LA VULVE, LE VAGIN ET LE PLANCHER PÉRINÉAL
Mais bientôt ce mouvement est limité, d'abord par les résistances ligamenteuses des articulations sacro-iliaques, ainsi que par le ligament vague et peut-être aussi par les muscles psoas et les téguments abdominaux. Nous avons vu qu'en France on n'admet guère les chiffres trop élevés publiés par les auteurs allemands, et qu'on limite le bénéfice de la position de Crouzat-Walcher.
Par contre, la position des membres inférieurs en hyperflexion, position delà taille, a subi une fortune inverse au point de vue de l'agrandissement du détroit inférieur. Entrevue par Duncan et Laborie dont elle porte encore le nom, cette position a été étudiée par Bar qui a montré, comme pour l'extension, qu'il n'y avait pas intérêt à exagérer la flexion des cuisses, car, à un moment donné, celle-ci ne donne plus rien du côté du bassin mais fait entrer en jeu la colonne vertébrale. Varnier, Phenomenow, Lebedefî, Bartoszewicz, Schmidt, et surtout Bonnaire et Bué ont expérimenté cette position. Au Congrès d'Amsterdam de 1899, ces derniers auteurs ont apporté les résultats de recherches cliniques et cadavériques et ont insisté sur V agrandissement du diamètre bi-ischiatique obtenu dans la position de la taille. Ces auteurs ont expliqué ce gain par les mouvements de nutation du sacrum qui concordent toujours avec des mouvements de bascule des os iliaques quand le promontoire s'avance vers le pubis ; les os iliaques basculent de telle façon que les ailes iliaques se rapprochent et les branches ischio-pubiennes tendent à s'écarter, d'où augmentation de ce diamètre transverse du détroit inférieur qui peut être de 16 à 18 millimètres chez la femme enceinte, grâce au relâchement des symphyses.
A ces mouvements de mécanique articulaire qui sont certains, Devraigne et Descomps ont ajouté, en 1910, la mise en tension des muscles adducteurs et postérieurs de la cuisse, qui tous viennent s'insérer sur les branches ischiopubiennes. Or, dans la position de la taille (fig. 35), tous sont très tendus, sauf le droit interne, le demi-membraneux, le demi-tendineux et le biceps qui ont une insertion jambière. Si Von complète la position de la taille par V extension des jambes, ces quatre derniers muscles sont alors en tension énergique ; il en résulte ainsi un maximum de traction de chaque côté sur les branches ischio-pubiennes, d'où agrandissement manifeste du diamètre bi-ischiaque (fig. 36). Depuis 1908, en Hollande, de Jonge employait en clinique cette position qui, vraisemblablement, a dû être pratiquée empiriquement il y a longtemps.