GROSSESSE ET ACCOUCHEMENT GÉMELLAIRES
I. Division. — La grossesse gémellaire provient de la fécondation de deux ovules oud'un seul ovule. Dansle premier cas, grossesse bivitelline, les deux ovules peuvent appartenir à deux follicules différents, grossesse bifolliculaire, ou à un seul follicule, grossesse mono folliculaire. Si la grossesse est bifolliculaire, chacun des ovaires a pu donner un follicule, grossesse bi-ovarienne, ou les deux follicules proviennent du même ovaire, grossesse mono-ovarienne.
Nous donnons ici un tableau qui résume ces divisions.
La grossesse gémellaire se divise en :
PUECH ET LEQUEUX.
Bi-ovarienne
Mono-ovarienne
Bifolliculaire : deux œufs séparés
Monofolliculaire : un seul placenta, une caduque commune Bi-ovulaire : deux chorions, deux circulations isolées . Uni-ovulaire : un seul chorion, jumeaux angiopages..
Bi-amniotique
Mono-amniotique
II. Mode de production. — 1° La grossesse est bivitelline. — Les deux ovules, qu'ils soient fournis par le même follicule de de Graaf ou par deux follicules différents siégeant soit sur le même ovaire, soit sur les deux, ont chacun leur germe. De la pénétration de ces deux germes par le spermatozoïde résulte la grossesse double.
2° La grossesse est univitelline. — Les recherches de Foll, Selenka, Hertwig ont fait penser que la pénétration de l'oeuf par deux ou plusieurs spermatozoïdes, ou par un spermatozoïde à deux nucléoles, pouvait aboutir à la production de deux ou plusieurs centres embryonaires (polyspermie).
Pour d'autres auteurs, la grossesse univitelline est due à la fécondation par un spermatozoïde unique d'un ovule à deux vésicules germinatives. Chappelier admet deux modalités différentes : emprisonnement dans la thèque conjonctive de plusieurs ovogonies lors du cloisonnement des tubes de Pfluger (P. et M. Bouin), ou bien fragmentation secondaire d'un follicule primitivement mono-ovulé (Henneguy).
Pour d'autres auteurs, enfin, la direction univitelline de la grossesse n'aurait rien à voir avec la fécondation. Expérimentalement, Lereboullet et Panum obtinrent, chez les poissons, des grossesses gémellaires par le brossage des œufs ; Schultze arrive au même résultat en changeant l'orientation des oeufs et en forçant l'aire germinative à s'orienter vers le bas, contrairement à ce qui se passe ordinairement, celle-ci se mettant toujours, on le sait, au pôle supérieur de l'oeuf fécondé ; Bar reprend ces expériences avec des œufs de poules qu'il soumet à une trépidation constante ; il observe les mêmes phénomènes ; Lœb met des œufs dans un milieu non isotonique et obtient un grand nombre de jumeaux, il admet qu'un œuf mis dans un milieu hypotenseur éclate ; si, dès lors, la segmentation de l'œuf a commencé, elle se continuera au delà de la membrane vitelline rompue et il en résultera, après un certain nombre de divisions, le développement d'un embryon intravitellin et d'un autre extravitellin ; Dareste gêne le développement de la cicatricule ; Ch. Féré soumet des œufs à des projections de rayons lumineux ou de vapeurs diverses (alcool, absinthe, etc.); tous observent les mêmes phénomènes de division.
Ce qui semble donner quelque crédit à l'influence de l'orientation de la cicatricule dans le développement de la gémellité univitelline, c'est ce qu'on observe chez les gallinacés: il est fréquent, en effet, de voir une femelle pondre en automne des œufs à deux jaunes accolés : de ces deux jaunes, l'un oriente la cicatricule en haut, l'autre, qui lui est intimement uni, ne peut effectuer le même mouvement et sa cicatricule se trouve en un point quelconque ; or, il peut arriver que le premier œuf, seul, soit embryonné, ce qui tient à ce que la ci-
Bivitelline.
Univitelline.