir au fœtus ne se rencontrent point également dans tous les cas. Comme l'a bien montré Olivier, c'est surtout dans les positions postérieures que le fémur est le plus exposé à se fracturer (fig. 231) : alors, en effet, les tractions avec le lacs sont défectueuses, car elles s'exercent presque perpendiculairement à l'os. Par
PUECH ET LEQUEUX.
contre, dans les positions antérieures, les tractions portent sur le pli de l'aine, sur le bassin de l'enfant (fîg. 232). C'est dire que le lacs doit être surtout employé dans les sacro-antérieures.
Narich (de Smyrne) a imaginé un tracteur du siège, composé d'un crochet métallique et d'un lacs, appuyant sur le pli de l'aine par la portion qui soustend l'arc du crochet, et dans lequel il a cherché à réunir les avantages de ces deux instruments, tout en écartant leurs inconvénients opératoires et leurs dangers. Quelle que soit son ingéniosité, l'instrument de Narich constitue un instrument très spécial, que l'on a rarement à sa disposition.
Pour extraire le siège enclavé, Tarnier conseillait Vemploi simultané du lacs et du forceps, dans les positions postérieures. Demelin, en relatant trois succès dus à ce mode de faire, a proposé de le généraliser à tous les cas de dystocie par présentation du siège mode des fesses engagé et irréductible, quelle que soit la variété de position.
En conclusion, si le siège est immobilisé, enclavé dans le bassin, on aura recours aux lacs si le dos est en avant, au forceps si le dos est en arrière.
y) Au détroit inférieur. — Il est le plus souvent facile de remédier à la dystocie lorsqu'elle siège au niveau du détroit inférieur. L'abaissement du pied n'est plus de mise, le forceps et les lacs doivent céder le pas aux tractions inguinales.
Tractions inguinales. — Entraîner le siège avec les doigts recourbés en crochet par-dessus le pli des aines, tel est le principe de la méthode des tractions inguinales. L'index de la main, dont la paume regarde le dos du fœtus, est glissé derrière le pubis jusqu'au pli de l'aine antérieure, et s'y enfonce ; avec les deux dernières phalanges recourbées en crochet, on tire en bas pour abaisser au maximum l'extrémité pelvienne, en ayant soin de reporter la pression du doigt vers le bassin du foetus plutôt que du côté du fémur, pour ne pas fracturer cet os. Tandis que l'index, laissé en place, maintient le résultat acquis, les doigts de l'autre main sont introduits profondément en arrière, jusqu'à ce que l'index et. le médius accrochent le pli inguinal postérieur. Par des tractions combinées sur les deux aines, on effectue le dégagement de l'extrémité pelvienne.
Les tractions inguinales constituent un procédé simple en même temps que susceptible d'entraîner le siège au dehors avec le moins de risques possible ; bien que le doigt ait pu produire une fracture du fémur (Gampert), c'est là cependant une éventualité rare.
On peut également utiliser V accrochement bi-digital de l'aine antérieure, préconisé par Puech (de Montpellier) : l'index droit dans les sacro -gauches, l'index gauche dans les sacro-droites, est enfoncé entre le pubis et la fesse antérieure, jusqu'à ce que son extrémité dépasse un peu le pli de l'aine ; puis l'index de l'autre main est glissé dans le sillon intercrural, où on le pousse profondément, afin que son extrémité atteigne le pli inguinal. Par-dessus ce dernier, les extrémités recourbées des deux index vont à la rencontre l'une de l'autre, et en s'accolant énergiquement forment une anse digitale qui embrasse la racine de la cuisse.